Transferts avortés, luttes intestines, fair-play financier... les bonnes feuilles du livre de Paris United sur les coulisses du PSG

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EXTRAITS - Huit mois après la sortie de son premier livre révélations, le collectif Paris United publie ce jeudi 29 novembre un nouvel ouvrage sur les coulisses du club de la capitale, "PSG : révélations d'une révolution, épisode 2", aux Éditions Amphora. LCI a eu accès en avant-première aux bonnes feuilles de cet ouvrage. Morceaux choisis.

Paris United revient en librairies. Porté par le succès de son premier ouvrage "PSG : révélations d'une révolution", aux Éditions Amphora, le collectif "partisan" bien informé sur le PSG remet le couvert, ce jeudi 29 novembre, avec la sortie du tome II. Ce deuxième livre révélations, attendu par les supporters parisiens, se penche sans filtre sur les coulisses du club de la capitale.


En ce jour de parution du bouquin, LCI mis la main sur l'épisode 2. L'occasion d'en tirer les bonnes feuilles. Les extraits (ci-dessous) détaillent les manœuvres parisiennes pendant le dernier mercato estival, les défaillances et les luttes de pouvoir au sein du club parisien. 

La méthode gagnante de Tuchel

En quatre mois, Thomas Tuchel a plus que réussi son intégration au sein du PSG. Exact opposé d'Unai Emery, l'Allemand a totalement séduit ses joueurs, aussi bien sur le côté sportif que sur le plan humain. L'ancien entraîneur du Borussia Dortmund, choisi personnellement par l'Émir du Qatar, est connu pour son intransigeance et son souci du détail. S'il travaille au quotidien pour tirer le meilleur de son groupe, son champ d'action ne limite pas qu'au terrain. Très tactile, à la manière d'un Jurgen Klopp, il affiche une forte complicité avec ses joueurs.


Extrait du livre "PSG : révélations d'une révolution, épisode 2" >>>

"Tuchel se comporte comme un entraîneur, mais aussi comme un coéquipier. Il s'amuse avec les joueurs. C'est un perfectionniste qui allie souplesse, proximité et autorité. Si un mouvement est raté pendant un entraînement, il arrête la séance jusqu'à ce que l'exercice soit réussi et assimilé. Il est pointilleux et ferme tout en étant proche. En parallèle, lors des mises au vert, il prend des repas avec les joueurs. Il plaisante avec eux. Il fait de la musculation (...) Quand il y a des bizutages, le coach allemand est le premier à taper sur la table et à s'esclaffer. Il est capable de mettre son égo de côté pour le bien de son groupe. Il ne recherche pas son propre intérêt, mais plutôt celui de l'équipe. Une philosophie peu courante au sein du club."

Les dessous du dossier Boateng

Le feuilleton Jérôme Boateng a fait causer cet été au PSG. Dans sa logique de défense à trois, Thomas Tuchel avait jeté son dévolu sur le défenseur central du Bayern Munich, qu'il a rencontré au printemps. Mais le deal ne s'est jamais fait. Malgré une offre, la seule, de 40 millions d'euros le 30 août, les négociations entre le club de la capitale et les Allemands n'aboutissent pas à cause d'Antero Henrique. Le directeur sportif du PSG a laissé passer plusieurs deadlines, un comportement très mal perçu par le champion d'Allemagne. Un échec cuisant alors que tout était ficelé à 99,9% avec le joueur, déjà en route pour rejoindre Paris.


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"Boateng attend tout l'été le feu vert des dirigeants parisiens. Mais Henrique est devenu un fantôme. Le 25 août 2018, Jérôme Boateng reçoit la confirmation de son transfert au PSG, car l'offre que le Bayern Munich attendait va enfin arriver. Très heureux, l'international allemand contacte Julian Draxler pour lui témoigner sa satisfaction de le rejoindre. Boateng se projette vers sa nouvelle vie et souhaite s'installer rapidement à Paris. Il demande des conseils à Draxler pour acheter un bien immobilier dans la capitale française ou à proximité. Le numéro de son maillot est envisagé : il pourrait revêtir le 17. Boateng va plus même plus loin : il prévient ses amis et ses coéquipiers les plus proches de sa future destination."

Qui est le patron au PSG ?

