PSG : "Bon vivant" et "déconneur", l'autre visage d'Unai Emery

Football
PORTRAIT – A 43 ans, Unai Emery s’apprête à relever le défi le plus excitant de sa carrière sur le banc du PSG. Connu pour son exigence, sa rigueur et son sérieux, l’Espagnol dégage une tout autre image en interne. Celle d’un homme souriant, bienveillant et à l’écoute. Son ancien partenaire au Racing de Ferrol, Kaba Diawara, est revenu pour metronews sur son passé de joueur et sa personnalité.

Plus d’un mois après son arrivée au Paris Saint-Germain, tout a été dit sur les méthodes d’Unai Emery. Fin tacticien, acharné du travail, exigeant, pointilleux, véritable adepte de la vidéo, l’Espagnol a débarqué en France avec ses méthodes, sa philosophie, un nouveau staff. Sa carrière d’entraîneur, marquée par trois victoires consécutives en Europa League avec le FC Séville (2014 à 2016), parle d’elle-même et n’a plus de secret pour les amateurs de foot. Du coup, afin d’en connaître davantage sur la personnalité du nouveau coach du PSG, un petit flashback s’imposait et jeter un coup d’œil sur sa carrière de joueur s’avérait essentiel. Emery l’admet, cette dernière fut modeste. La faute à un mental déficient. L’absence d’un "mental de winner", notamment. Excepté ses cinq matches de Liga disputés avec la Real Sociedad à l’âge de 24 ans, il évoluera en grande partie en D2 espagnole sous le maillot de clubs aujourd’hui à la dérive. Ses prestations au poste d’ailier gauche, lors de son passage au Racing de Ferrol, n’avaient pas forcément marqué son ancien partenaire Kaba Diawara qu’il a côtoyé entre 2001 et 2002.

"De ce que j’en ai vu, ce n’était pas forcément un grand joueur de football, en rigole aujourd’hui l’ancien attaquant guinéen. Sur le terrain, sur son aile gauche, c’était quelqu’un de virevoltant. Il prenait la balle, il accélérait, il dribblait trois, quatre joueurs, il centrait sans même regarder et c’était à nous d’être dans la surface. Lui, il faisait son boulot. Et puis il ne te calculait pas forcément. En clair, il possédait un bon pied gauche, il était vif et rapide mais après…" Sa carrière de joueur s’arrêtera d’ailleurs de manière précoce, à l’âge de 33 ans. La transition vers le métier d’entraîneur se fera tout naturellement puisqu’il portera la double casquette de joueur-entraîneur au Lorca Deportiva, promu en Liga Adelante six mois après sa nomination. "Une opportunité unique que j’ai acceptée sans hésiter", laissait-il entendre dans un entretien accordé à So Foot .

"Quand je suis arrivé, je ne parlais pas espagnol et Unai m'a bien accueilli"

Autant dire que son goût pour la tactique et le métier d’entraîneur étaient déjà bien ancrés dans l’esprit d’Emery. Au point de s’immiscer dans les choix tactiques du coach ? "Non, il ne s’en mêlait pas vraiment ou alors ça ne se voyait pas, révèle Kaba Diawara. J’étais vraiment loin de penser qu’il allait devenir entraîneur. Son goût pour la tactique est peut-être venu plus tard. Ou alors il le cachait bien !" En revanche, sa capacité à fédérer un vestiaire, sa bonne humeur et sa bienveillance à l’égard des autres étaient bel et bien visibles. "Unai était un bon vivant ! Quand je suis arrivé, je ne parlais pas espagnol et il m’a bien accueilli. Il faisait partie des anciens, donc il était plutôt cool. C’était un gars qui aimait ce qu’il faisait et qui mettait l’ambiance", se souvient Diawara. Ce comportement, le technicien passé par Valence et le Spartak Moscou a su le transposer et l’adapter à son métier d’entraîneur. Aujourd’hui, la "déconnade" a laissé place au sérieux dans son quotidien, mais le nouveau coach du Paris Saint-Germain apprécie l’échange, la proximité avec ses joueurs afin d’aboutir à "une communication fluide".

"Il était tout le temps en train de rigoler dans le vestiaire. Un vrai déconneur. Je me rappelle vraiment d’un gars sympa, insiste notre témoin. Il ne restait vraiment pas dans son coin, il venait facilement vers nous, donc ça s’était vraiment bien passé." Aussi bien que leurs retrouvailles à Séville l’an dernier. De passage en Espagne, Diawara effectue un détour par le stade Sanchez Pizjuan et tombe sur son ancien coéquipier en marge d’une rencontre du club sévillan. Malgré les quinze ans de séparation, Emery n’avait rien oublié du joueur passé par le Racing de Ferrol. "Quand je l’ai recroisé à Séville, on s’était sauté dans les bras, on était heureux. Mais à l’époque, on était vraiment loin de penser qu’il serait le futur coach du PSG, confie l'ex-attaquant du club de la capitale. En tout cas, son arrivée à Paris est une super bonne surprise." Un résultat positif du PSG face à Bastia ce vendredi soir pour ses grands débuts en Ligue 1, beaucoup moins. 

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