Qu’est-ce qui cloche exactement à l’OM ?

Qu’est-ce qui cloche exactement à l’OM ?

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FOOTBALL – Lourdement battu à Montpellier (3-0) dimanche soir, l’Olympique de Marseille traverse actuellement une période de fortes turbulences. Comment le club phocéen, auteur d’une fin de saison dernière canon, en est-il arrivé là ?

Que le début du mois de septembre 2018 paraît loin, déjà... Le 2, l’OM s’était imposé à Monaco (2-3), avant d’éparpiller Guingamp façon puzzle (4-0) le 16. Après un départ laborieux, l’équipe de Rudi Garcia, qui vise désormais officiellement la 2e place du classement de la Ligue 1 derrière le PSG, était censée être enfin lancée vers ses ambitions, dans la foulée de la finale de la Ligue Europa atteinte la saison passée, tout en luttant à armes égales avec ses rivaux pour le podium. Sauf que non.

Non, car ensuite, il y eut une défaite à domicile et à onze contre dix face à Francfort (1-2) en ouverture de la Ligue Europa le 20, une défaite cuisante (4-2) à Lyon (un concurrent direct) le 23, une victoire inquiétante arrachée dans les derniers instants à Strasbourg au Vélodrome (3-2) le 26, un cinglant 3-0 concédé dimanche dernier à Lille, un nul (2-2) lâché après avoir mené 0-2 à vingt minutes du terme sur la pelouse de l’Apollon Limassol, série récemment prolongée par trois défaites de rang en dix jours, contre la Lazio (1-3), le PSG (0-2) et à Montpellier (0-3) dimanche soir.


Passage en revue de ce qui a cloché, et a conduit le club phocéen sur le chemin d’une crise aussi inattendue qu’inéluctable.

Le départ de Zambo-Anguissa

Sur le moment, cela a ressemblé à un énorme coup : vendre le milieu Zambo-Anguissa, souvent raillé pour sa technique limitée, xontre 25 millions d’euros avait de quoi faire passer Fulham, le club acheteur, pour un pigeon. C’était vite oublier qu’il y a un an, après une raclée à Monaco (6-1) et une défaite à domicile face à Rennes (1-3), la titularisation du Franco-Camerounais au milieu en binôme avec Luiz Gustavo avait permis à l’OM de retrouver une solidité, acte fondateur de la suite de sa saison. Joueur d’impact, solide dans les duels au sol comme aériens, "Zambo" était le seul milieu de l’effectif à évoluer dans ce registre purement défensif. Son départ laisse un vide abyssal à la récupération, que le Néerlandais Strootman, joueur d’anticipation recruté pour le remplacer, ne comble pas.  

Des recrues à la peine

L’ex-milieu de la Roma, du reste, peine à justifier, pour l’heure, les 28 millions d’euros dépensés pour lui. Bien sûr, il est encore en train de s’adapter, mais l’OM a un besoin urgent de sérénité au milieu, et sa recrue phare de l’été est trop lente et fébrile pour la lui offrir. Les deux autres recrues, le défenseur croate Caleta-Car et l’ailier serbe Radonjic, connaissent d’ailleurs le même retard à l’allumage. Et après Limassol, l'entraîneur Rudi Garcia n’a plus caché son impatience les concernant : "On répète souvent les mêmes erreurs, ça devient embêtant. Il faut continuer à montrer à ceux qui sont arrivés, Duje (Caleta-Car) et Nemanja (Radonjic), qu'il y a des choses à apprendre vite. On paye un peu leurs arrivées tardives." Ambiance...

Une attaque crispée

Balotelli, bien que très attendu, n’est pas venu cet été et, au regard de son début de saison catastrophique à Nice, ce n’est sans doute pas plus mal. L’OM, en tout cas, a choisi de maintenir sa confiance à ses deux attaquants de pointe, Mitroglou et Germain. Surprise : ils ne sont pas transformés, par la grâce du ciel, en serial buteurs. Comme la saison passée, c’est à Thauvin que revient le rôle de finisseur. Mais son individualisme, dans le contexte actuel, agace en interne, et l’ailier lui-même se montre irrité par son coach et ses partenaires. L’échec des négociations pour la prolongation de son contrat n’a rien arrangé. La semaine dernière, dans Onze Mondial, le joueur a même publiquement révélé ses envies de départ.

Le contrecoup du Mondial

Ces dernières semaines, Thauvin ne pouvait de toute façon pas marquer : il était blessé à un talon. En défense, Adil Rami, auteur de deux bourdes retentissantes qui auraient pu coûter cher à Monaco début septembre, a, lui aussi, manqué à l’appel pendant plus de trois semaines, en raison d’une déchirure musculaire. Avant lui, Steve Mandanda, revenu de vacances très loin de sa forme resplendissante de la saison dernière, est resté sur le carreau durant un mois à cause de la même blessure, souvent résultante de la fatigue et/ou de l'hygiène de vie. Ces trois joueurs ont été sacrés champions du monde cet été, et ce n’est pas un hasard. Eux aussi peinent à réendosser leurs habits de leaders. Le sélectionneur Didier Deschamps les avait pourtant prévenus publiquement dès la rentrée : "Si vous pensez que vous avez fait vos preuves, que vous n’aurez pas à faire autant d’efforts, cela ne fonctionnera pas."

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