PSG – Bayern Munich : et si Paris avait (enfin) trouvé la recette pour gagner la Ligue des champions ?

FOOTBALL – Le PSG a largement battu, mercredi soir en Ligue des champions, le Bayern Munich, en laissant le ballon à son adversaire. La clé pour assouvir ses ambitions gargantuesques ?

Empiler onze bons joueurs n’a jamais fait une bonne équipe. C’est d’ailleurs ce qui fait tout le charme un peu canaille du football, ce sport où le plus fort n’a aucune garantie de victoire. Le choc entre le PSG et le Bayern Munich, remporté 3-0 par les Parisiens mercredi soir en Ligue des champions, est encore venu nous le démontrer. Il ne s’agit pas ici d’affirmer que les Munichois étaient plus forts, mais simplement de constater qu’ils ont eu le contrôle du ballon (62% de taux de possession), ont fait plus de passes (568, contre 368 pour le PSG), ont centré plus de fois (36, contre 4 centres parisiens) et ont même plus souvent tiré au but (16 tentatives bavaroises, 12 pour Paris). C’est une autre singularité du jeu de football : les chiffres ne suffisent pas pour traduire l’idée d’une domination.

C’est une rencontre qui nous donne beaucoup d’informations pour le futur et nous donne une idée de plus pour progresser.Unai Emery, entraîneur du PSG

Unai Emery, l’entraîneur du PSG, après la rencontre : "Le Bayern est habitué à maîtriser ses matchs et nous aussi. Le Bayern a concédé un but rapidement (dès la 2e minute, ndlr) et a logiquement commencé à pousser pour égaliser. Donc nous avons défendu plus bas. Si le match demande de jouer en contre-attaques, nous avons les joueurs pour le faire, nous l’avons démontré. C’est une rencontre qui nous donne beaucoup d’informations pour le futur et nous donne une idée de plus pour progresser." C’est peu dire que le technicien basque boit du petit lait : voilà un an qu’il tente de mettre de la verticalité dans le jeu de son équipe, mais ne parvient pas à convaincre ses joueurs.

La verticalité ? Il s’agit d’arriver le plus rapidement possible devant le but adverse. Cela peut paraître bête mais, lorsque Laurent Blanc entraînait le PSG (de 2013 à 2016), il demandait à ses hommes de multiplier les passes (y compris latérales ou vers l’arrière) pour priver l’adversaire de ballon, jusqu’à trouver la faille. Soit précisément ce qu’a tenté de faire, comme à son habitude, le Bayern Munich mercredi soir. "Après l’ouverture du score, le profil du match a changé, a analysé son entraîneur, Carlo Ancelotti. Le PSG a changé de stratégie, il a arrêté de jouer (comprendre : essayer de garder le ballon, ndlr) et a choisi de procéder par contre-attaques. On a eu la possession, on a eu des occasions mais on devait mieux contrôler leurs attaquants. Il nous a manqué l’équilibre pour les priver d’espaces et c’est devenu difficile, c’était la clé du match."

En Ligue des champions, on ne doit jamais penser qu’on est la meilleure équipe.Marco Verratti, milieu de terrain du PSG

N’est-ce pas aussi la clé, au-delà du scénario favorable de cette seule rencontre (le Bayern était privé de son gardien et ses défenseurs centraux titulaires), de la conquête de la Ligue des champions ? Unai Emery en est convaincu depuis son arrivée à Paris l’été dernier. "Mon défi, c'est de travailler pour gagner contre des équipes qui sont meilleures que la nôtre", a-t-il dit mercredi soir. Comprendre : meilleures collectivement, par la force de l’habitude.

Le PSG de Laurent Blanc, qui s’est toujours cassé les dents dans la compétition-reine, se voulait un ersatz du FC Barcelone de Pep Guardiola, chantre de la possession, et donc d’une prétendue maîtrise du jeu. Marco Verratti a tenu sensiblement le même discours que son entraîneur après la rencontre, mais en y ajoutant une référence : "En Ligue des champions, on ne doit jamais penser qu’on est la meilleure équipe. Il y a beaucoup d’adversaires forts. Le Bayern l’a démontré. Il est venu avec beaucoup de personnalité, pour jouer au ballon. Notre manière de jouer, quand l’équipe adverse a la possession, c’est un peu celle du Real Madrid qui, depuis deux ans, a gagné de nombreux matchs comme ça." Il a même gagné les deux dernières Ligue des champions. Mais la plus grande victoire de son entraîneur, Zinedine Zidane, c’est que ses préceptes font déjà école.

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L'élimination du PSG en Ligue des champions

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