Qui peut suspendre un match de foot lors de propos racistes ou homophobes ?

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À LA LOUPE - "On se bat partout dans la société contre l’homophobie et le racisme et on l’accepterait dans nos stades ?" C'est la question posée par Emmanuel Macron, en marge de la finale de la Coupe du monde féminine de football, dimanche. Lorsque de tels propos sont entendus, il arrive que le match soit suspendu. Mais qui prend cette décision ?

"Il n’y a aucun sport dont l’ADN est le discours de haine. On se bat partout dans la société contre l’homophobie et le racisme et on l’accepterait dans nos stades ? On ne peut pas s’habituer sous prétexte qu’on serait dans un stade de football." Interrogé sur France Info avant la finale de la Coupe féminine de football, Emmanuel Macron a indiqué qu'il comptait intensifier la lutte contre les comportements les plus déplacés au sein des tribunes. Pour lui, il ne peut y avoir d'impunité lors des rencontres sportives. 

Un souhait relayé par la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, favorable aux suspensions de matchs en cas de propos racistes ou homophobes. Une solution appliquée récemment en France, comme en avril dernier alors que des cris de singe fusaient lors du match Dijon-Amiens. Mais qui décide d'une suspension de match de football ? 

Qui peut demander l’interruption d'un match de football ?

Lorsque des propos particulièrement injurieux se font entendre dans les tribunes, comme des insultes racistes ou homophobes, il est possible de suspendre un match. Cette initiative forte peut être déclenchée par l'arbitre, un joueur ou un délégué de la Ligue de football.

"En l’absence des délégués désignés, ou si aucun délégué appartenant à la Ligue de Football professionnel ne se trouve sur les lieux, les fonctions de délégué sont exercées par un membre du club visité, qui est tenu de s’adjoindre comme délégué adjoint un dirigeant du club visiteur", nous précise le ministère des Sports que nous avons contacté. Un dispositif qui est prévu dans les règles de la Ligue de Football professionnel. 

Si la demande émane d'un joueur, il doit s'adresser à l'arbitre. Ce fût le cas le 12 avril lors de la rencontre Dijon-Amiens où le match fut interrompu plusieurs minutes. Victime de cris de singe à son endroit par un supporter de Dijon, le capitaine de l'équipe d'Amiens, Prince Guano, a alors demandé la suspension du match à l'arbitre. Une requête acceptée, le temps que des joueurs s'adressent au public du stade Gaston-Gérard pour calmer la situation. L'individu a ensuite été identifié et placé en garde à vue. 

Les demandes de suspension peuvent également s'appliquer lorsque de tels propos sont tenus sur le terrain. Dans ce cas, le joueur insultant serait passible de sanctions sportives avec des mesures disciplinaires. 

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Un match pourrait-il être définitivement s'arrêter ?

Mettre fin à un match en raison de propos injurieux est une décision extrême mais techniquement possible. Contacté par LCI, l'UEFA nous explique qu'il existe, depuis une résolution adoptée en 2013, "une procédure en trois étapes pour arrêter un match." 

Premièrement, le jeu est d'abord arrêté et une mise en garde est alors adressée au public. Si cet avertissement reste sans effet, dans un deuxième temps, la rencontre peut être suspendue. Enfin dans un troisième et dernier temps, en cas de situation ingérable, le match est complètement arrêté après consultation des responsables de la sécurité. L'objectif étant de ne pas compliquer la situation dans un stade rempli de milliers de supporters. "Une défaite par forfait sera prononcée contre l'équipe responsable", nous précise l'UEFA. 

Apprendre le 'supportérisme'

La ministre des Sports propose une solution innovante pour en finir avec les comportements de ces supporters qui gangrènent les tribunes. Lors de son intervention sur l'antenne de France Info le 8 juillet, Roxana Maracineanu souhaite que les enfants soient sensibilisés dès le plus jeune âge au 'supportérisme'. 

"Il y une éducation nécessaire au ‘supportérisme’ qui passe par l’école, comme on apprend à aller au concert, au théâtre, à l’opéra", précise la Ministre. Une sensibilisation des plus jeunes aux bons comportements qui ne concernera pas que le football. Le ministère des Sports nous explique que Roxana Maracineanu compte réunir "un panel de clubs sportifs, d’organisateurs de grands événements sportifs et de fédérations pour réfléchir à des dispositions qui permettent de faciliter la venue de scolaires aux rencontres sportives et leur faire rencontrer des sportifs de tous horizons." 

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