Pourquoi Blanc a-t-il mis autant de temps à prolonger avec le PSG ?

Pourquoi Blanc a-t-il mis autant de temps à prolonger avec le PSG ?

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LIGUE 1 – Evoquée depuis de longues semaines, la prolongation de contrat de Laurent Blanc à Paris a été officialisée jeudi. Une décision qui a mis du temps à se dessiner. Metronews vous explique pourquoi.

"Vous le verrez dans peu de temps". Ainsi a répondu Laurent Blanc mercredi soir à la question des journalistes sur son avenir à Paris. Et le coach des nouveaux champions de France n'a pas menti, puisque moins de 24 heures après cette conférence de presse, la prolongation de contrat du champion du monde 1998 jusqu'en 2016 était officialisée par le PSG. Une décision qui a mis du temps à se construire, sans doute pour ne pas trop perturber la fin de saison parisienne, mais aussi à causse de quelques hésitations.

Un rapport de force inversé
Les dirigeants ont beau aujourd'hui dire le contraire, quand Blanc a signé l'été dernier à Paris, il n'était pas le premier choix. Loin de là même, puisque avant d'enrôler l'ancien défenseur central, les Qataris ont tenté de faire venir José Mourinho, André Villas-Boas, Brian Laudrup ou Fabio Capello, mais en vain. Dans le vestiaire le pedigree du champion de France avec Bordeaux 2009 et du sélectionneur de l'Euro 2012 raté de l'équipe de France laisse sceptique. Pourtant, à mesure que les résultats s'enchaînent et que le beau jeu s'installe, Blanc parvient à convaincre les plus résistants. Tellement que dès le début de l'année 2014, les négociations entre Nasser al-Khelaïfi et son entraîneur débutent.

Seulement, Blanc veut un contrat de confiance avec ses dirigeants, eux qui lui avaient offert à son arrivée un accord dans lequel les primes de résultat étaient essentiellement concentrées sur la saison 2013-2014... Un vrai signe de "courtermisme" pour les observateurs, laissant entendre que le Gardois était un entraîneur de transition. Mais avec son nouveau contrat qui court jusqu'en 2016 et permet à Blanc "de [s']inscrire dans la durée pour contribuer au projet le plus ambitieux d'Europe", les choses ont changé.

Le traumatisme européen
Chelsea et José Mourinho ont instillé le doute. Au sortir de l'élimination parisienne en quart de finale de Ligue des champions face aux Londoniens , devant les micros, le président Al-Khelaïfi s'était empressé de renouveler son "soutien" Laurent Blanc. Comme si l'avenir du technicien passait obligatoirement par une demi-finale européenne, au minimum. Une intervention inimaginable dans n'importe quel autre grand club européen où l'on sait que la conquête continentale est longue, et faite de déceptions. Surtout, cette élimination a plombé la belle dynamique parisienne et terni sa fin de saison qui a paru interminable.

Blanc, qui a souffert il est vrai de la comparaison avec ce diable de José Mourinho , est alors tombé du piédestal sur lequel il était parvenu à se hisser en quelques mois. Le technicien a-t-il alors ressenti de la défiance de la part de ses dirigeants comme ce fut le cas pour Carlo Ancelotti lorsque Paris avait traversé une période délicate en décembre 2012 ? En tout cas, l'épisode a laissé des traces et peut-être compliqué les négociations : "Le problème c'est que j'ai l'impression que la saison du PSG a juste été évaluée par rapport à la C1, a notamment expliqué Blanc après le titre mercredi soir. Je trouve ça simpliste."

Des garanties pour l'avenir
Non, Paris ne fait pas ce qu'il veut. Persuadé que leurs moyens quasi illimités leur permettraient de bâtir une équipe constellée de stars et d’empiler les stars, voilà que les dirigeants qataris vont devoir gérer avec plus de mesure leur dépense. La faute à l'UEFA et à son fair-play financier qui demande à un club ayant injecté 380 millions d'euros (hors bonus) sur le marché des transferts depuis 2012 de ne recruter "qu'un"joueur pour 60 millions maximum l'été prochain. Une sérieuse ombre dans le ciel parisien et celui de Laurent Blanc qui se voyait sans doute pouvoir encore renforcer un effectif déjà impressionnant sans trop regarder à la dépense. Raté !

D'autant que dans le même temps où le PSG était dans le viseur de l'UEFA, le club de cœur du technicien, Manchester United, se séparait de son entraîneur et garantissait au successeur de David Moyes une enveloppe de 200 millions d'euros pour faire son marché estival. Blanc a-t-il été tenté d'écouter les sirènes mancuniennes ? En attendant, il semble avoir reçu l'assurance de moyens suffisants pour atteindre les grandes ambitions de ses dirigeants . Nasser al-Khelaïfi pronostiquant que sous la direction de Laurent Blanc, le PSG "gagnera de nombreux trophées dans les saisons à venir".

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