PSG-OM : pour l’entraîneur marseillais Villas-Boas, c'est désormais "un match contre une équipe d’une autre ligue"

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LIGUE 1 - Le Classique "ne compte pas trop" pour André-Villas Boas, l'entraîneur de l'Olympique de Marseille, car le Paris Saint-Germain est une équipe d'"une autre ligue", a-t-il lâché dimanche soir, à une semaine de PSG-OM.

Si l’on a surnommé André Villas-Boas, l’entraîneur portugais de l’Olympique de Marseille, le "Special Two", ce n’est pas seulement parce qu’il a marché sur les traces de son compatriote, José Mourinho, l’autoproclamé "Special One", dont il fut longtemps l’adjoint avant d’officier, en tant que n°1, à Porto puis à Chelsea au début de sa carrière de coach, exactement comme son glorieux aîné. C’est aussi parce que l’actuel coach olympien a une manière bien à lui de s’exprimer, allant par exemple, dimanche soir dans la foulée de la victoire (2-0) de son équipe face à Strasbourg, jusqu’à comparer son milieu défensif néerlandais Kevin Strootman... à l’ex-attaquant français Nicolas Anelka. Cela ne concernait, certes, que leur réussite dans l’exercice du penalty, mais tout de même.

Bien sûr qu'ils sont en Ligue 1, mais avec tout l'argent qu'ils ont dépensé ces dernières années, pour moi, ils sont dans un autre championnat.- André Villas-Boas

Rayon originalité, le coach est même allé un peu plus loin, au micro de Canal+ juste après le match, lorsqu’il s’est agi d’évoquer la prochaine rencontre, à savoir un certain PSG-OM. "C’est un match totalement différent qui arrive, contre une équipe qui ne fait pas partie de ce championnat, à mon avis, avec tous les investissements effectués depuis des années. Ce n'est pas un match qui compte trop pour moi. Nos chances ne sont pas trop élevées. Ils jouent un championnat différent du nôtre, ils sont dans une autre ligue. Bien sûr qu'ils sont en Ligue 1, mais avec tout l'argent qu'ils ont dépensé ces dernières années, pour moi, ils sont dans un autre championnat", a-t-il en effet affirmé. 

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En conséquence de quoi il lui a ensuite été demandé s’il ne craignait pas, en tenant de tels propos, de fâcher ses supporters. Réponse, pour enfoncer le clou : "Non non, pas du tout. Pour moi, c’est la réalité. Rivaliser avec le PSG, qui a tout remporté ces dernières années sauf une Ligue 1 avec Unai Emery (en 2016-2017, ndlr), ce n’est pas possible. Évidemment, on doit être là, prendre part à la compétition. Reims a gagné là-bas, OK... Tu rêves, tu fais ta mise en place mais... C'est une équipe qui joue pour gagner la Ligue des champions. Le Classique s'est joué dans le passé, mais maintenant, il n'existe plus, il n’a plus cette signification, l’OM le joue face à une équipe d’une autre ligue."

C'est à nous de montrer nos valeurs, d'aller là-bas et ne pas se chier dessus.- Boubacar Kamara

Une manière habile d’acter en amont, par la communication, la supériorité adverse, devenue évidente, tout en s’enlevant la pression du résultat, le coach sachant bien qu’aucun supporter marseillais, même parmi les plus audacieux, n’irait jusqu’à nier cet état de fait. Toutefois, aucun de ses prédécesseurs n’avait osé la reconnaître ainsi publiquement. De peur, peut-être, d’inhiber encore un peu plus ses joueurs... Qu’en disent, du reste, les membres de l’équipe actuelle ? "C'est un match qui vaut trois points, comme les autres. Il ne faudra pas surjouer et surtout essayer de les faire déjouer, eux", a, par exemple, évacué la nouvelle recrue, Valentin Rongier, dans un discours on ne peut plus consensuel.

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Du côté du minot Boubacar Kamara (Marseillais de naissance formé au club), en revanche, le son de cloche est autre : "On ne peut pas éviter ces adversaires, tôt ou tard, il faut les jouer. Ce sont des joueurs (les Parisiens, ndlr) que tout le monde connaît, tout le monde joue à Fifa avec. Donc il ne faudra pas calculer ça, il faudra y aller, jouer et ne pas calculer qui on a en face de nous. C'est un Classique, donc un match à enjeu pour tous les supporters marseillais et pour nous-mêmes. Alors c'est à nous de montrer nos valeurs,  d'aller là-bas et ne pas se chier dessus, on va dire." En cela, le défenseur phocéen est encore plus "spécial" que son coach : lui aussi dit simplement ce qu’il ressent, mais sans le moindre calcul.

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