Qui est vraiment Nicolas Anelka ?

Qui est vraiment Nicolas Anelka ?

DirectLCI
PORTRAIT - C'est un drôle de loustic qui vient d'accorder un entretien exclusif à metronews. Footballeur atypique au détachement permanent qui intrigue même ceux qui l'ont côtoyé de près, Nicolas Anelka est aussi très avare de sa parole publique. Itinéraire d'un enfant très gâté.

Décidément, Nicolas Anelka ne fait jamais rien comme les autres. Quand Mamadou Sakho, Tony Parker, Teddy Riner, Yannick Noah et autre Boris Diaw se font prendre en flagrant délit de "quenelle", en photo avec Dieudonné en marge de l'un de ses spectacles, tous assurent avoir réalisé ce geste sans connaître sa signification. Alors que l'ex-buteur de Chelsea, lui, l'a accompli en plein match, le 28 décembre, non pas parce qu'il s'était laissé gagné par l'euphorie après avoir marqué son premier but de la saison. Mais parce qu'il voulait exprimer, selon ses propres termes, son "soutien" à son "ami" , dont les spectacles venaient d'être interdits par Manuel Valls .

Une incartade qui lui a coûté cinq matches de suspension et une amende de 98 000 euros infligés par la Fédération anglaise. Mais pas que. "Suite aux entretiens entre le club et moi, des propositions m'ont été faîtes pour que je réintègre le groupe sous certaines conditions que je ne peux pas accepter. Souhaitant garder mon intégrité, j'ai donc pris la décision de me libérer et de mettre fin au contrat me liant avec West Bromwich Albion jusqu'en juin 2014, et ce dès à présent", écrivait-il sur sa page Facebook le 14 mars . Quelques semaines après avoir refusé une proposition de contrat de la Lazio de Rome que n'importe quel joueur, dans sa situation, aurait acceptée.

Deux carrières en une

Grand mystère que ce Nicolas Anelka. Certains, pour tenter de le dissiper, ont vite fait de ranger l'homme dans la catégorie des "enfants terribles du football", dans une case plus sulfureuse que celle où Eric Cantona ou Zlatan Ibrahimovic fascinent. Dans la mémoire collective des amateurs de ce jeu, le joueur incarne toutes les dérives du "foot-business" : départ de son club formateur (le PSG) à 17 ans pour rallier Arsenal en 1996, départ d'Arsenal pour le Real Madrid deux ans plus tard pour devenir le transfert français le plus cher de l'époque (18,29 millions d'€), retour au PSG la saison suivante pour à peu près la même somme, puis une lente descente aux enfers.

Derrière cela, les gens voient l'individualisme mis en avant au détriment des valeurs collectives de son sport. Alors que ses pairs admirent l'indépendance d'esprit de ce fils de fonctionnaires, qui s'est toujours fait représenter par ses proches plutôt que par des agents conventionnels. Un choix qu'Anelka, ex-jeune prodige, a payé dans la seconde partie de sa carrière, quand son image s'est mise à éclipser son talent. Soucieux de capter l'essentiel des gains engendrés par ses transferts, l'attaquant s'est perdu dans des clubs sous-dimensionnés comme Bolton ou Fenerbahçe. Un lent déclin à peine interrompu par une pigé de deux ans et demi à Chelsea, qu'il quittera pour la Chine (!) six petits mois avant avec que les Blues ne remportent la Ligue des champions 2012.

"Anelka se fiche complètement de perdre ou de gagner"

"C'est un excellent joueur mais il n'aimait pas s’entraîner, éclaire son ex-partenaire à Londres, le défenseur Alex. Il arrivait à l’heure qu'il voulait. Il était un peu rebelle, même pour l’âge (32 ans) qu’il avait à l’époque." Son coach d'alors, Avram Grant, émet, lui, un jugement plus radical encore : "Anelka est un joueur extraordinaire : la puissance, la vitesse... Par contre, il se fiche complètement de perdre le match ou de le gagner." Ceux qui le connaissent parlent plutôt d'une timidité maladive et d'un goût plus que prononcé pour l'anti-conformisme. Le contre-pied permanent.

Son "va te faire enculer" à l'adresse de Raymond Domenech en plein Mondial 2010 avait provoqué son exclusion du groupe mais aussi la fameuse grève de Knysna, puisqu'il est sérieusement soupçonné d'avoir soufflé l'idée à ses coéquipiers avant de quitter le bateau ivre. Parmi ceux qui étaient restés assis dans le bus ce jour-là, Thierry Henry, qui l’a côtoyé lors de ses années de formation à l’INF Clairefontaine, quand ils avaient entre 13 et 15 ans. "Quand tu es jeune, on t’explique que le foot est un sport collectif, raconte le meilleur buteur de l'histoire des Bleus et d'Arsenal. Mais c’est faux. Tu es toujours tout seul. Nico, il a compris ça dès le premier matin."

> Lire aussi l'interview exclusive accordée par Nicolas Anelka à metronews

Partie 1 : "Tout le peuple français insultait Domenech" Partie 2 :  "Dieudonné était un ami, c'est devenu un frère"

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter