Pourquoi ce clasico Real - Barça est le plus explosif depuis bien longtemps

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FOOTBALL - Entre le contexte politique, l’enjeu sportif ou la lutte à distance pour le Ballon d’Or, les raisons de se poser, samedi à 13h, devant le fameux clasico entre le Real Madrid et le FC Barcelone ne manquent pas. Passage en revue.

Généralement, il n’y a pas besoin d’en rajouter quand il s’agit de vendre le clasico de la Liga : les noms du Real Madrid et du FC Barcelone suffisent en effet à invoquer les plus grands joueurs, la mythologie de l’histoire du jeu et l’électricité qui flotte autour des grands rendez-vous. Celui qui se joue samedi, à Santiago-Bernabeu, s’inscrit, bien sûr, dans cette lignée. Mais, en bien des aspects, il s’annonce encore plus excitant et prenant que d’habitude. On vous détaille, ci-dessous, ces aspects.

Déjà une "finale" pour le titre de champion d’Espagne

Il est rare, en Espagne, qu’on dise qu’un titre est déjà joué à la fin décembre. Il est rare, aussi, de voir les deux rivaux aussi loin l’un de l’autre au classement de la Liga : onze points séparent le solide leader barcelonais du Real, laborieux 4e (avec un match en moins). C’est donc peu dire que si les Madrilènes perdaient, qui plus est à domicile, l’hypothèse d’une folle remontada prendrait du plomb dans l’aile, alors qu’une victoire les ferait revenir à huit points (réduits à cinq si les Madrilènes remportent leur match en retard). "C'est une finale", a logiquement placardé sur sa Une de vendredi le quotidien sportif Marca.

Un contexte hautement inflammable

Emblème de la Catalogne, le Barça se rend dans la capitale espagnole, où l’on goûte encore moins qu'ailleurs dans le pays les velléités indépendantistes de la province du nord-est de l'Espagne. Si indépendance il y avait eu, le clasico aurait d’ailleurs pu purement et simplement disparaître... Alors que les élections régionales de jeudi ont permis aux séparatistes de conserver leur majorité absolue au Parlement local, les supporters du Real réserveront fatalement un accueil des plus houleux à leurs visiteurs de samedi. Comme si cela ne suffisait pas, une polémique a émaillé l’avant-match : tout juste sacrés champions du monde des clubs, les Madrilènes ont réclamé un "pasillo" (une haie d’honneur) à leurs adversaires, qui ont sèchement refusé. Ce qui ne fera qu’accroître la tension sur le terrain et en tribunes.

Le monde entier devant son écran

C’est peut-être un détail pour vous mais pour eux ça veut dire beaucoup. Eux, ce sont les dirigeants de la Ligue espagnole, qui ont opportunément placé ce match à un horaire inhabituel de 13h, mais aussi les joueurs, toujours sensibles à l’engouement qu’ils suscitent. C’est en effet pour permettre aux Asiatiques de ne pas avoir à veiller jusqu’au bout de la nuit (il sera 20h en Chine par exemple) que ce décalage horaire a été décidé. Ce qui devrait significativement augmenter l’audience de ce match (650 millions de téléspectateurs en moyenne). Et sa dramaturgie ?

Un prélude avant la Ligue des champions

C’est en septembre dernier que l’invincible Real de Zidane (huit titres sur dix possibles depuis janvier 2016) a commencé à vaciller, quittant le podium de la Liga et laissant Tottenham lui chiper la première place de son groupe de Ligue des champions. En conséquence de quoi, les Madrilènes devront affronter Paris en 8es de finale. Les Parisiens, d’ailleurs, auront bien des enseignements à tirer de ce clasico, seul match de Liga aussi exigeant qu’une  rencontre de la compétition-reine européenne. D’autant que le Real a su redresser la barre ces dernières semaines, et se présentera avec un Cristiano Ronaldo reposé.

Une suprématie planétaire et historique en jeu

Le Portugais, justement, arrivera aussi auréolé d’un 5e Ballon d’Or, qui le place désormais en tête du classement des joueurs ayant le plus souvent reçu ce prestigieux trophée individuel, à égalité avec... Lionel Messi. On le sait : les deux hommes se livrent, depuis plusieurs années, une bataille à distance mais néanmoins acharnée pour ce statut de meilleur joueur du monde. Sur l’année 2017, clubs et sélections confondus, ils comptent chacun 53 buts inscrits. Mais ce sont ceux marqués dans les grands matchs qui pèsent le plus lourd dans le scrutin final. Et on dirait qu’ils en ont tous deux un à jouer samedi.

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