Pourquoi il n'y aura pas d'arbitre français à la Coupe du monde

Pourquoi il n'y aura pas d'arbitre français à la Coupe du monde

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CRISE – Comme redouté, la Fifa a annoncé mercredi matin qu'il n'y aurait pas d'arbitre français l'été prochain au Brésil. Stéphane Lannoy pas retenu, c'est la première fois depuis 1974 que l'arbitrage tricolore n'ira pas à la Coupe du monde.

Noël Le Graët a peut-être parlé un peu vite. Réagissant à la présence de dix Français dans la liste des arbitres retenus par la Fifa, le 3 janvier dernier, pour officier lors de matches internationaux, le président de la Fédération française de football a voulu y voir un bon augure : "Avec ces nominations, nous entamons l'année 2014 avec une bonne nouvelle. Elles démontrent que la réforme de l'arbitrage entamée ces derniers mois commence à porter ses fruits. Nous n'en sommes qu'au début, nous devons poursuivre nos efforts pour pérenniser l'arbitrage français au plus haut niveau international."

Sauf qu'une dizaine de jours plus tard, c'est la douche froide. Mercredi matin, la Fifa a cette fois annoncé que Stéphane Lannoy (44 ans), seul arbitre français présélectionné dans une liste de 52, ne participerait pas à la prochaine Coupe du monde au Brésil. Une première depuis 30 ans et le Mondial ouest-allemand. Un énorme coup dur pour l'arbitrage français mais qui ne surprend finalement pas ceux qui suivent de près l’actualité tumultueuse de la corporation, secouée depuis près de dix par les guerres intestines.

Le mandat de Marc Batta a laissé des traces

Coups bas, opacité et mises à l'écart, le mandat de Marc Batta, nommé directeur national de l'arbitrage à la FFF en 2004 mais remplacé par Pascal Garibian l'été dernier, a laissé beaucoup de traces. Durant cette période, la place de la France dans la hiérarchie mondiale des hommes en noir a beaucoup chuté : voilà 12 ans qu'aucun tricolore n'a officié en finale européenne, le dernier étant Gilles Veissière lors de l'ultime match de la Coupe de l'UEFA en 2001.

Entre-temps, plusieurs conflits internes ont fortement freiné certaines carrières, dont celle, par exemple, de Saïd Ennjimi (40 ans), au sifflet en Ligue Europa et Ligue des champions, mais qui va devoir rendre son écusson international. Autant de pratiques qui avaient fait passer les seules exigences sportives au second plan et donc réduit les chances de présenter plusieurs arbitres talentueux pour les grandes compétitions.

Une grande réforme de l'arbitrage plus que bienvenue

Pour justifier son choix de se passer de certains éléments pour le Mondial 2014, la Fifa a expliqué que "la sélection des 25 officiels pour le Brésil s'est faite essentiellement sur la base de leur personnalité et de la qualité de leur compréhension du football en termes de lecture du jeu et de reconnaissance des approches tactiques des équipes dans chaque match." Des critères que ne remplissait visiblement pas Stéphane Lannoy, pourtant très bon élément qui a fait ses preuves à la Coupe du monde 2010 et en demi-finale de l'Euro 2012 , mais qui a accumulé les handicaps ces derniers mois.

La victoire de l'équipe de France lors la Coupe du monde des U20 l'été dernier l'a obligé à quitter les compétitions dès le premier tour et donc à moins se mettre en valeur que ses concurrents. Victime de douleurs à un tendon depuis le début de la saison, le Nordiste n'a ensuite dirigé aucun choc de la Ligue 1. En pleine restructuration depuis le mois de juin dernier, sous la houlette de Garibian et Le Graët, l'arbitrage français est en train de se réformer. Et visiblement, il en était grand temps.

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