PSG : Thomas Tuchel joue à fond la carte jeunes

Football
DirectLCI
FOOTBALL – Cette saison, le Paris Saint-Germain donne un temps de jeu bien plus conséquent aux jeunes pousses issues de son centre de formation. Une politique assumée par le club, et portée par l’entraîneur, Thomas Tuchel.

Un vent de fraîcheur souffle sur le Paris Saint-Germain et, chose rare depuis le rachat du club par le Qatar en 2011, il n’est pas dû à l’arrivée d’une ou plusieurs stars internationales recrutées à prix d’or. Non, les sensations de ce début de saison impeccable en Ligue 1 se nomment Stanley Nsoki, Moussa Diaby ou Colin Dagba. Ils ont 19 ou 20 ans et accumulent tous trois un temps de jeu conséquent en matchs officiels. Ce qui, à l’échelle d’un club dont le budget est estimé à quelque 500 millions d’euros, n’a rien d’anodin. 

Ces dernières années, la montée en gamme du PSG, via de ronflants transferts, a en effet eu un effet pervers : de nombreux jeunes prometteurs ont quitté le bercail avant même d’y signer leur premier professionnel, parce que conscients qu’on ne leur donnerait pas leur chance en équipe première. On peut citer, pêle-mêle, Kinglsey Coman, Moussa Dembélé, Dan-Axel Zagadou, Mamadou Doucouré, Théo Epailly...

Il faut que j'apprenne à connaître les joueurs que j'ai, y compris les jeunes, qu'on va tenter de faire progresser.Thomas Tuchel à son arrivée au PSG

Frustré par cette situation, François Rodrigues, alors coach de l’équipe réserve, avait claqué la porte la saison dernière. Dans Le Parisien, il décrivait ainsi la situation : "Trop peu de jeunes vont s’entraîner chez les pros. Tant qu’on n’aura pas ouvert de manière permanente la porte à nos trois, quatre éléments talentueux, les joueurs ne croiront pas au projet Paris Saint-Germain. Depuis Areola, Kimpembe et Nkunku, qui est arrivé ? Les jeunes ont fait des piges et sont redescendus. Quelle image renvoie-t-on à des garçons talentueux comme Mbe Soh, Sissako ou Adli ? Leurs agents leur disent : ‘Comment tu veux jouer à Paris ? Ils prennent un garçon de 27 ans, alors que toi tu as 18 ans et que tel ou tel club te veut.’ C’est dommage, parce que le vivier est très bon à Paris."

Paris a donc entrepris de colmater cette fuite des jeunes talents, en nommant Luis Fernandez au poste de directeur sportif du centre de formation, et Thiago Motta entraîneur de l’équipe des moins de 19 ans, pour établir des passerelles entre la pépinière et le verger. C’est aussi à cette fin spécifique que l’Allemand Thomas Tuchel, qui a lancé beaucoup de jeunes à Dortmund, a été choisi par l’Émir du Qatar pour diriger l’équipe première. Interrogé sur d'éventuelles futures recrues à son arrivée, le 20 mai, l’Allemand avait ainsi d’emblée répondu : "Si je m'aperçois qu'il manque quelqu'un, je le demanderai, mais il faut d'abord que j'apprenne à connaître les joueurs que j'ai, y compris les jeunes, qu'on va tenter de faire progresser."

Des alternatives crédibles aux titulaires habituels

Dont acte : les jeunes ont non seulement effectué l’intégralité de la préparation estivale, mais, nouveauté cette saison, ils ont aussi été régulièrement alignés dans des matchs de Ligue 1. Lors de la réception de Reims mercredi (4-1), trois d’entre eux ont même été titularisés. Et si Colin Dagba (20 ans) a dû rapidement sortir sur blessure, Stanley Nsoki (19 ans) et Moussa Diaby (19 ans) ont, eux, fait très forte impression. Au point d’être devenus des alternatives crédibles aux titulaires habituels.

"Ils doivent travailler. Être patients. Je leur ai dit que je sais que c’est très dur dans un club comme le PSG d’être un jeune joueur et de parvenir à s'imposer, mais tu dois avoir la confiance, la qualité. Tu dois essayer d’être un joueur de ce club. Et ne pas partir trop tôt. À mon avis, c’est très important, que tu montres que tu peux devenir un vrai joueur du club", a déclaré Thomas Tuchel après cette rencontre. "Quand ils travaillent dur, qu’ils gardent les pieds sur terre et qu’ils me montrent qu’ils sont prêts, nous avons besoin d’eux. Il n’y a aucun problème. S’ils sont prêts, ils auront leur chance. C’est très important d’avoir des joueurs du centre de formation. Il faut essayer, ça vaut le coup."

On est des jeunes, mais on n’est pas là pour faire de la figuration. On n'est pas des peintres !Stanley Nsoki

Pas sûr, toutefois, que les intéressés aient apprécié ces propos. Car ce qui les séduit, justement, c’est de ne pas être constamment renvoyés à leur âge, comme par le passé. "Le coach ne fait pas confiance aux jeunes, mais aux joueurs qu'il a. Certes, on est des jeunes, mais on est des joueurs comme les autres. S'il y a de la qualité, et qu'il pense qu'un tel ou un tel peut apporter un bonus à l'équipe, il jouera et c'est tout", souligne en effet Stanley Nsoki, qui avait envisagé un départ cet été, comme Moussa Diaby, mais que Thomas Tuchel a retenus, en affirmant qu’il comptait sur eux.

"On est des jeunes, mais on n’est pas là pour faire de la figuration. On n'est pas des peintres ! Mais on est aussi là pour apprendre, on est très à l'écoute. Au quotidien, avec des joueurs d'une telle qualité, on ne peut que progresser, engranger de l'expérience, reprend Stanley Nsoki. Pour moi, au début, ce n’était pas facile. Mais, vu que je suis entouré de grands joueurs, j’ai su rester concentré. Je suis très content et j’espère que ça va continuer. Le coach m’a dit avant le match de jouer relâché, comme je le fais à l’entraînement. Et que ça allait bien se passer." Cela s’est effectivement bien passé. Et c’est parti pour durer.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter