PSG-Manchester City : mais c'est quoi au fait ce "Golfico" ?

Football

GOLFICO – Le Paris Saint-Germain et Manchester City se retrouvent mercredi soir pour le compte des quarts de finale de Ligue des champions. Deux clubs qui ont pu asseoir leur supériorité en Europe grâce à leurs richissimes investisseurs tous droit venus du Qatar et des Emirats Arabes Unis. On fait les présentations de ce "Golfico".

D’un côté, on retrouve le Paris Saint-Germain, soutenu financièrement par le Qatar et son fonds d’investissement Qatar Sports Investments, de l’autre, Manchester City, détenu par le Sheikh Mansour, membre de la famille royale d’Abu Dhabi. Le tirage au sort des quarts de finale de la Ligue des champions en a donc décidé ainsi : c’est un "derby" construit à coups de millions d’euros qui se tiendra les 6 et 12 avril prochains au Parc des Princes et à l’Etihad Stadium. Alors en pleine crise sportive, ces deux clubs ont été rachetés au cours des années 2000 afin d’entamer un nouveau cycle, de débuter un projet, de partir de zéro, de faire table rase du passé. De se lancer à la conquête de l’Europe, tout simplement. Il aura donc fallu attendre près de cinq ans avant que le PSG et Manchester City se jaugent et comparent leurs deux projets au cours de deux rencontres à la saveur toute particulière.

Manchester City, racheté par Abu Dhabi United Group en 2008 :
Pour les Citizens, le changement de dimension a mis du temps à se mettre en place. Mis en vente à la fin de l’année 2006 par le Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra, le club mancunien n’est finalement racheté qu’en septembre 2008 par Sulaiman Al-Fahim pour 170 millions d’euros. Le ton est donné lorsque le Abu Dhabi United Group, un fonds d’investissement soutenu par la monarchie d’Abu Dhabi, annonce vouloir "faire de Manchester City le plus grand club de Premier League et accéder au top 4" dès son arrivée à la tête de City. Grâce à leurs pétrodollars, les nouveaux investisseurs frappent un premier grand coup avec le transfert de Robinho pour 32.5 millions de livres. Vincent Kompany, Jô et Shaun Wright-Phillips emboîtent le pas. Ce n’est finalement qu’à l’issue de la saison 2010/2011 que les Skyblues atteindront le podium avant de devenir champion une saison plus tard et 420 millions d’euros dépensés sur le marché des transferts. Cependant, la stratégie de ADUG s'étend également au monde entier. Au fil des années, les actionnaires de Manchester City ont acquis des parts dans la franchise MLS de New York City FC avant de s'implanter en Australie via le Melbourne City et au Japon avec le Yokohama Marinos.

Paris Saint-Germain, racheté par QSI en 2011 :
Au Paris Saint-Germain, on a "rêvé plus grand" de manière assez brutale. Après l’éviction des abonnés du Parc des Princes à l’issue de la saison 2009/2010, le Qatar, par l’intermédiaire de Qatar Sports Investments et du prince héritier Tamim Al-Thani, rachète le PSG à Colony Capital pour une bouchée de pain : 50 millions d’euros, dettes du club comprises (entre 15 et 20 millions d’euros). "Notre objectif est d’abord de participer à chaque Ligue des champions dès 2012, explique Nasser Al-Khelaïfi, le nouveau président du PSG. A partir de 2015, on aspire à jouer un rôle majeur dans cette compétition." La signature de Javier Pastore en 2011, suivie des transferts de Zlatan Ibrahimovic et Thiago Silva, débauchés de l’AC Milan un an plus tard, témoignent de l’attractivité et des ambitions de la nouvelle place forte du football européen. Le rachat du club parisien s’explique pour deux raisons principales : une implantation en France et plus particulièrement dans le domaine du sport, en atteste la future arrivée de beIN Sports, et la préparation du Mondial 2022 organisé au Qatar. A la recherche d'une crédibilité dans le football, ce petit Etat du Golfe veut marquer les esprits grâce à son nouveau "joujou", qui deviendra au fil des années une marque à part entière. Sa stratégie sportivo-industrielle est une franche réussite pour le moment.

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