PSG-Montpellier reprogrammé en février : pourquoi le club parisien a obtenu un passe-droit

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SOLIDARITÉ - Contre l'avis des patrons de la Ligue, le bureau de la LFP, composé de présidents de clubs, a accepté la demande du PSG. Le club parisien a obtenu de décaler plus tard dans la saison son match en retard contre Montpellier, reporté en janvier, pour participer au même moment à un mini-stage au Qatar prévu de longue date.

Le PSG a obtenu gain de cause. Initialement reporté au 15 janvier en raison du mouvement des Gilets jaunes, le match Paris-Montpellier, comptant pour la 17e journée de Ligue 1, a été repoussée à fin février à la demande du club parisien pour qu'il puisse effectuer un très lucratif stage au Qatar du 14 au 17 janvier, prévu pour rester dans les clous du fair-play financier. 

"Le bureau de la Ligue a décidé de reprogrammer la rencontre PSG-Montpellier le 19 ou le 20 février 2019", a indiqué lundi 17 décembre la Ligue de football professionnel dans un communiqué, précisant que la date exacte sera déterminée "avec les diffuseurs". Par ailleurs, le match reporté de la 18e journée, Dijon-PSG, a été reprogrammé au 13 mars prochain.

Selon le règlement des compétitions (cf. l'article 528), toute rencontre de la phase aller doit être reprogrammée avant le début de la phase retour, le 22 décembre prochain. Sauf que le calendrier très serré du PSG ne permettait pas de suivre cette recommandation. Dès lors, il était prévu un report à la première date disponible, et donc après la trêve hivernale. En raison de l'entrée en lice des clubs de Ligue 1 lors des 32es de finale de la Coupe de France, les 5 et 6 janvier 2019, la Ligue de football professionnel avait reprogrammé les matches reportés de la 17e journée les 15 et 16 janvier, entre la 20e et la 21e journée du championnat de France.

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Alors comment en est-on arrivé à reporter PSG-Montpellier d'un mois supplémentaire ? "On va dire qu'ils (les Parisiens) ont une bonne écoute (à la LFP)... C'est comme dans tous les grands Championnats, les grands clubs sont un petit peu avantagés. On aimerait bien être à leur place !", riait jaune Michel Der Zakarian, l'entraîneur du MHSC, joint lundi soir par L'Équipe. Le bureau de la Ligue, où siège plusieurs présidents de clubs de Ligue 1, est allé à l'encontre de la volonté de Nathalie Boy de la Tour et Didier Quillot, les deux patrons de la Ligue. Il a en effet préféré contourner le règlement en permettant au club parisien de préserver ses intérêts privés. Une décision prise, rappelons-le, en accord avec une direction montpelliéraine conciliante. 

À l'instar de ce qui se fait à l'étranger, le syndicat Premier Ligue, conscient de l'importance commerciale du stage hivernal des Parisiens dans le cadre du fair-play financier, a jugé que le report servirait à la fois le champion de France et le football français. En Espagne, la Ligue espagnole de football n'hésite pas à arranger le Barça et le Real Madrid quand cela est nécessaire. Grâce à lui (et à Montpellier), le PSG, dans le collimateur de l'UEFA, peut ainsi se rendre au Qatar pour rencontrer de potentiels partenaires et engranger des recettes financières. Les clubs français, en retour, défendent le porte-drapeau de leur championnat et assurent une pérennité du foot tricolore sur la scène européenne. Un deal gagnant-gagnant ?

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