Pour Van der Wiel, "les jeunes joueurs français n'en ont rien à faire du foot"

Pour Van der Wiel, "les jeunes joueurs français n'en ont rien à faire du foot"

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FOOTBALL - C'est une drôle d'interview qu'a accordée Gregory Van der Wiel au Journal du Dimanche. Où l'arrière droit parisien dépeint, avec ses mots à lui, d'une sincérité désarmante, toute l'ampleur du décalage culturel ressenti par un ex-grand espoir du football néerlandais débarquant dans un PSG version Qatar. Dont la folie des grandeurs figure un vaste chantier.

"Les Français ne comprennent pas pourquoi ils doivent travailler à 100 % tous les jours." Que n'avait pas dit Carlo Ancelotti, ex-entraîneur du PSG (parti au Real Madrid l'été dernier) dans les colonnes du Financial Times le 17 janvier  ! En pointant un manque de rigueur culturel chez les footballeurs tricolores, l'Italien avait déclenché un véritable tollé dans nos contrées. Pourtant, dimanche, au détour d'un entretien accordé au JDD, Gregory Van der Wiel , débarqué à Paris à la fin de l'été 2012 (contre l'avis d'Ancelotti), a corroboré ces propos, sans que cela n'émeuve personne. Alors que son jugement est, finalement, encore bien plus sévère.

"Les jeunes aux Pays-Bas sont beaucoup plus consciencieux qu’en France, assure-t-il. À l’entraînement, tu dois être concentré du début à la fin. Une minute de retard et tu as une amende. À Paris, une fois, je suis arrivé deux minutes en retard. Je stressais. Dix minutes après, je vois débarquer des mecs, tranquilles, en train de rigoler. Je n’arrivais pas à y croire ! Les jeunes sont toujours en train de se marrer, de s’interpeller à voix haute. C’est sympa, mais je comprends pourquoi les jeunes sont bien meilleurs aux Pays-Bas. Ici, c’est comme s’ils n’en avaient pas grand-chose à faire du foot. On ne les voit pas souvent en salle de gym, alors qu’un gars comme Thiago Silva y est tout le temps. Je ne vois pas quoi faire pour changer leur état d’esprit."

Van der Wiel : "Les Français ont l'air toujours en colère"

Si l'arrière droit n'a pas eu droit aux honneurs d'une polémique à la française, c'est d'ailleurs sans doute parce qu'il ne fait qu'exprimer son ressenti, sans langue de bois. Il n'hésite d'ailleurs pas à faire de Carlo Ancelotti le premier responsable de ses atermoiements de la saison passée : "Avec lui, je ne comprenais pas pourquoi je ne jouais pas. Je n'ai jamais eu la chance d'aligner trois matches de suite. Du coup, je cogitais. Impossible de donner le meilleur de soi dans ces conditions."

De la même façon, son point de vue sur la mentalité si propre à la ville de Paris ne devrait pas non plus lui attirer les foudres de l'autochtone, à l'instar de Scarlett Johansson. "J'habite au cœur de Paris, raconte-t-il ainsi. Comme je ne suis pas connu, je peux me balader tranquille. Mais ce n'est pas facile de se faire des amis. Les Français ont l'air toujours en colère. Aux Pays-Bas, nous sommes plus ouverts, plus solidaires, plus positifs. Sur la route, les gens ici ne te laissent jamais passer. Et pas un sourire." Qui peut le nier ?

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