Quelle est cette affaire dans laquelle Nasser Al-Khelaïfi, le président du PSG, est inculpé ?

Quelle est cette affaire dans laquelle Nasser Al-Khelaïfi, le président du PSG, est inculpé ?
Football

RAPPEL - Focus sur l'affaire, liée à l'attribution de droits TV de la Coupe du monde, qui vaut à Nasser Al-Khelaïfi, patron du groupe de télévision beIN Media et du PSG, d'être inculpé ce jeudi dans une affaire de corruption liée à l'attribution de droits TV du Mondial de football.

Officiellement inculpé pour corruption par la justice suisse ce jeudi, Nasser Al-Khelaïfi a publié un communiqué pour s'en réjouir. "Je suis satisfait que toutes les accusations de corruption en lien avec les Coupes du monde 2026 et 2030 aient été abandonnées. Même si une seconde accusation demeure, je suis persuadé qu'il sera prouvé qu'elle est sans fondement", peut-on notamment y lire. De quoi est-il exactement question ?

Lire aussi

L'enquête, ouverte fin 2016 par le Ministère public de la Confédération suisse (MPC), porte sur l'octroi de droits de retransmission télévisés de plusieurs éditions de la Coupe du monde de football et de la Coupe des confédérations, compétitions organisées par la Fifa. Concrètement, le bureau du procureur général suisse accuse Jérôme Valcke, ex-secrétaire général de la Fifa, de "corruption passive, de gestion déloyale multiple et qualifiée et de faux dans les titres", tandis que Nasser Al-Khelaïfi et un autre homme, actif dans le domaine des droits sportifs mais dont la justice suisse ne donne pas le nom, sont accusés d'"instigation à la gestion déloyale qualifiée commise" par l'ancien n°2 de la Fifa.

Une villa en Sardaigne au cœur de l'affaire

Dit autrement : le président qatari du groupe de télévision beIN Media et du PSG, comme le mystérieux homme d'affaires impliqué, est accusé d'avoir incité Jérôme Valcke à commettre les infractions pénales qui lui sont reprochées. A savoir d'avoir fait usage, entre 2013 et 2015, de son influence comme secrétaire général de la Fifa "pour influencer en faveur de partenaires médiatiques de sa préférence les processus d'attribution de droits médiatiques de différentes Coupes du monde de football et Coupes des Confédérations de la Fifa dans la période de 2018 à 2030".

Cette accusation manque de sérieux.- L'un des avocats de Nasser Al-Khelaïfi

L'enquête a révélé que Jérôme Valcke a obtenu des avantages indus des deux autres co-accusés, dont le remboursement d'un acompte d'environ 500.000 euros qu'il avait versé à des tiers pour l'acquisition d'une villa en Sardaigne. Une villa acheté par... Nasser Al-Khelaïfi lui-même, via une société. La justice a constaté que Jérôme Valcke avait ensuite obtenu du dirigeant qatari le droit de jouissance exclusif de cette villa pour une période de dix-huit mois, sans s'être acquitté pour cela d'un loyer d'une valeur estimée entre environ 900.000 et 1,8 millions d'euros.

Un "accord amiable" avec la Fifa

Jérôme Valcke, par ailleurs suspendu dix ans par la Fifa pour d'autres faits de corruption, a également reçu du troisième homme trois paiements, d'une valeur totale de 1,25 million d'euros, à sa société Sportunited Sarl. Et comme il n'a pas jugé bon d'annoncer à la Fifa ces "avantages", le MPC lui reproche de s'être "enrichi de manière illégale", "se comportant ainsi de manière contraire à ses devoirs dans le cadre de son activité de secrétaire général" de l'organisation. 

Lire aussi

Nasser Al-Khelaïfi, par ailleurs mis en examen pour corruption active, en France, dans le cadre d’une enquête sur l’attribution des Mondiaux d’athlétisme 2017, n'est toutefois plus mis en cause dans ce dossier par la Fifa, qui avait initialement déposé la plainte à l'origine de cette enquête. Selon Le Monde, l'instance régissant le football a échelle mondiale a informé le MPC, fin janvier 2020, qu'elle avait trouvé avec le dirigeant qatari un "accord amiable", sans apporter plus de précisions, et qu'elle avait, en conséquence, retiré sa plainte pénale contre lui. Motif de la "satisfaction" exprimée dans son communiqué de ce jeudi.

Lire aussi

"Il est désormais admis que le contrat relatif aux droits médias des Coupes du monde 2026-2030 a été négocié et conclu dans le respect de toutes les règles applicables, en déduit Me Grégoire  Mangeat, l'un des avocats de Nasser Al-Khelaïfi, cité dans Le Monde. Notre client n’est plus accusé que d’une seule et unique infraction : d’avoir incité Jérôme Valcke à ne pas restituer à la Fifa de prétendus avantages. Cette accusation manque de sérieux. Elle n’a du reste été mentionnée pour la première fois que le 2 décembre 2019, à la surprise de toutes les parties, n’a pas été instruite, et notre client n’a jamais pu s’exprimer à son sujet." Charge, désormais, au Tribunal pénal fédéral suisse de lui en donner l'occasion, en fixant la date d'un éventuel procès.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent