Qui est Wanda Nara, la tonitruante épouse et agente de Mauro Icardi, le nouvel attaquant du PSG ?

Football

PORTRAIT – En recrutant Mauro Icardi le dernier jour du mercato, le PSG ne s’est pas seulement offert un attaquant de classe mondiale, mais aussi un couple à la réputation sulfureuse. Focus sur Wanda Nara, sa femme et agente, qui n’a jamais eu peur de défrayer la chronique, même sportive.

En Italie, elle a eu un match à son nom, le "Wandico" pour la presse italienne, le "Wanda Derby" pour le quotidien anglais The Guardian, qui avait consacré, une fois n’est pas coutume, une pleine page à un obscur match de Serie A entre la Sampdoria de Gênes et l’Inter de Milan, le 14 avril 2014. L’été précédent, l’attaquant Mauro Icardi était passé de l’un à l’autre et, ce jour-là, il avait cru bon de venir célébrer son but sous le nez de ses anciens supporters. Mais ce n’est pas ce qui avait alors intéressé les médias internationaux. Non, ce fut le refus de Maxi Lopez, attaquant de la Samp’, de serrer la main de son ex-coéquipier et ami juste avant le match, qui avait attiré toute l’attention.

Diego Maradona avait un jour résumé le scandale en ces termes : "Icardi est un traître, il va chez Maxi, il se fait passer pour son ami et lui pique ensuite sa femme. À l’époque où je jouais, il suffisait de regarder la femme d’un coéquipier pour être passé à tabac dans le vestiaire." L’affaire se trouve à l’origine d’un autre néologisme : en Argentine, le pays de naissance du couple, se faire "icardear" signifie maintenant, dans le langage courant, que votre femme vous a quitté pour un ami. La femme, en l’occurrence, c’est Wanda Nara, qui a ensuite obtenu la garde de ses trois enfants avec Maxi Lopez en révélant les multiples infidélités de son ex-mari, juste avant d’épouser Mauro Icardi.

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Elle représente aussi, depuis cette époque, les intérêts de l’attaquant argentin qui, grâce au travail de son agente exclusive, vient d’être prêté au PSG pour une saison (avec une option d’achat de 70 millions d’euros), après une dernière saison en demi-teinte à l’Inter... à cause de son agente exclusive (on y reviendra). Paris, qui vient de perdre Véronique Rabiot cet été (partie représenter les intérêts de son fils Adrien en Italie), retrouve donc une femme et agente de caractère, qui n’hésite jamais à mettre ses interlocuteurs sous pression, surtout si cela sert la carrière de son cher et tendre.

En 2019, Wanda Nara, âgée de 32 ans, compte 5,6 millions d’abonnés sur Instagram (plus que son mari), ce qui fait d’elle la quatrième femme issue du milieu du sport la plus suivie au monde (derrière Ronda Rousey, Serena Williams et Alex Morgan), en plus d’être à la tête d’une entreprise, World Marketing Football, qui a cumulé 3 millions d’euros de bénéfices entre 2015 et 2017. Toute sa vie, elle a semblé attirée par la célébrité. Durant ses jeunes années en Argentine, tandis qu’elle alternait les métiers de top-model, actrice et présentatrice, elle s’efforçait déjà de créer le buzz, faisant de chacune de ses sorties plusieurs articles dans la presse dite "people".

Mais c’est sa migration en Italie, consécutive à son union avec Maxi Lopez, avant sa séparation très médiatisée d’avec lui pour s’unir à une star montante du football mondial, capable de poser avec les enfants de son ex-ami sur les réseaux sociaux alors que le scandale bat son plein, qui ont assis pour de bon sa notoriété. D’abord en tant qu’agente, en parvenant à presque sextupler les émoluments de son mari en deux ans (de 900.000 à 5,3 millions mensuels, de 2015 à 2017) et à lui décrocher de juteux contrats publicitaires avec des marques de luxe. Souvent celles dont elle-même était déjà l’égérie. 

Ensuite en tant que personnalité publique, en multipliant photos aguicheuses et déclarations tapageuses, tout en médiatisant sans compter sa vie affective. "Toutes mes activités sont compatibles, c’est mon travail depuis que je suis môme, il y a des sponsors qui paient, je n’y vois rien de grave, confiait-elle à L’Équipe magazine début juin. Ce qui est grave, c’est de faire n’importe quoi dans la vie privée. Mauro et moi, on a un quotidien ennuyeux, loin de celui des VIP, vous ne nous verrez jamais en discothèque." En discothèque, non. Sur les plateaux télé, en revanche...

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Une bascule s’opère en septembre 2018, quand l’agente devient consultante pour "Tiki-Taka", l’émission phare de la chaîne berlusconnienne Mediaset, où ses sorties au vitriol sur la situation de son mari à l’Inter font des vagues. Beaucoup de vagues... "Ce n’est pas la première fois que Perisic (milieu de l’Inter parti depuis au Bayern, ndlr)) joue mal, et ses envies de départ sont peut-être liées à des problèmes personnels. (...) Si on me demande de choisir entre une prolongation et le recrutement d’un joueur qui lui donne cinq bons ballons, peut-être préférerais-je que Mauro ait une aide supplémentaire", disait-elle par exemple, le 11 février dernier.

Hasard ou conséquence : le brassard de capitaine sera retiré à son mari, en outre mis à l’écart de l’équipe première, deux jours plus tard. Suivra, lors de l’émission suivante, une séquence déjà dans les annales où, après le coup de fil de soutien d’un ancien président de l’Inter, elle fond en larmes sur le plateau, obligeant indirectement le nouveau directeur sportif du club, Giuseppe Marotta, à téléphoner en direct pour la rassurer. C’est qu’on est alors en pleine période de discussions pour une prolongation du contrat d’Icardi... qu’elle arrachera, finalement, en échange du départ de son mari pour le PSG.

Voilà tout Wanda Nara : une communicante audacieuse, guidée par toute la franchise qui la caractérise, conjuguée à une négociatrice hors pair. Son mari à peine arrivé à Paris, elle déclare ainsi : "Parmi les options que nous avions, le PSG était la pire, parce que je dois faire la navette avec les enfants, qui vont à l'école en Italie." Ou encore : "La priorité de Mauro sera toujours l'Inter." Sans jamais se soucier un instant de ce qu’on en dira. D'ailleurs, est-elle plus critiquée qu’un autre agent parce qu’elle est une femme ? "Moi-même, il m’arrive de tiquer quand j’entends une femme parler de football, répond-elle. Nous sommes les premières à être sexistes. Et en tant qu’agente, je ne m'attends pas à être traitée différemment. Sinon, ça voudrait dire qu’on m’enlève de l'importance." Ce qui, à ses yeux, figure sans doute le pire.

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