Pour sa première conférence, Bielsa cultive son mystère

Pour sa première conférence, Bielsa cultive son mystère
Football

EVENEMENT - Grande première ce jeudi à la Commanderie : Marcelo Bielsa, le nouvel entraîneur de l'Olympique de Marseille, s'est présenté face aux journaliste, sept semaines après son arrivée. Réservé au début, l'Argentin s'est montré plus disert après une heure de conversation. Même si, jamais, il n'a levé les yeux de son pupitre.

C'était la première conférence de presse depuis son arrivée à Marseille, le 24 juin . Alors Marcelo Bielsa pouvait bien faire patienter deux minutes de plus les journalistes. Prévue à 17 heures à la Commanderie, son arrivée était plus attendue qu'une allocution présidentielle. Et elle n'a pas déçu. Une heure de face-à-face pendant laquelle El Loco n'a évité aucune question, aidé par son traducteur du jour : Franck Passi, l'un de ses adjoints, ''le meilleur'' a souri Bielsa. Le tout devant une vingtaine de journalistes en ébullition et 22.000 personnes l'ont suivi en direct sur internet. Un tiers du Vélodrome.

''Monsieur Bielsa'', comme il a été interpellé au début par les photographes, s'est assis, posant immédiatement ses yeux sur le pupitre qu'il n'a pas quitté de l'heure. ''Je vais apprendre le français plus intensément, et quand je quitterai des yeux le livre de langue, j'essaierai de vous regarder'', a-t-il plaisanté, esquivant la demande d'un journaliste qui se demandait ''quand [il aurait] la chance ce croiser son regard''. Non, Bielsa n'est pas facile à dompter, et à 59 ans, dont presque la moitié à entraîner, il maîtrise trop bien l'art de la pirouette pour se laisser déstabiliser.

''Je peux répondre, et sans limite de temps, à tout type de question''

Les journalistes voudraient le voir plus souvent ? ''Je crois que la situation est réglée, a-t-il rétorqué : il y a une conférence par semaine, je la ferai à chaque fois, avec soin.'' Les médias veulent assister aux entraînements, toujours fermés? ''Le club diffuse tous les jours ce que nous faisons.'' Puis : ''Les règles sont établies par la Ligue qui organise la compétition. Pour un Mondial, les journalistes viennent à un jour précis, avec un horaire prévu pour cela. Là, c'est pareil.'' Une conférence n'est-elle pas un moment difficile pour lui? ''Non, mais on peut aussi parler aux gens par le jeu que l'on produit. Ce qui s'est passé sur le terrain lors des cinq matches de préparation parle davantage que ce qu'on peut dire ici.''

Mais El Loco est malin. Il comprend d'ailleurs beaucoup mieux le français qu'il ne le laisse croire, comme quand il a coupé l'attachée de presse de l'OM qui voulait mettre fin aux questions supposées dérangeantes (''Je peux répondre, et sans limite de temps, à tout type de question'', a-t-il dit), ou qu'il faisait répéter un Franck Passi un peu en difficulté quand ce dernier ne traduisait pas exactement ses mots. Mais il ne le parle pas encore. Alors aux entraînements, il ''utilise beaucoup d'images pour que les joueurs comprennent'', et se fixe surtout ''le défi de moins parler, alors que nous, les Argentins, avons l'habitude de beaucoup parler, souvent trop''. ''Mais pour être exemplaire, on n'a pas besoin de beaucoup de mots'', renchérit-il.

Thauvin : ''C'est bien pour le Championnat de découvrir une autre culture''

Il n'y a que pour parler football que Bielsa s'aventure à des phrases de plus de dix mots. ''Je suis venu à Marseille pour les joueurs qui composent l'équipe. Ils sont très différents et mon travail est de leur donner une idée commune vers laquelle avancer. Ma philosophie, c'est d'essayer d'attaquer, de tenir davantage le ballon que l'adversaire. Jusqu'où peut arriver l'équipe cette année? Moi, je vois le football comme un sport où on ne sait jamais ce qui va arriver. Donc j'évite de me projeter. Et il n'y a pas d'objectif. L'objectif, c'est de gagner le prochain match, toujours.''

Au bout d'une heure, l'Argentin s'est donc levé d'une chaise où il avait du mal à rester en place. Sans que le mystère soit levé. Heureusement, Florian Thauvin a dessiné son Bielsa à lui. ''C'est un perfectionniste, avec qui on continue tant que tout n'est pas parfait. Il y a plus de mises au vert, des séances vidéo avant chaque entraînement. C'est un coach étranger, on n'a pas l'habitude de voir ça en France mais c'est bien pour le Championnat de découvrir une autre culture.'' Bien mais surprenant au premier abord. ''Mais c'est quelqu'un de très sympathique, même si on le croise peu en dehors du terrain'', jure également Thauvin. Ce n'est pas le premier qualificatif que les journalistes auront en tête pour l'instant.

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