Dans le tome II de ses révélations, le collectif Paris United revient longuement sur les dysfonctionnements à tous les étages du club parisien. Les luttes intestines sont le lot quotidien du PSG. Au centre de formation ou dans les hautes sphères de l'équipe. Tous les dirigeants, sans exception, jouent leur partition dans leur coin et échangent très peu les uns avec les autres. En fonction de l'interlocuteur, le discours tenu n'est pas le même. Le club ne parle d'une même voix. Logiquement, ce manque de liant, palpable, notamment entre le coach Thomas Tuchel et son directeur sportif Antero Henrique, pénalise le club de la capitale.


Extrait du livre "PSG : révélations d'une révolution, épisode 2" >>>

"Certains agents comme Jorge Mendes sont surpris par l'organisation du PSG, l'un des plus grands clubs européens. En privé, le célèbre agent portugais affirme que le club parisien "c'est du n'importe quoi !". Mendes voit Thomas Tuchel prendre beaucoup de pouvoirs face à la désorganisation des dirigeants parisiens. Il confie à d’autres agents qu'il ne souhaite plus travailler avec le PSG. "La parole du lundi n'est pas celle du mardi." (...) Le Portugais est conscient que le PSG est un club très compliqué à comprendre à cause de son organisation. Il pense que Paris est un club instable et que Neymar partira rapidement. Pour Mendes, le point faible du club est son directeur sportif et l'absence de cohérence entre les dirigeants."


Extrait du livre "PSG : révélations d'une révolution, épisode 2" >>>

"Le PSG, c'est le "FC Dallas". C'est l'avis de nombreux agents et dirigeants après le mercato de l'été 2018. Plusieurs commentaires convergent vers cette analyse. Lors d'échanges avec les dirigeants du PSG, la direction de Tottenham fait part de sa grande surprise au regard de l'organisation du PSG. Daniel Levy, le président du club anglais, pense qu'au PSG, il y a trop d'interlocuteurs différents et que "même le jardinier peut donner son avis sur des joueurs".

Le double discours tenu à Cavani

Sous contrat jusqu'en 2020 avec le PSG, Edinson Cavani se verrait bien finir sa carrière à Paris. Mais, l'été dernier, il a longtemps été question d'un transfert de l'Uruguayen. Alors qu'il est en vacances après avoir disputé la Coupe du monde avec son équipe nationale, la rumeur autour d'un possible départ enfle. À Paris, Thomas Tuchel dément. Néanmoins, en sous-main, Antero Henrique travaille pour trouver une porte de sortie à l'ancien Napolitain. En vain. Après plusieurs semaines de flou, "El Matador" met fin au suspense. Le buteur, attaché au club de la capitale, confirme qu'il souhaite rester au PSG au moins un an de plus.


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"Il est difficile d'envisager un départ du meilleur buteur de l'histoire du PSG. Pourtant, un double jeu se met en place autour de l'attaquant uruguayen. Malgré ses déclarations qui affirment le contraire, Antero Henrique a mandaté un agent pour vendre Cavani tout en lui affirmant qu'il souhaitait le conserver dans l'effectif parisien. (...) Luis Ferrer (le bras droit du directeur sportif du PSG, Antero Henrique, ndlr) est attaché à Edinson Cavani et il croit en l'Uruguayen. Dès le moi de mai, il avait prévenu Edinson Cavani que le PSG allait lui faire une entourloupe avant la Coupe du monde et tenter de la transférer."

L'ombre du FFP plane sur le PSG

L'été dernier, la décote de certains contrats liés au Qatar et, surtout, les lourds investissements de l'été 2007 (plus de 400 millions déboursés pour recruter Neymar et Mbappé) ont mis le PSG dans une situation délicate. Pour échapper aux éventuelles sanctions de l'UEFA dans le cadre du fair-play financier, les Parisiens avaient jusqu'au 30 juin pour équilibrer leurs comptes. Cela s'est traduit par les ventes de Javier Pastore à la Roma, Odsonne Edouard au Celtic, Yuri Berchiche à l'Athletic Bilbao et Gonçalo Guedes à Valence. Mais, à en croire Paris United, toutes les possibilités étaient envisagés pour rentrer, coûte que coûte, dans les clous. 


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"Le PSG est contraint de continuer à "dégraisser". Il ne peut plus faire de folies sur le marché des transferts, au grand regret de Thomas Tuchel qui ne semblait pas avoir mesuré l'intensité de la pression du fair-play financier avant de signer au PSG. Au club, certains considèrent que tous les joueurs étaient potentiellement à vendre avant le 30 juin 2018, à l'exception de Neymar Jr et de Kylian Mbappé. La pression du fair-play financier est permanente."

