Pourquoi la victoire du PSG contre Manchester United est surtout celle de Thomas Tuchel

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FOOTBALL – Vainqueur tout en maîtrise et en sérénité de Manchester United (0-2) mardi soir à Old Trafford en 8es de finale aller de la Ligue des champions, le PSG a déjà un pied et demi en quarts de finale. Et il le doit, principalement, à son entraîneur, Thomas Tuchel.

Il y a eu ces blessures de Neymar, Edinson Cavani et Thomas Meunier au pire moment, juste avant le rendez-vous le plus attendu de la saison, le retour sans doute trop juste de Marco Verratti, l’incroyable regain de forme de Manchester United en ce début d'année, tous ces coups de poisse qui laissaient penser que rien n’avait changé au PSG. Il y a eu, aussi, cette toute première minute du 8e de finale aller de Ligue des champions de mardi soir à Old Trafford, durant laquelle les Parisiens, acculés par le pressing adverse, ont reculé jusque devant leur but, pour dégager fébrilement le ballon en touche...

Thomas Tuchel a vu des choses sur moi que même moi je ne voyais pas.- Marquinhos mardi soir

Et puis, au coup de sifflet final, force a bien été de constater que, si malédiction il y avait dans la compétition-reine, elle a été conjurée. Car non seulement le PSG est devenu la toute première équipe française de l’histoire à s’imposer à Manchester, mais il l’a fait avec la manière, semblant ne pas plus souffrir, à cette altitude, que lors des matchs de Ligue 1 (passé le premier quart d’heure, Gianluigi Buffon n’a plus eu à effectuer le moindre arrêt). Performance au sortir de laquelle tous les acteurs n’avaient qu’un seul nom à la bouche : celui de l’entraîneur allemand débarqué l’été dernier, Thomas Tuchel.

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Repositionné au milieu de terrain par le technicien, et fortement critiqué en septembre pour ses atermoiements sur la pelouse de Liverpool (défaite 3-2), le défenseur central Marquinhos, étincelant mardi au point d’avoir éteint Paul Pogba, a ainsi déclaré, au micro de RMC Sport après la rencontre : "On a su utiliser la stratégie que le coach nous a donnée. Concernant mon nouveau poste, je le remercie. Dans toutes les interviews, il affichait beaucoup de confiance en mon talent, mon caractère et ma personnalité. Il a vu des choses que même moi je ne voyais pas."

Pour mémoire, cet étonnant repositionnement du Brésilien répondait à la contrainte posée par le fait qu’aucun renfort ne soit arrivé dans ce secteur lors du mercato estival. Cette réussite souligne donc les talents de bricoleur de l’Allemand, qui a aussi aligné, à Manchester, l’arrière latéral Dani Alves en attaque, l’ailier Kylian Mbappé en pointe ou encore le défenseur central Thilo Kehrer sur le flanc droit. Ce qui n’a pas eu le moindre impact sur le plan collectif. Marquinhos, encore : "Quand mon équipe joue comme ça, je l’aime. Il n’y a pas eu une personne qui n’a pas couru, qui n’a pas donné 100%. On a tout donné."

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Même son de cloche du côté de Dani Alves : "Ce qui a fait la différence, c’est le travail collectif. On est resté organisé pendant tout le match. Plus que les deux buts, je retiens l’énorme travail défensif." Le 2e but, pourtant, illustre assez bien, en soi, ce que souligne le Brésilien. Sur une attaque mancunienne, les Parisiens, regroupés dans leur camp, subtilisent le ballon à Paul Pogba, par une énième prise à deux du milieu français. Suivent neuf passes, cumulant 21 touches de balles (soit à peine plus de deux par joueur), toujours courtes et dans les pieds, avec des coéquipiers en mouvement proposant des solutions autour, jusqu’à celle, dans l’espace, pour Di Maria, qui servira Mbappé sur un ultime centre.

La "bonne mentalité"

Auteur, lui, de l’ouverture du score sur corner, en jaillissant au second poteau pour marquer du pied, Presnel Kimpembe a, lui aussi, renvoyé la balle à Thomas Tuchel : "On a un coach qui nous briefe beaucoup, qui fait beaucoup de vidéo et de travail tactique. On a travaillé sur cette équipe à l'entraînement. Il n’y a pas de secret, aucun match ne ressemble à un autre." Encore un compliment auquel n’avaient eu droit aucun des prédécesseurs de l’Allemand, ni Unai Emery, ni Laurent Blanc... Sur le but de Kimpembe, l’adjoint Zoumana Camara (qui a travaillé avec tous ces coachs), s’est d’ailleurs spontanément tourné vers Tuchel, lui lançant, dans un sourire réjoui : "Ça, on l’avait travaillé."

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"C’est une grande satisfaction en tant que capitaine parce que les gens parlent beaucoup, parfois, de notre système de jeu, du nombre de buts qu’on prend…  Aujourd’hui, on a démontré que si on joue avec la bonne mentalité, en étant costauds défensivement, on pourra faire de grandes choses. C’est pour ça que je ne dois pas féliciter seulement Kimpembe, Bernat et Thilo mais aussi les deux attaquants, Draxler et Kylian, qui ont bien travaillé défensivement. Et après ils sont très forts en contre-attaque. C’était plus facile pour nous", a, pour sa part, synthétisé Thiago Silva.

Je veux remercier le coach, un grand entraîneur. Tactiquement, c’était magnifique. Il a réussi ce qu’il voulait faire. Les joueurs ont respecté ça à 100%.- Nasser Al-Khelaïfi, le président du PSG, mardi soir

Mais le meilleur résumé de tout cela, c’est encore l’intéressé lui-même qui l’a donné, en conférence de presse d’après-match : "Nous avons joué avec un bon mix. Sans le ballon, tout le monde était prêt à travailler dur pour fermer les espaces, pour aider, mais aussi souffrir et courir, avec de l’agressivité. Et on aussi eu un jeu calme, en restant cool avec le ballon, et en utilisant nos joueurs au milieu pour contrôler le rythme du match. C'est un grand accomplissement pour nous."

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Avant le match, l’entraîneur s’était d’ailleurs attelé, dans son discours public, à dédramatiser l’événement. Il le fait, du reste, depuis le début de saison, arguant par exemple dès septembre dernier que "si on ne se focalise pas trop sur ces grands matchs à venir en février, peut-être qu’on peut mieux les aborder". On l’a vu. Dans cette droite ligne, Kylian Mbappé a, lui, tenu à insister sur un autre aspect, celui des absences : "Il faut arrêter de vendre la peur. Bien sûr que Neymar et Cavani sont ultra importants, mais il faut que les gens arrêtent d’avoir peur. On est bons !" On l’a vu aussi.

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