Que vaut la Russie, adversaire des Bleus aujourd'hui et hôte de la Coupe du monde 2018 ?

Football
FOOTBALL – L'équipe de Russie se dresse cet après-midi (17h50 sur TF1) à Saint-Pétersbourg, sur la route des Bleus, avant de disputer la Coupe du monde à domicile l’été prochain. Focus sur un adversaire sous pression.

Un chiffre, pour commencer : le 63, pour le 63e rang occupé par la Russie au classement Fifa. Tout un symbole : l’équipe qui disputera, du 14 juin au 15 juillet, la Coupe du monde devant son public est tout simplement la moins bien classée des 32 sélections qualifiées. 


C’est cette équipe que les Bleus affrontent ce mardi  (17h50 sur TF1) à Saint-Pétersbourg, avec le devoir de corriger au plus vite la fausse note de vendredi soir face à la Colombie au Stade de France (2-3). Problème : si la "Sbornaïa" (surnom de l’équipe russe) n’a rien d’un cador, elle a, elle aussi, un immense et urgent devoir de résultat.

Nous demandons à nos joueurs d’être concentrés et de travailler comme des fous à chaque match.Stanislav Tchertchessov, le sélectionneur russe

En effet, le soir même où les Bleus prenaient l’eau de toutes parts à Saint-Denis, les Russes sombraient eux aussi à domicile, contre le Brésil, dans d’autres proportions (0-3). Plus largement, chacun garde en tête, en Russie, la débâcle de l’équipe nationale de hockey en février 2014, quand elle s’était pris une fessée par la Finlande (1-3) dès les quarts de finale d’un tournoi olympique qu’elle ambitionnait de gagner. Le tout sous le regard furieux de Vladimir Poutine, assis aux premières loges. Certes, son homologue du foot ne vise pas un triomphe final cet été mais, en contrepartie, une pression plus conséquente proviendra de la haute portée symbolique et politique du football aux yeux du Kremlin.

Une piteuse élimination resterait gravée dans le marbre comme un drame national, que le président vivrait forcément comme un immense affront. C’est d’ailleurs pour cela que le sélectionneur Leonid Sloutski, qui avait pris la suite d’un Fabio Capello déjà en constat d’échec, a été viré sans ménagement au lendemain de l’élimination au premier tour de l’Euro 2016. 


La dernière d’une longue série : à l’exception d’une épopée jusqu’en demi-finales de l’Euro 2008, avec la star Andreï Archavine et le technicien néerlandais Guus Hiddink, la sélection a constamment été éliminée au premier tour des dernières des compétitions internationales (Mondial 1994, Euro 1996, Mondial 2002, Euro 2004, Euro 2012, Mondial 2014) pour lesquelles elle était qualifiée. Ce qui suffit à résumer l’ampleur de la tâche de Stanislav Tchertchessov, l'actuel sélectionneur.

Du Qatar à l'Espagne

Celui-ci, malgré toute sa bonne volonté, a ainsi concédé nombre d’embarrassantes contre-performances depuis un an et demi, s’inclinant en amical contre le Costa Rica (4-3), la Côte d’Ivoire (2-0) et même… le Qatar (2-1). Mais, dans le même temps, la "Sbornaïa" est tout de même parvenue à arracher des nuls méritoires à la Belgique (3-3), au Chili (1-1) et à… l’Espagne (3-3). Cette Russie-là paraît donc paradoxalement plus à l'aise face aux grosses nations qu'aux petites.

Pour ce qui est des joueurs, seulement six de ceux qui ont disputé le dernier Euro sont toujours là. Les cadres se nomment à présent Igor Akinfeev, gardien de 31 ans aux 98 sélections accumulées ces dix dernières années, Iouri Jirkov, dernier survivant de l’épopée de 2008, âgé de 33 ans, et le milieu Denis Glouchakov, évoluant au Spartak Moscou, comme une grande partie de ses partenaires, que le sélectionneur a connus quand il avait entraîné l’emblématique club moscovite, en 2007-08.

Une équipe rugueuse

Pour ce qui est du jeu, les Bleus doivent s’attendre à une équipe rugueuse, qui a chèrement payé vendredi contre le Brésil de toutes nouvelles intentions offensives. "L’équipe vit un changement générationnel, expliquait récemment Stanislav Tchertchessov à l’AFP. Le but, c’est d’avoir une équipe avec un grand E. Nos supporteurs veulent voir une équipe avec du caractère. Et nous demandons à nos joueurs d’être concentrés et de travailler comme des fous à chaque match." Soit le meilleur moyen qu’on n’ait jamais trouvé pour compenser un déficit de talents individuels. À bon entendeur, salut.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Coupe du monde de football 2018 en Russie

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter