"Lama nous a réunis la veille du match" : les secrets de la "remontada" de 1993 face au Real par les anciens du PSG

RECETTE - Le 18 mars 1993, dans un Parc chauffé à blanc, le PSG déjouait tous les pronostics en renversant le Real Madrid en Coupe d'Europe. Vingt-cinq ans après, alors que les Parisiens de 2018 doivent reproduire le même exploit ce soir Ligue des champions, LCI a retrouvé deux anciens joueurs de cette épopée : le défenseur Patrick Colleter et l'attaquant Amara Simba.

Il y a 25 ans, le 18 mars 1993, le PSG réussissait le retournement de situation le plus retentissant de son histoire. Battus 3-1 à l'aller au Santiago Bernabeu, les Parisiens éliminaient le Real Madrid (4-1) en quarts de finale de la Coupe de l'UEFA (l'ancêtre de l'actuelle Ligue Europa). Ils accédaient alors à une demi-finale européenne pour la première fois de leur histoire, grâce à une tête rageuse d'Antoine Kombouaré au bout du temps additionnel. Un exploit majuscule, exactement le défi qui attend leurs successeurs le 6 mars, après le revers concédé sur la pelouse madrilène au match aller (3-1) en huitième de finale aller de la Ligue des champions. 


Un quart de siècle plus tard, lorsqu'on se penche sur cet exploit mémorable, l'évidence saute aux yeux. La "remontada" parisienne trouve sa source dans les premières minutes qui ont suivi la défaite à Madrid. Dans le vestiaire, la déception d'avoir perdu laisse place à l'espoir. 

"Il y a eu un petit moment d'abattement. C'est compliqué quand on perd 3-1 d'avoir le sourire. Mais vu le match qu'on avait fait là-bas, la performance qui était la nôtre, on s'est vite remobilisé, se souvient pour LCI Patrick Colleter, le latéral gauche parisien de l'époque. Dès le lendemain, on s'est dit : 'On peut le faire'. On a senti au match aller qu'on les avait inquiétés, qu'on les avait bousculés. Il y avait de la place. On s'est mis dans nos têtes qu'on pouvait se qualifier." 

Un esprit de revanche exacerbé par l'attitude "fanfaronne" des Madrilènes, qui laissent alors entendre à longueur d'interviews que le Real a déjà validé sa qualification après sa victoire 3-1 à Madrid. Pour motiver ses troupes, et faire ressortir leur rage, l'entraîneur Artur Jorge placarde d'ailleurs les coupures de journaux sur le mur du vestiaire. "On se disait que la qualif' allait sans doute être difficile à décrocher, mais qu'à domicile, on se devait au moins de gagner contre eux. On était conscient qu'il fallait tout donner à la maison", se remémore Amara Simba, qui composait ce soir-là la ligne d'attaque parisienne avec David Ginola et George Weah. 

Pendant le laps de temps séparant les deux rencontres, les Parisiens parlent régulièrement entre eux. Ils se réunissent une dernière fois la veille du match retour. "On a fait une petite réunion, la veille au soir, par l'intermédiaire de Bernard Lama. On s'est retrouvé dans sa chambre pour parler de la façon dont on allait aborder le match. Tout le monde pouvait s'exprimer librement. C'était un moment d'échanges", nous raconte Colleter. "On s'est dit : 'Là, les gars, on a quelque chose à jouer, donc il faut y aller", reprend Simba. C'est l'acte fondateur de l'exploit à venir.

En théorie, ce soir du 18 mars 1993, une victoire 2-0 face au Real Madrid suffit aux Parisiens pour décrocher leur qualification pour la suite de la compétition. Dans la tentative de renverser les Merengue, ils peuvent compter sur le soutien indéfectible des supporters du PSG, leur 12e homme. "Quand je suis rentré dans le Parc des Princes et que j'ai vu l'ambiance qu'il y avait, c'était magique. C'était même impressionnant, se souvient Colleter. Pourtant, ils étaient nombreux à venir nous voir quand c'était le Championnat mais là, il y avait un petit truc en plus. On sentait qu'ils seraient derrière nous, de la première à la dernière seconde." 


"Dès le coup d'envoi, on leur a mis une grosse pression. Ça a commencé avec notre composition d'équipe, qui été changée à la dernière minute. De deux attaquants à l'aller, on est passé à trois au retour, avec David Ginola, George Weah et moi. On a tout de suite annoncé la couleur aux Madrilènes", témoigne Amara Simba. Ce choix tactique s'avère payant, avec l'ouverture du score de Weah à la 33e minute (1-0). "À la mi-temps, on avait fait la moitié du chemin. Tout le monde était très calme, pas excité. On est resté lucide. On ne s'est pas projeté trop vite vers l'avant. On a construit tranquillement notre match", détaille son coéquipier, Patrick Colleter. 

Et puis, ce truc magique est arrivé !Amara SIMBA

Dans les dix dernières minutes, le PSG déroule et s'envole au tableau d'affichage (3-0), grâce à David Ginola (81e) et Valdo (89e). Mais les Madrilènes y croient jusqu'au bout et arrachent - pensent-ils alors - les prolongations sur un but de Zamorano, à la 92e minute (3-1). "Quand on prend le but, on est un peu abattu. On avait tellement donné physiquement. Dans les têtes, c'est devenu compliqué", avoue Colleter. "Après ça, on était dans le doute. On était dans les arrêts de jeu, on s'attendait à jouer les prolongations, sans savoir ce qu'il allait se passer, poursuit Simba. Et puis, ce truc magique est arrivé !". Sur l'ultime occasion, l'impensable se produit. Antoine Kombouaré coupe le corner de Valdo et propulse de la tête le ballon au fond des filets.


"Ce but, c'est une œuvre collective. Quand on voit cette dernière action, tous les joueurs de tête sont déterminés à le jouer", se rappelle Patrick Colleter, pour qui les fans parisiens ont une immense part dans ce succès. "Ils ne nous ont pas lâchés du début à la fin. On l'a ressenti sur le terrain. Ils nous ont aidés à aller marquer ce quatrième but." "Il fallait être sur le terrain, dans le stade à ce moment-là pour comprendre", conclut Amara Simba. Ce soir-là, il s'est définitivement passé quelque chose, dont les joueurs du PSG version 2018 feraient bien de s'inspirer.

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L'élimination du PSG en Ligue des champions

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