PSG : le problème, c'est Laurent Blanc

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FOOTBALL - Comme à Reims (2-2) lors de la 1re journée, comme à Rennes (1-1) lors de la 5e, comme à Amsterdam (1-1) en Ligue des champions, Paris a abandonné deux points en route, dimanche soir, face à Lyon (1-1). Un retard à l'allumage qui s'éternise et qui est largement imputable à Laurent Blanc, l'entraîneur des champions de France. Décryptage.

Les certitudes et les grandes théories se conjuguent assez mal à la chose footballistique. À une exception près : lorsque le président d'un club croit bon de soutenir publiquement son entraîneur, c'est que cela sent le roussi pour ce dernier. C'est du moins ce que tout le monde a pensé en voyant Nasser Al-Khelaïfi débouler dans la zone mixte du Parc des Princes dimanche soir, dans la foulée du nul (1-1) concédé par son PSG face à l'OL . Face à la presse, le dirigeant a assuré que "Laurent Blanc sera là jusqu'à la fin de saison". À dire vrai, si la crispation règne désormais à tous les étages du club de la capitale, ce n'est pas dû qu'aux cinq nuls lors des sept derniers matches. En amont, le travail de l'entraîneur est contesté. Voici pourquoi.

Un manque de communication
Ce reproche lui avait déjà été adressé à la fin de ses deux seules expériences passées, à Bordeaux (2007-10) et en équipe de France (2010-12). Blanc se définit comme un manager, au sens où il délègue énormément à ses adjoints. Ce qui entretient, dans son cas, une forme de distance avec ses joueurs. C'est-à-dire qu'il ne leur parle quasiment pas et, quand cela arrive en marge des matches, ses hommes affichent très souvent une mine distraite... À Paris, c'était Claude Makelele qui s'occupait de faire le lien entre le vestiaire et le staff. Son départ cet été pour devenir l'entraîneur n°1 de Bastia a ainsi laissé un grand vide. Et ces non-dits exacerbent désormais les contrariétés.

Une incapacité à tirer le meilleur de ses hommes
Tout manager qu'il est, Laurent Blanc ne peut échapper à certaines obligations. Mais il s'efforce de les fuir. Lorsque la situation l'exige, il est par exemple censé remuer ses troupes pour leur redonner du poil de la bête. Sauf qu'il reste souvent en retrait, comme s'il laissait son vestiaire s'auto-gérer. Ainsi, mercredi, après le nul à Amsterdam , c'est Zlatan Ibrahimovic qui s'est chargé de pousser une bonne gueulante dans le vestiaire avant de tirer la sonnette d'alarme devant les médias. Le coach, lui, a "félicité (ses) joueurs" malgré leur inefficacité, de son propre aveu ensuite en conférence de presse...

Un coaching très léger
Aux Pays-Bas mercredi, on s'était étonné de voir l'entraîneur n'effectuer ses changements qu'après la 80e alors que son équipe prenait le bouillon depuis de longues minutes. On avait aussi déploré qu'il se contente de les faire poste pour poste quand la situation demandait une adaptation tactique. Ce qui nous renvoie au quart de finale perdu contre Chelsea en avril dernier où, déjà, il n'avait pas su réagir. Dimanche contre Lyon, il a apporté du sang neuf plus tôt, à l'heure de jeu... Mais, en sortant Lavezzi et surtout Cavani, ses deux attaquants les plus remuants, il a directement sabordé la force de frappe offensive de son équipe. D'autant qu'il n'a pas osé remplacer Ibrahimovic au cours d'une des rares soirées où il était complètement à la rue.

L'aigreur de plusieurs cadres
Les résultats font-ils l'ambiance ou est-ce plutôt l'inverse ? Force est en tout cas de constater que les langues se délient à Paris cette saison. Questionné sur un éventuel changement de système après le nul à Amsterdam mercredi, Cavani grinçait : "Non, c'est très bien comme ça !" "Le système plaît à tous les joueurs sauf un", répliquait un Blanc agacé samedi. Ces derniers jours, jusqu'à dimanche soir sur le banc, c'est Pastore qui ne dissimulait pas son mécontentement d'être sorti de l'équipe. Et encore avant, c'était Matuidi qui affichait ostensiblement son spleen mutique au Camp des Loges. Autant de manifestations individuelles qui n'avaient pas lieu l'an passé. La cohésion du groupe, même (surtout?) quand cela tangue, c'est aussi la charge de l'entraîneur.

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