Pourquoi offrir un maillot de l’équipe de France à deux étoiles pour Noël n’est pas une excellente idée

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COUAC - À quelques semaines des fêtes de fin d’année, les maillots à deux étoiles des Bleus champions du monde restent très difficiles à trouver en magasin. Et pour cause…

Depuis le 15 juillet 2018, date du second sacre mondial de l’équipe de France, de l’eau a coulé sous les ponts. Hugo Lloris a été arrêté en état d’ébriété au volant, Paul Pogba s’est engueulé une bonne dizaine de fois avec son entraîneur à Manchester José Mourinho, Antoine Griezmann a boudé en apprenant qu’il n’était que 3e du Ballon d’or 2018 et Olivier Giroud a marqué sous le maillot des Bleus. Mais une chose, justement, n’a pas changé : ce maillot, orné d’une seconde étoile, reste tout bonnement introuvable. Et ce, bien que quelques semaines seulement nous séparent désormais de Noël.

Mi-octobre, le président de la Fédération française de football (FFF), Noël Le Graët, avait exprimé sa crispation dans les colonnes du Figaro : "Vous allez dans les magasins ou à la boutique de la FFF, vous ne trouvez pas un maillot de l’équipe de France avec les deux étoiles. C’est agaçant. On aurait pu vendre 300.000 maillots depuis l’été. On ne comprend pas pourquoi il y a autant de retard, les explications sont difficiles. On devrait être livré, c'est ce qu'ils nous disent depuis quelque temps."

Le délai est long, leurs usines, qui sont mondiales, livrent le monde entier et sans doute des commandes étaient déjà passées avant les nôtres. Pourtant, on devrait être prioritaire...Noël Le Graët, président de la FFF

"Ils", c’est Nike, l’équipementier officiel des Bleus, qui paye environ 50 millions d’euros par an (record absolu pour une sélection) pour voir sa virgule sur les tuniques des joueurs et du staff. Un sponsoring qui représente pas moins de 50% du budget commercial de la FFF. Alors forcément, le sujet est épineux. L’entreprise américaine n’a d’ailleurs pas daigné communiquer sur le sujet, se contentant de démentir tout problème de fabrication.

Il n’empêche : la pénurie a été telle que, selon Le Figaro, l’instance fédérale elle-même s’est retrouvée à court de stock, et a même dû faire appel à une société pour broder en urgence une seconde étoile sur les équipements ! Comment en est-on arrivé là ? "Le délai est long, leurs usines, qui sont mondiales, livrent le monde entier et sans doute des commandes étaient déjà passées avant les nôtres. Pourtant, on devrait être prioritaire...", avançait timidement Noël Le Graët.

Un mois et demi plus tard, la situation a-t-elle changé ? À peine. Ce dernier week-end encore, nos tentatives d’achat sur la boutique en ligne de la FFF sont restées infructueuses. Pour les maillots adultes en taille S et XL, le site affiche une indisponibilité jusqu’au 20 décembre, et jusqu’à mars 2019 pour les tailles M et L, ainsi que pour tous les maillots juniors, tous âges confondus. Le tout sans possibilité de pré-commander.

Une situation qui était prévisible : 4.000 exemplaires avaient été livrées le 16 juillet, 4.000 autres en août et quelques 170.0000 pour les fêtes de fin d’années, qui ne pouvaient de toute façon pas couvrir les 350.000 précommandes effectuées par le public de l’été au mois d’octobre. Ceux, donc, qui envisageaient de commander en décembre devront s’armer de patience...

Ou miser sur la chance. Selon le site sportbuzzbusiness, près de 200 maillots ont été mis en vente dans quelques magasins parisiens de l'enseigne Go Sport ce week-end. Quelques tuniques ont aussi été disponibles à la vente dernièrement sur le site de Nike, mais sans possibilité de les floquer, et en nombre très insuffisant. Autrement, la FFF en attend de nouveaux "vers le 15 ou le 16 décembre", au nombre de 2.000 révélait Le Parisien la semaine dernière, un peu plus d’après Noël Le Graët, qui précisait tout de même, samedi à l’AFP, que "ce ne sera pas extraordinaire". 

Le patron de la FFF ne pouvait toutefois pas garantir que les délais seraient tenus. "Ils arrivent en bateau et le bateau va un peu moins vite que prévu, donc c'est très en retard. Mais ça viendra", disait-il encore samedi. Avant de relativiser ainsi l’ampleur du couac : "J'aurais préféré qu'il y ait des maillots partout, éviter de répondre sans arrêt aux questions sur pourquoi ils sont en retard, mais enfin ce n'est pas un énorme problème. C'est gênant pour les gamins qui les voulaient pour les cadeaux de Noël. Ceci dit, il y en aura beaucoup prochainement." Mais on ne saura pas combien, ni quand.

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