Pourquoi Sepp Blatter est aussi visé par une enquête du FBI

Pourquoi Sepp Blatter est aussi visé par une enquête du FBI
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FOOTBALL - Quelques heures après la démission du président de la Fifa, plusieurs médias américains affirment que Sepp Blatter se trouve lui aussi dans le collimateur du FBI...

Les procédures judiciaires, comme le football, comme la vie en général, sont une affaire de timing. Plus les jours passent, plus les révélations pleuvent depuis l'arrestation spectaculaire de 14 membres et partenaires de la Fifa mercredi dernier. Et plus elles pleuvent, plus elles mouillent des gens haut placés dans la hiérarchie. Le président Sepp Blatter croyait pourtant bien encore s'en sortir en se faisant réélire à la tête de l'instance vendredi dernier. Mais lundi soir, on apprenait que son bras droit, le Français  Jérôme Valcke, se trouvait également dans le viseur de la justice américaine. Hasard ou coïncidence : Sepp Blatter annonçait sa démission moins de vingt-quatre heure plus tard... Juste avant que le New York Times et ABC News ne révèlent que le dirigeant suisse est lui aussi visé par une enquête.

Pourquoi diable Sepp Blatter, inamovible depuis dix-sept ans malgré bien d'autres affaires de ce genre, a-t-il finalement décidé de lâcher son poste ? N'avait-il pas affirmé après sa réélection que "démissionner reviendrait à reconnaître une faute" et souligné que son nom n'apparaissait dans aucune procédure ? "Au moment où tout le monde est en train d'essayer de sauver sa peau, il y a sûrement une course à celui qui retournera sa veste le premier", lâche une source proche du dossier à ABC. En clair : le FBI, qui se refuse pour l'instant à tout commentaire, a bon espoir d'obtenir "la coopération de certains des responsables de la Fifa inculpés". Rappelons qu'on parle là d'un dossier contenant, en tout et pour tout, 150 millions de dollars de malversations.

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Sepp Blatter pris de court pour la première fois

Le tournant décisif a eu lieu dans la journée de mardi. Soupçonné par la justice américaine d'avoir supervisé un versement de 10 millions de dollars pour acheter trois voix en faveur de l'Afrique du Sud dans le cadre du vote pour l'attribution de l'organisation de la Coupe du monde 2010, Jérôme Valcke avait nié en bloc dans le New York Times. La Fifa elle-même avait ensuite publié un communiqué pour défendre son n°2, assurant qu'il n'était même pas au courant et que ledit versement avait été approuvé en 2007 par Julio Grondona, l'ancien président de la commission des finances... décédé l'année dernière. Problème : dans la foulée, un journaliste de l'agence AP rendait publique une lettre liant directement Valcke à ce virement.

Les témoins ayant assisté à la conférence de presse durant laquelle Sepp Blatter a annoncé sa démission mardi soir ont décrit une salle de presse manquant de matériel et des salariés courant dans tous les sens. Autant de signes de l'urgence dans laquelle la Fifa a dû réagir. Notons d'ailleurs que le Suisse s'est accordé un délai de six à neuf mois avant la désignation de son successeur, le temps, dit-il, de mener des "réformes profondes"... Une source interne au FBI assure, elle, à la chaîne NBC : "Nous ne sommes peut-être pas en mesure de renverser toute l'organisation, mais il n'y en a peut-être pas besoin." Dit autrement : Sepp Blatter peut bien essayer de faire le ménage avant de partir, tout porte à croire que les 14 inculpations de la semaine dernière devraient suffire à le faire tomber.

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