PSG : entre Gianluigi Buffon et Alphonse Areola, le cœur de Thomas Tuchel balance dangereusement

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UNE PLACE POUR DEUX – Le Paris Saint-Germain reçoit ce vendredi (20h45) l’AS Saint-Étienne. Alphonse Areola sera le gardien titulaire et Gianluigi Buffon son remplaçant. Mais la situation n’est pas claire, loin de là.

Il est l’heure de citer de nouveau Martine Aubry, qui aimait à dire que "quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup". Gianluigi Buffon, considéré comme l’un des plus grands, si ce n’est le plus grand gardien de tous les temps, a débarqué à Paris cet été, à l'âge de 40 ans. Il a gardé les cages du PSG durant toute la préparation d’avant-saison, puis lors des trois premiers matchs officiels du club, au Trophée des champions et en ouverture de la Ligue 1. Ensuite, Alphonse Areola est revenu de ses vacances de champion du monde et a pris le relais, enchaînant deux titularisations en Ligue 1, avant de connaître pour la première fois cet honneur en équipe de France, en faisant forte impression.

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Equipe de France - Areola, une première étoilée

Qui est titulaire ? Qui est remplaçant ? Enfin, l’entraîneur du PSG, Thomas Tuchel, a donné un élément de réponse fort lundi, sur la chaîne RMC Sport, lâchant : "La décision n'est pas définitive, mais j'ai dit à Alphonse qu'à mon avis, il était en pole position pour être n° 1, de par sa jeunesse. Le PSG, c'est sa vie, c'est tout pour lui et il veut absolument y faire ses preuves. Il faut respecter cela. Il faut être fier d'avoir des joueurs de cette nature, il faut capitaliser dessus. On aura besoin de ces joueurs car ils sont le cœur et l'âme du PSG." Sauf que...

Sauf que le coach allemand, après avoir demandé à RMC de modifier cette phrase en raison, selon lui, d’une erreur de traduction, a tenu à revenir plus longuement, jeudi en conférence de presse, sur cette déclaration. "Pour être précis, j'ai dit que j'avais parlé avec Alphonse avant que Gigi (Buffon) n'arrive et je lui avais dit qu'il commencerait en pole-position pour être numéro 1. C'est exactement ça que j'ai dit. Après, on a signé Gigi et la situation est devenue complètement différente car Gigi est une légende." Retour à la case départ, donc.

On doit peut-être s'habituer au fait qu'il n'y ait pas de gardien numéro 1.Thomas Tuchel

"Maintenant, on doit être très intelligent avec les deux, et nous devons trouver une solution avec les deux, car Alphonse ne va pas devenir un très grand joueur bien que Gigi soit là mais parce que Gigi est là, a ensuite développé Thomas Tuchel. Les deux sont ensemble, ils sont en pleine forme et on doit peut-être s'habituer au fait qu'il n'y ait pas de numéro 1, mais un numéro 1A et un numéro 1B. La situation est celle-ci. C'est important de ne pas relayer que j'ai dit qu'Alphonse était numéro 1 aujourd'hui car je n'ai pas dit ça !"

Selon les informations du Parisien, l’entraîneur envisage de partager équitablement le temps de jeu entre les deux hommes, par exemple par séquences de deux semaines. Une interrogation majeure demeure néanmoins en suspens : lequel des deux jouera les plus gros matchs, notamment ceux de Ligue des champions, qui font forcément plus envie qu’un déplacement à Angers ou Amiens ? Pour les trois premières rencontres européennes, la question est déjà réglée, Buffon étant suspendu, mais ensuite, quand viendront les énormes affiches des tours à élimination directe ?

Il est difficile d’imaginer l’un jouer un quart de finale aller puis l’autre un quart de finale retour. De la même manière, l’un des deux vivrait forcément très mal de jouer deux semaines sans Ligue des champions avant de voir son concurrent allègrement en profiter ensuite. En outre, le contrat d'Areola expirera à la fin de la saison, ce qui rend l'équation encore plus ardue... D’ailleurs, le problème est plus large, si l’on en croit Fabien Barthez, alors interrogé sur la mise en concurrence d’Areola avec Kevin Trapp au début de la saison dernière, et qui affirmait : "Pour moi, tu ne peux pas dire : 'Vous êtes deux numéros 1'. Le gardien ne sait pas où il va, il a du mal à progresser. Ça ne peut pas marcher. C’est une aberration. Cette absence de choix fragilise les deux gardiens, mais aussi toute l’équipe." Ça y est, on a vu le loup.

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