Avec 13 buts encaissés en 6 matches, la défense du PSG pique sa crise

Avec 13 buts encaissés en 6 matches, la défense du PSG pique sa crise
Football

CHANTIER - Avec 13 buts concédés sur ses six derniers matches, dont trois nouveaux lors de la réception de Bordeaux (4-3) dimanche, le PSG est victime d'une fragilité défensive qu'on lui a rarement connue. À court de temps de jeu, blessés ou en méforme, les défenseurs du club parisien ne respirent plus la sérénité.

Le PSG ne sait plus défendre. Toujours aussi étincelant, avec une force de frappe presque inégalée dans les cinq grands championnats, le leader de Ligue 1 est rongé de doutes dans le secteur défensif. L'arrivée de Keylor Navas semblait pourtant avoir apaisé l'arrière-garde parisienne. Le 9 janvier dernier, LCI écrivait "Pour le PSG, la meilleure attaque, c'est la défense", un article sur l'implication défensive de tout le collectif, les quatre de devant (Neymar, Icardi, Mbappé et Di Maria) compris. Jusqu'au match à Nantes (1-2) le 2 février, soit 35 matches toutes compétitions confondues, l'équipe de Thomas Tuchel n'avait d'ailleurs encaissé que 19 buts, soit une moyenne de 0,54 but par rencontre, faisant d'elle la meilleure défense d'Europe. 

Mais depuis, l'eau a coulé sous les ponts. Et Paris n'est plus si souverain derrière. Dimanche 23 février, la réception de Bordeaux (4-3) a confirmé cette fébrilité dans l'aspect défensif. Les filets de Sergio Rico, l'habituelle doublure du Costaricien, ont tremblé par trois fois, portant à 13 le nombre de buts concédés par le club parisien lors de ses six dernières sorties. Soit 2,16 buts par rencontre. Une moyenne, déjà élevée, qui explose sur les derniers trois matches joués avec 9 buts encaissés.

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Cette fragilité défensive, qui s'accentue sur les phases arrêtées, n'a pas échappé à Thomas Tuchel. "Il y a des inquiétudes si on joue comme ça, oui. C'est toujours la même chose. À Amiens (4-4) pendant la première période, on ne peut pas penser que c'est possible. Ce n'est pas un problème de structure : on est capables de ne pas encaisser de buts en 4-4-2", a analysé le coach parisien, interrogé en conférence de presse après la rencontre. 

Mais, selon le tacticien allemand, les premières difficultés du PSG en défense remontent au match gagné face à Lyon (4-2). "On a un peu perdu cette capacité (à défendre) pendant la seconde période contre Lyon. On menait 3-0 et, très vite, on s'est retrouvés à 3-2 car on n'a pas défendu avec le même état d'esprit. Depuis, c'est difficile de retrouver la chance, l'état d'esprit pour disputer quelques matches sans but encaissé."

18 buts concédés en 2020, du jamais vu

Mais qu'arrive-t-il à la défense du PSG ? Cinq jours après la défaite à Dortmund (2-1), qui n'a pas entamé leurs chances d'entrevoir les quarts de finale de la Ligue des champions avant le match retour le 11 mars, les champions de France en titre ont de nouveau perdu pied face à une équipe réaliste, à défaut d'être dangereuse. "Contre Bordeaux, c'était peu bizarre", a reconnu Thomas Tuchel. "On a encaissé beaucoup de buts sans vraiment concéder d'occasions." Si l'on s'en réfère aux statistiques, le mal qui embrume les têtes parisiennes dure - en réalité - depuis près de deux mois. Paris n'a jamais été aussi fébrile avec 18 buts encaissés, rapporte Opta, le plus gros total de l'histoire du club si tôt dans une année civile. 

Il faut dire que, pour "regagner de la confiance", le club de la capitale n'est pas aidé. Entre les méformes et les blessures des uns et des autres, le PSG n'a aligné qu'une fois la même défense deux matches de suite depuis le 6 janvier et son 32e de Coupe de France contre les amateurs de l'ESA Linas-Montlhery (0-6). À Nantes (1-2) puis contre Lyon (4-2), l'équipe a évolué avec une charnière Kimpembe-Kehrer, accompagnée de Thomas Meunier à droite et Layvin Kurzawa à gauche. Sur les trois dernières rencontres disputées, cette rotation (forcée) est poussée à l'extrême puisque tous les défenseurs de l'effectif parisien - soit huit joueurs - ont chacun joué au moins l'un de ces matches. D'où notamment le manque de repères et d'automatismes. 

"On doit améliorer notre capacité à défendre, resserrer la distance entre les joueurs pour avoir un bloc plus compact", a détaillé l'entraîneur parisien, qui cherche à retrouver son assise défensive, à 17 jours de son huitième retour de C1 face à une équipe de Dortmund, emmenée par le redoutable Erling Haaland, qui a inscrit son 12e but (!) depuis janvier avec le BvB. Mais, là encore, le sort semble lui jouer des vilains tours. La blessure de Thiago Silva, sorti touché à la cuisse contre Bordeaux, va sans doute l'obliger à revoir ses plans dans l'optique de ce rendez-vous capital. Le casse-tête ne fait que commencer.  

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