Jesé, le casse-tête estival

Jesé est toujours un joueur du PSG. Annoncé dans le viseur de Huesca, Frosinone et Nantes lors de la dernière fenêtre estivale, l'ancien attaquant du Real Madrid est malgré tout resté à Paris. La faute à son salaire trop conséquent à assumer pour d'éventuels prétendants. Pourtant, tout a été fait l'été dernier pour lui trouver une porte de sortie. Fali Ramadani, proche de Pini Zahavi, l'agent qui a conclu l'arrivée de Neymar dans la capitale à l'été 2017, a proposé à l'Espagnol de rejoindre l'équipe italienne de Parme. Une possibilité écartée par le clan Jesé, ce qui a eu le don d'agacer fortement le partenaire commercial de Zahavi. 


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"Fali Ramadani propose Parme à Ginés Carvajal, l'agent de Jesé. (...) Le super-agent, face aux tergiversations du clan Jesé, s'énerve et lance à l'agent du joueur : "Ce n'est pas de ma faute si ton joueur est nul. Déjà que je me bats pour le sortir. Si j'arrive à le mettre à Parme, c'est un miracle. Qui es-tu pour me parler ainsi ? Personne ne veut de ton Ricky Martin. Au PSG, il ne jouera même pas avec la CFA. Espèce de merde." Car le joueur espagnol peut parfois ne pas avoir conscience de son niveau et affirme à certains que "Ney quiere jugar conmigo", que Neymar veut jouer avec lui. Un peu d'humour ne gâche rien."

La raison du départ de Lo Celso

L'été dernier, dans les dernières heures du mercato, le PSG avait pris la décision de laisser filer Giovani Lo Celso. Un départ surprenant, que beaucoup n'ont pas compris, compte tenu du manque de profondeur de banc parisien au milieu de terrain. Prêté avec option d'achat au Betis Séville, Giovani Lo Celso était, en réalité, devenu indésirable dans la capitale française. 


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"L'international argentin n'avait pas la même cote auprès de Thomas Tuchel, que celle dont il pouvait profiter auprès d'Unai Emery. (...) Le jeune joueur de vingt-deux ans est malheureux, mais souhaite gagner la confiance de son entraîneur par ses qualités, son travail et son implication dans le groupe. Malheureusement, une altercation avec Lassana Diarra lors d'un entraînement, fin août, sonne le glas de ses espoirs de s'imposer à Paris. Thomas Tuchel profite de cette dispute pour le sanctionner, puis pour lui demander de se trouver une nouvelle destination, hors du groupe parisien, dans la semaine qui suit. Un ultimatum qui bouleverse Lo Celso. Un incident qui accélère le départ de l'Argentin loin du Camp des Loges."

Rabiot-Henrique, c'est la guerre froide

Y a-t-il une issue au dossier Adrien Rabiot ? La question mérite d'être posée. En fin de contrat avec le PSG en juin prochain, le milieu de terrain tarde à prolonger son bail avec le club parisien. Dès janvier prochain, l'international tricolore sera libre de s'engager où bon lui semble la saison prochaine. Les Parisiens ne pourront alors plus prétendre à aucune indemnité de transfert pour un joueur formé au sein du club. Au fil des tractations, les relations se sont tendues entre le clan Rabiot et Antero Henrique. Le Parisien, se sachant en position de force, tente d'obtenir plus de Paris. Ce que n'entend pas du tout le directeur sportif du club.


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"Antero Henrique réaffirme au clan Rabiot qu'une prime à la signature n'est pas envisageable, même en cas de prolongation de son contrat. Contrairement au FC Barcelone qui propose un salaire de 10 millions d'euros par an et une prime à la signature de 10 millions. Paris propose propose de son côté environ 7 millions d'euros avec des bonus allant jusqu'à 10 millions, sans prime. Une annonce qui déclenche la colère d'Adrien Rabiot, déjà énervé par l'image que donne de lui le club auprès des supporters. Il déteste la manière avec laquelle ses dirigeants parlent de lui. (...) Dans l'idéal, il prolongera à Paris pour un an ou deux ans de plus. Si Paris ne s'aligne pas sur le Barça, il ne prolongera pas et partira l'été prochain à Barcelone. Même s'il donne toujours sa priorité à Paris. Nasser Al-Khelaïfi sait tout du dossier, mais n'intervient pas malgré les sollicitations du clan Rabiot (dont Véronique, la mère, ndlr). La guerre est totale et violente entre les Rabiot et Henrique. Ils se détestent mutuellement."

