Pour ses débuts avec l’AS Monaco, Thierry Henry fait mieux... que Didier Deschamps !

Football
DirectLCI
FOOTBALL – Face à Caen (1-0) samedi, Thierry Henry a remporté son premier match en tant qu’entraîneur de Monaco, après quatre matchs sans victoire en Ligue 1. Une statistique a toutefois de quoi faire relativiser le jugement porté sur ses débuts dans le métier.

Il y avait bien plus de soulagement que de joie chez Thierry Henry quand on l’a invité à commenter la victoire de son équipe de Monaco, samedi soir face à Caen (1-0), la première , en cinq matchs de Ligue 1, depuis que l’ancien attaquant s’est lancé dans le grand bain en montant à bord d’un bateau ivre pour en prendre la barre : l’ASM était 19e quand le Français a été nommé en lieu et place de Leonardo Jardim, le 13 octobre, place qu’elle occupe d’ailleurs toujours ce lundi, malgré ces trois points.

Il y a eu un travail fourni depuis un moment, qui n’avait pas été récompensé, mais ça ne vient pas du jour au lendemain.Thierry Henry

"Ça fait énormément plaisir d’avoir un peu de sérénité, a réagi, dans un murmure, celui dont la seule expérience de coach jusqu’alors se résumait à un rôle d’adjoint du sélectionneur de la Belgique ces deux dernières années. Il y a eu un travail fourni depuis un moment, qui n’avait pas été récompensé, mais ça ne vient pas du jour au lendemain. La manière, c'est très important, mais on n'en est pas là, on y pensera après. Déjà, c’est mieux de commencer la semaine avec cette victoire."

Pas de grande envolée, donc, comme il n’y avait pas eu d’alarmisme dans son discours auparavant, quand Monaco avait enchaîné quatre matchs sans gagner, dont trois défaites, en Ligue 1. Peut-être Thierry Henry savait-il que, parmi les deux seuls entraîneurs de l’histoire du club monégasque qui ont eu besoin de plus de rencontres de Championnat que lui pour décrocher cette première victoire, il y a un certain... Didier Deschamps.

Sa première saison a été calamiteuse. Des joueurs aux dirigeants, tout le monde était contre lui.Jean Petit, adjoint de Didier Deschamps à Monaco

L’actuel sélectionneur des champions du monde a en effet lui aussi débuté le métier d’entraîneur à l’AS Monaco, dans un contexte difficile, en 2001. "Sa première saison a été calamiteuse. Des joueurs aux dirigeants, tout le monde était contre lui", a ainsi rappelé à Eurosport Jean Petit, son adjoint à l'époque. En conflit avec son attaquant star, Marco Simone, Didier Deschamps avait dû lutter jusqu’au bout de son premier exercice pour maintenir son équipe en Ligue 1 (il finira 15e).

La différence, c’est que Didier Deschamps avait été, lui, intronisé durant l’été, ce qui lui avait permis d’effectuer toute la préparation d'avant-saison, au contraire d’un Henry débarqué à la 10e journée, et que l’effectif sur lequel pouvait s’appuyait Deschamps était autrement plus expérimenté, avec au bas mot une grosse dizaine d’internationaux chevronnés (Marcelo Gallardo, Marco Simone, Oliver Bierhoff, Shabani Nonda…) dans ses rangs, sans matchs de Coupe d'Europe à devoir jouer en milieu de semaine, alors que Henry a dû user ses maigres ressources en Ligue des champions aussi...

Comparaison flatteuse

Malgré cela, leur bilan des cinq premières rencontres de Ligue 1 est on ne peut plus comparable : trois défaites cinglantes et deux nuls pour Deschamps, qui avait, lui, attendu son 6e match pour goûter au succès en Championnat, face à Troyes (2-0). Avec quatre points récoltés en cinq matchs, et donc avec bien plus de handicaps, Henry fait, mathématiquement, mieux que son glorieux aînés et ses deux points.

Pour mémoire, Deschamps avait finalement su transformer ce calvaire d'un an en une expérience enrichissante, remportant la Coupe de la Ligue et terminant 2e de Ligue 1 en 2003, un an avant d’atteindre la finale de la Ligue des champions. Bien sûr, Henry peut difficilement nourrir, pour l’heure, pareilles ambitions, mais il peut tout de même voir dans la trajectoire de son prédécesseur un solide motif d’encouragement.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter