Pays-Bas – France : comment les Oranje ont relancé la mécanique

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FOOTBALL – À Rotterdam vendredi 16 novembre (20h45 sur TF1 et sur LCI.fr), l’équipe de France affrontera les Pays-Bas pour atteindre le dernier carré de la Ligue des nations. Elle ferait mieux de se méfier : les Oranje, larges vainqueurs de l’Allemagne (3-0) il y a un mois, sont en pleine renaissance.

"Quand j’ai pris mes fonctions, tout le monde disait que nous finirions troisièmes. Nous voilà deuxièmes, et nous visons la première place." Ronald Koeman, le sélectionneur des Pays-Bas, placés dans le "groupe de la mort" de la Ligue des nations avec la France et l’Allemagne, a raison d'y croire : une victoire à domicile ce vendredi soir face aux Bleus, puis une autre contre une Allemagne déjà éliminée le 19 novembre, qualifieraient ses Oranje pour les demi-finales.

Une possibilité que les observateurs n’avaient effectivement pas imaginée au moment du tirage au sort. Absents de l’Euro 2016 et du Mondial 2018, les Pays-Bas, grande nation du sport-roi, traversaient un creux générationnel tel que plus grand-monde, sur la planète foot, ne les craignait. Mais, en cette rentrée, et dans cette nouvelle Ligue des nations, après avoir donné du fil à retordre aux Bleus le 9 septembre (2-1), les Oranje ont fait voler l’Allemagne en éclats (3-0) le 13 octobre, trois jours avant de tenir la Belgique en échec (1-1) à Bruxelles, signant l’amorce d’un retour express au premier plan. Décryptage de celui-ci.

La patte Koeman

Nommé en février 2018, après l’échec de Dick Advocaat dans les éliminatoires du Mondial 2018, Ronald Koeman n’a pas tardé à mettre de l’ordre dans la maison. D’abord en installant un groupe (on y reviendra), pour que la sélection retrouve des habitudes de club. Ensuite en misant sur la stabilité tactique. "Nous avons opté pour un système (en septembre) après en avoir essayé plusieurs, expliquait le sélectionneur ce lundi. C’est désormais clair dans la tête des joueurs."

La tête des joueurs, qu’il prend grand soin de remplir de confiance avec un discours audacieusement positif, comme après le nul face aux voisins belges, récents 3e pleins de panache de la Coupe du monde, en déclarant : "La Belgique a Hazard et Mertens, les deux seuls joueurs qui nous ont posé des difficultés, mais nous avons plus de profondeur dans notre noyau. On a plus de qualités qu’eux à ce niveau-là."

Une jeunesse aux dents longues

Ce discours trouve forcément un écho chez la jeune garde composant son effectif. On peut citer, pêle-mêle, l'ailier flamboyant du club de Bruges, Arnaut Danjuma (21 ans), mais aussi quatre grands Espoirs évoluant en Eredivisie, le Championnat néerlandais, le défenseur Denzel Dumfries (PSV Einhoven, 22 ans), l'attaquant Steven Bergwijn (PSV Eindhoven, 21 ans), sans oublier le talentueux milieu de terrain Frenkie de Jong (Ajax d’Amsterdam, 21 ans), ni son prometteur partenaire en club, le défenseur Matthijs de Ligt (19 ans), que toute l'Europe s'arrache déjà.

"Ces joueurs-là ont bien évolué ces derniers mois, notamment par le biais de la Ligue des champions qui devrait leur permettre de progresser encore", a expliqué Ronald Koeman au Telegraaf avant la victoire face à l’Allemagne. Les jeunes, en tout cas, ne manquent pas d’ambitions. "Historiquement, les Pays-Bas ont toujours eu une grande équipe, a ajouté de Jong dans le même quotidien. Nous devons faire en sorte qu'elle le redevienne rapidement."

Des cadres expérimentés

Bien sûr, toute cette jeunesse ne s’épanouirait pas autant sans le concours de quelques tauliers, pour les encadrer. C’est, là encore, le mérite de Ronald Koeman, qui a concocté ce savant mélange pour constituer son "noyau". Du plus au moins capé, citons : Daley Blind (28 ans, Ajax, 56 sélections), Ryan Babel (31 ans, Besiktas, 51 sélections), Georginio Wijnaldum (28 ans, Liverpool, 50 sélections), le gardien Jasper Cillessen (29 ans, FC Barcelone, 42 sélections), le Marseillais Kevin Strootman (28 ans, 42 sélections), ainsi que le serial-buteur lyonnais Memphis Depay qui, du haut de ses 24 ans, cumule 40 sélections. "Je me sens pourtant encore jeune, a-t-il confié à l'Algemeen Dagblad. Ce n'est pas l'âge d'un routinier." Mais c’est déjà l’âge de ceux qui ont vécu les désillusions des Oranje. Et veulent les laisser derrière eux, une bonne fois pour toutes.

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