Le paradoxe Nasser Al-Khelaïfi

Moins présent au Camp des Loges cette saison, Nasser Al-Khelaïfi a pris du recul ces derniers mois. L'homme de main de l'Émir du Qatar, qui jongle jour et nuit avec ses responsabilités au PSG et à beIN SPORTS, apparaît comme un président fragilisé. Présent au chevet de Neymar, qu'il choie au quotidien depuis l'arrivée du Brésilien à Paris, le dirigeant qatari a vu sa liberté d'action se réduire l'été dernier. Selon les insiders de Paris United, le président parisien a subi le recrutement de Thomas Tuchel imposé par Doha, a peu pesé sur les transferts estivaux et regarde d'un œil assez loin plusieurs dossiers, le cas Adrien Rabiot notamment.


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"Le Brésilien est au centre du projet du PSG. Il est la principale préoccupation de son président Nasser Al-Khelaïfi. Un soir, Neymar Jr est l'invité d'une avant-première pour assister à la projection du film Batman. Soucieux du bien-être de sa vedette brésilienne, Nasser n'arrête pas d'envoyer des messages aux organisateurs durant le film pour savoir si Neymar Jr apprécie cette projection cinématographique. Dès que Neymar est enrhumé, Nasser Al-Khelaïfi est très inquiet. Le président parisien sait que son avenir au PSG est étroitement lié à la réussite de Neymar Jr. (...) Nasser doit tout faire pour que son joueur vedette se sente le mieux possible. Il marche sur des œufs. Tout est mis en place au PSG pour répondre aux demandes de la star."


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"Nasser joue gros cette saison en cas d'échec du PSG en Ligue des champions, mais aussi dans l'éventualité où Neymar Jr ferait le forcing pour quitter le PSG en juin prochain. Le président Nasser Al-Khelaïfi a toujours fait preuve de proximité avec l'ensemble du club. Mais depuis quelques mois, il a pris du recul. Il ne s'occupe presque plus de rien. C'est le grand absent de ce début de saison. (...) Nasser ne répond même pas aux sollicitations du clan Rabiot pour une possible prolongation de contrat du jeune Adrien. Il laisse Antero Henrique mener ces pourparlers virils (...) Il tente de calmer les rancœurs entre Henrique et les Rabiot, mais ne souhait pas s'investir dans ces négociations. Nasser Al-Khelaïfi aurait apprécié trouver une personne capable de "booster" les joueurs, qu'il juge trop gâtés."

Luis Enrique, l'exigence de Neymar

Le sort d'Unai Emery soit scellé après l'échec du PSG face au Real Madrid, en huitièmes de finale de la Ligue des champions, les dirigeants parisiens se sont mis en quête de son successeur. Alors que Thiago Silva milite pour un retour de Carlo Ancelotti, Neymar a d'ores et déjà choisi le futur entraîneur parisien. Le Brésilien affirme sa préférence, à savoir Luis Enrique. Entraîneur du FC Barcelone lors de la fameuse "remontada", l'Espagnol a pris une année sabbatique. Mais contre toutes attentes, à Doha, l'Émir du Qatar reprend la main sur le dossier du coach. Thomas Tuchel sera finalement nommé au poste d'entraîneur du PSG.


Extrait du livre "PSG : révélations d'une révolution, épisode 2" >>>

"Neymar est au cœur du dispositif du PSG depuis son arrivée. Même s'il n'est pas parvenu à choisir le nom du successeur d'Unai Emery à la tête de l'effectif parisien, alors qu'il pensait aussi pouvoir désigner le nouveau coach du PSG. Lorsqu'il apprend que l'Allemand Thomas Tuchel va le diriger, Neymar Jr ne comprend pas. Il est même très énervé contre Nasser Al-Khelaïfi, car son président lui avait promis que l'Espagnol Luis Enrique serait le prochain entraîneur du PSG. Enrique et Neymar Jr se parlaient régulièrement au téléphone et échangeaient sur leur future collaboration à Paris. Le coach espagnol était d'ailleurs très intéressé par une venue à Paris et avait mis entre parenthèses les négociations qu'il menait en parallèle avec d'autres clubs. Le PSG choisira un autre entraîneur, au grand regret de Neymar Jr qui ne pouvait pas deviner que son président allait être évincé du processus décisionnel."

En vidéo

Le portrait en hashtag de Neymar Jr

"PSG : révélations d'une révolution, épisode 2"

Paru le 29 novembre 2018 aux Éditions Amphora (18,95€)

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