Quel est le bilan de Sepp Blatter à la tête de la Fifa ?

Quel est le bilan de Sepp Blatter à la tête de la Fifa ?

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FOOTBALL – Président de l'instance dirigeante depuis 1998, le Suisse a décidé jeudi de se présenter à sa propre succession pour un cinquième mandat. Et avant que la campagne pour ces élections prévues en 2015 ne soit lancée, metronews dresse le bilan du travail de Sepp Blatter.

"Je suis la seule personne à pouvoir battre Sepp Blatter". Ainsi parlait Michel Platini lorsqu'il était interrogé en mars dernier sur sa volonté ou non de se présenter aux élections de 2015 pour diriger la Fifa. Et si l'ancien n° 10 de l'équipe de France paraît aussi confiant, c'est qu'il sait que le bilan du Suisse est contrasté : fait de réussites et d'échecs, le tout teinté de soupçons de corruption. Alors que Platini a affirmé vouloir laisser passer le Mondial avant de sans doute se porter candidat, Blatter, lui, a dévoilé vendredi ses intentions. L'heure est donc venue de passer sont bilan au crible.

Il a modernisé la Fifa
Lui est pour l'arbitrage vidéo. Grand clivage du football actuel, l'avis des dirigeants sur ce sujet permet de les classer, de façon un peu réductrice il est vrai, dans le camp des conservateurs ou des modernes. Ainsi, Blatter fait partie du second groupe, lui qui va profiter de la Coupe du monde au Brésil pour tester l'arbitrage vidéo sur la ligne de but . C'est l'illustration du travail accompli depuis plus de 15 ans par le Suisse : il a dépoussiéré la Fifa. Sous son impulsion, Blatter a réellement mondialisé la Coupe du monde, en ne la cantonnant aux seules zones du globe qui ont vu naître le football.

Corée du Sud/Japon en 2002, Afrique du Sud en 2010, Russie en 2018 et Qatar en 2022, autant d'événements réussis, qui ont permis au foot de conquérir de nouveaux territoires. Autre actif au crédit de celui qui vient de faire 78 ans en mars dernier, avoir fait passer le Ballon France Football, trophée individuel le prestigieux de la discipline, sous giron de la Fifa . "Si je suis en bonne santé, et je le suis actuellement, je ne vois pas pourquoi je devrais arrêter le travail, avait lâché il y a quelques mois l'intéressé. Surtout celui de consolidation de la Fifa."

Il jouera très gros au Brésil
Si même le pays du football se met contre lui. Pensant avoir fait le meilleur des choix en désignant en 2007 le Brésil pour accueillir la Coupe du monde 2014, Blatter se retrouve avec un dossier très épineux à gérer. Et ce, à un an du congrès de la Fifa durant lequel se jouera sa réélection en 2015. Car entre les retards accumulés des différents chantiers et les importants mouvements sociaux qui secouent le pays , le Mondial au pays de Pelé pourrait s'avérer fatal pour les ambitions du Suisse. Jérôme Valcke, l'un de ses bras droits, a déjà concédé que l'instance avait "vécu un enfer" au cours de la préparation de la compétition.

La plupart des stades ont été livrés avec six mois de retard alors que certains ne le seront qu'à quelques jours du début des festivités le 12 juin. Si l'on ajoute à cela les menaces de grèves et de manifestations en tout genre, certains prédisent déjà un fiasco retentissant. Mais Blatter peut compter sur l'expérience similaire que la Fifa a vécu il y a un an lors de la Coupe des confédérations au Brésil. Et pour cette répétition générale du Mondial, malgré un contexte socialement déjà très tendu sur place, la compétition a été une réussite.

Le Mondial au Qatar, bombe à retardement
C'est le gros point noir du candidat Blatter. Depuis qu'au début de l'année 2010 la Fifa a choisi l'émirat du Moyen-Orient pour accueillir le Mondial 2022, le dirigeant passe son temps à tenter d'éteindre les polémiques. Certaines sont purement sportives, notamment savoir si la compétition se déroulera l'hiver ou l'été , d'autres pourraient prendre un virage judiciaire. Car après les révélations de France Football en janvier 2013 , de plus en plus d'indices laissent à penser que plusieurs membres de l'instance ont été corrompus pour que l'instance choisisse le Qatar comme pays hôte.

Dernière révélation en date, d'après The Telegraph, Jack Warner, l'ancien vice-président de la Fifa, et ses proches auraient touché près de 2 millions d'euros de la part d'une entreprise qatarie ... De quoi sérieusement discréditer un président sortant qui, à son arrivée, avait promis d'en finir avec les pratiques sulfureuses de son prédécesseur João Havelange (1974-1998), démissionnaire de son poste de président d'honneur en avril 2013 après d'énièmes accusations de corruption. Il y a neuf mois, Blatter avait estimé qu'attribuer le Mondial au Qatar "a peut-être bien été une erreur". Il pourrait avoir vu juste.

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