PSG : pour Thomas Meunier, le jour de gloire est arrivé

PORTRAIT – En quelques jours, Thomas Meunier, habituel joker de luxe au PSG, est devenu l’homme providentiel de son équipe. Focus sur un arrière droit à la langue bien pendue, qui s’apprête à vivre mercredi, contre Anderlecht en Ligue des champions, un retour glorieux dans sa Belgique natale.

Le football a, de tout temps, eu cette tendance à mettre plus volontiers en avant les buteurs que ceux qui travaillent à la construction de ces buts. Voilà maintenant onze ans qu’un défenseur n’a plus gagné le Ballon d’or. Et, à la boutique officielle du PSG, ce sont les maillots de Neymar, de Kylian Mbappé ou d’Edinson Cavani que les enfants s’arrachent. Double buteur providentiel samedi à Dijon, où Paris s’est imposé 1-2, l’arrière droit Thomas Meunier a lâché cette confidence, tout en ironie mordante, après la rencontre : "Normalement, c'est aux attaquants de mettre les buts. Donc, le premier truc qu'on m'a dit à la fin du match, c'est que, ce soir, les 6 millions d’euros (le prix de son transfert) ont battu les 400 millions d’euros (prix cumulés de Neymar et Mbappé, ndlr)."

Je n'ai pas été formaté comme tous les jeunes qui font les centres de formation. J'ai fait mes études jusqu'au bout, je sortais le vendredi, samedi et dimanche, et c'était la belle vie.Thomas Meunier

L’histoire de Thomas Meunier est donc elle d’un joueur à 6 millions d’euros qui s’est invité à la table des plus grands (c'est-à-dire des plus chers). Mercredi, à l’occasion du déplacement du PSG dans sa Belgique natale, pour y affronter les Bruxellois d’Anderlecht, il retournera chez lui par la grande porte, en mesurant le chemin parcouru. "Oui, je suis fier, parce que ça veut dire que j'ai énormément progressé, confiait-il dimanche soir sur Canal+. Je venais de Bruges et je joue maintenant avec le PSG qui est une équipe du top 5 mondial. C'est une immense fierté et une immense joie de jouer à domicile devant la famille, qui sera nombreuse au stade. Je n'ai jamais joué à Anderlecht, et c'était même un rival de Bruges, puisque c'est un peu comme Paris et Marseille là-bas, mais je suis content."

Ce qui fait la singularité de Thomas Meunier, c’est d’abord un parcours atypique. Avant de disputer cinq saisons pleines à Bruges, puis de crever l’écran sous le maillot de la Belgique à l’Euro 2016 (ce qui a provoqué son transfert au PSG), le défenseur a passé deux ans dans la boue et la sueur de la 3e division, sous le maillot du Royal Excelsior Virton. Il éprouve, aujourd’hui, une certaine nostalgie de cette époque : "Si je vous semble plus spontané que d’autres, c’est parce que je n'ai pas été formaté comme tous les jeunes qui font les centres de formation. J'ai fait mes études jusqu'au bout, je sortais le vendredi, samedi et dimanche, et c'était la belle vie. Je regrette le système du football professionnel. Le monde amateur est complètement différent. Dans le foot pro on peut rester simple, garder les pieds sur terre, mais on n’a pas la même liberté."

Le coach garde confiance en moi mais le problème est que je suis au second rang.Thomas Meunier

Cette liberté acquise par le passé, et conservée depuis, lui permet d’admettre publiquement ce qui ne se dit pas, où très peu, dans le milieu feutré du foot de haut niveau. Par exemple au sujet du recrutement de Daniel Alves par le PSG cet été, soit un concurrent direct qu’on lui a mis dans les pattes avant même le départ de Serge Aurier, dont il a été la doublure toute la saison précédente. Une manière de lui indiquer qu’il resterait remplaçant cette saison... "Quand j'ai su qu'il arrivait, je me suis posé des questions, c'est certain. Après la bonne saison que j'avais faite, je me suis dit que j'aurais peut-être un peu plus de crédit et que mon statut avait changé, mais non. Le coach garde confiance en moi, mais le problème est que je suis au second rang."

Des statistiques ahurissantes pour un défenseur

Sauf que samedi, l’entraîneur, Unai Emery, a titularisé simultanément Meunier et Alves, le second dans un rôle plus offensif… Et paradoxalement, c’est le défenseur belge qui s’est signalé aux avant-postes en marquant les deux buts de son équipe. "Quand j’étais petit, j’étais attaquant et on gagnait 18-0 contre des équipes de village, raconte-t-il. C’était magique. Pour moi, il n’y a pas meilleure sensation que marquer. Avec la Belgique et le PSG, on joue offensif et c’est ce qu’il me faut. Avec le temps, en raison de la concurrence, j’ai fini par reculer sur le flanc droit, puis milieu et enfin latéral droit, mais l’instinct du buteur est toujours en moi." Résultat : Thomas Meunier est impliqué, cette saison, dans 14 buts en 10 matchs (7 buts, 7 passes décisives) ! Cela pourrait très vite le rendre incontournable aux yeux de son coach. Et même, qui sait, en faire une star du PSG.

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