Pourquoi, au juste, Adil Rami a-t-il été mis à pied par l’OM ?

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FOOTBALL - L'Olympique de Marseille a engagé une procédure disciplinaire contre son défenseur Adil Rami, l’écartant du groupe de joueurs et des entraînements, sans communiquer le moindre motif...

Deux étés, deux ambiances. Il y a un an jour pour jour, Adil Rami grimpait, avec les Bleus, les marches menant au septième ciel. Aujourd’hui, le défenseur aux moustaches porte-bonheur est redescendu de son nuage, et c’est peu dire que la chute a été brutale, entre un "burn-out" (le terme est de lui) post-Mondial, des prestations cataclysmiques(le mot est faible) lors de chacun des rares matchs qu’il a disputés, et sa séparation d’avec l’actrice Pamela Anderson, étalée sur la place publique dans des proportions pour le moins embarrassantes. Il n’avait pourtant pas, encore, touché le fond.

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Lundi, son employeur, l’Olympique de Marseille, a annoncé avoir engagé une procédure disciplinaire à son encontre pour faute grave, "une décision antérieure à ses problèmes personnels" (il est désormais accusé de violences conjugales par son ex-compagne), a pris soin de préciser le club, s’attarder un instant sur ses motifs. Adil Rami en a en effet été averti dès la mi-juin. Concrètement, le défenseur de 33 ans, à qui il reste quatre ans de contrat (!), est mis à pied à titre conservatoire et sera auditionné par sa direction dans les prochains jours, avant une sanction pouvant aller jusqu’au licenciement. Oui, rien que ça.

Combat dans la boue

Que diable a-t-il bien pu faire pour se retrouver dans cette panade ? Selon La Provence, outre une nonchalance permanente affichée tout au long de la saison, l’OM lui reproche de s’être rendu à plusieurs événements sans jamais prévenir le club. Par exemple, aux Trophées UNFP, où il a remis un prix au grand étonnement des dirigeants, ou encore à l’émission "Fort Boyard", deux petits jours après un match à Toulouse qu’il n’avait pu terminer... parce que blessé (ce qui ne l’a pas empêché de s’adonner aux joies du combat dans la boue). 

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Son départ précipité, avant la fin et le discours du propriétaire Frank McCourt, du gala de la Fondation OM (parce que Pamela Anderson était furieuse de voir que la reconstruction de Notre-Dame de Paris avait recueilli plus de dons que les enfants défavorisés de Marseille), est également cité dans le courrier qu’il a reçu, ainsi que son absence lors de la dernière journée du championnat pour se rendre à un défilé de mode à Monaco.

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Autant d’épisodes qui offrent une autre lecture des propos de son entraîneur la saison passée, Rudi Garcia, comme ceux lâchés en conférence de presse début mai : "À chaque match ou séance d'entrainement d'Adil Rami, il lui faut plusieurs jours pour s'en remettre." Didier Deschamps lui-même, en mars, s’était laissé aller à un tacle aussi rugueux qu’inhabituel sur un de ses champions de monde, affirmant : "Il y a un petit moment qu’Adil n’est plus joueur de football."

Il y a un petit moment qu’Adil n’est plus joueur de football.- Didier Deschamps... en mars

Dès lors, une question se pose : Adil Rami sera-t-il licencié ? Difficile de répondre, pour l’heure, du strict point de vue juridique, mais le passé récent de l’OM livre quelques indices. En janvier 2018, le club phocéen avait mis à pied Rod Fanni au prétexte d’une interview accordé à L’Équipe pour dénoncer sa mise à l’écart du groupe. Et l’été dernier, Henri Bedimo a subi le même traitement, pour avoir fondé une académie au Cameroun en partenariat avec son ancien club, Montpellier.

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Tous deux avaient pour points communs d’être des défenseurs trentenaires en perte de vitesse, aux gros salaires, et sur lesquels l’entraîneur ne comptait plus. Dans ces deux cas, la procédure a abouti à un licenciement. Et aujourd’hui, le déficit du club est encore plus abyssal qu’à l’époque, atteignant les 78 millions d’euros... "Comme par hasard, ça ne tombe jamais sur les joueurs qui ont une valeur marchande, persifle une source interne à l’OM ce mardi dans L’Équipe. Sur la trésorerie, ils préfèrent être condamnés par la justice à payer un salaire dans deux ou trois ans, plutôt que de le payer tous les mois, car ils sont dans le dur." Mais tout de même pas autant qu’Adil Rami lui-même.

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