Comment Bob Ratcliffe compte faire de l'OGC Nice la nouvelle place forte du foot français

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LIGUE 1 - Après plusieurs mois de tractations interminables, le rachat de l'OGC Nice a été officialisé lundi par Ineos, qui détient le club suisse de Lausanne-Sport et l'équipe cycliste anciennement Sky. Les nouveaux propriétaires niçois font le pari de la continuité et de jeunesse pour jouer les premiers rôles dans un futur proche.

Le rachat de l'OGC Nice est enfin scellé. Après de très longs mois de négociations, la saga à rebondissements qui a tenu en haleine la Côte d'Azur, polluant la fin de saison dernière, la préparation estivale et les premiers matches des Aiglons, a officiellement pris fin lundi 26 août avec le "closing". Le groupe pétrochimique britannique Ineos, dirigé par le milliardaire Jim Ratcliffe, a finalisé la reprise du club niçois contre un chèque avoisinant les 100 millions d'euros, faisant de cette opération le plus gros rachat d'un club loin devant l'OM (45 millions d'euros, en 2016) et le PSG (79 millions d'euros, en 2011).

"Nous pouvons confirmer qu'Ineos est actionnaire à 100% de l'OGC Nice, mais nous ne souhaitons pas divulguer le prix d'achat", a toutefois expliqué mardi 27 août lors de sa première conférence Robert Ratcliffe, frère de Jim et accessoirement président d'Ineos Football, propriétaire du club suisse de Lausanne-Sport. Après avoir rappelé qu'Ineos n'avait "jamais abandonné l'idée de racheter l'OGC Nice", malgré les contretemps, il a posé les grandes lignes du futur projet.

"Notre ambition, c'est d'atteindre le Top 4", a-t-il annoncé. "Nous pensons que la Ligue 1 est sous-évaluée si on la compare aux quatre autres grands championnats. Il y a de très grands clubs comme l'OL, comme l'OM, avec une grande histoire. Ce seront des concurrents. Paris sera aussi un concurrent. (...) On ne va pas promettre la C1 pour cette saison, ou pour celle d'après. Notre but est d'être en Ligue des champions d'ici trois ou cinq ans. Ce sera un pari difficile, mais nous voudrions que la Ligue 1 ait quatre clubs en Champions League. Si nous pouvons aider le championnat à grandir, ce sera positif pour tout le monde." 

Nous allons dépenser mais nous allons surtout bâtir- Robert RATCLIFFE, président d'Ineos Football

S'ils réclament "de la patience", les nouveaux dirigeants niçois se sont fixés une ligne de conduite claire. "Nous allons dépenser, mais nous allons surtout bâtir", a prévenu "Bob" Ratcliffe, dont la stratégie se rapprochera plus de celle du LOSC que de l'OM ou du PSG. "On n'atteindra pas le succès juste en investissant de l'argent. C'est la dernière chose qu'on va faire, se dépêcher de dépenser de l'argent. (...) Si nous voulons avoir du succès, c'est important d'investir dans de jeunes joueurs. Nous n'allons pas être un club qui va acheter des joueurs de 27 ou 28 ans". Selon Nice-Matin, les deux premières recrues de l'ère Ineos seront l'attaquant de l'Ajax Amsterdam, Kasper Dolberg (21 ans) et le milieu de Lorient, Alexis Claude-Maurice (21 ans). 

Toujours dans ce désir de bâtir, "la philosophie qui anime" la nouvelle équipe dirigeante, une synergie pourrait être créée avec son autre club francophone : Lausanne-Sport. "On va réfléchir à une synergie entre les deux clubs. (...) En Suisse, ils ont une excellente politique de formation, de très bons jeunes. Nous devons observer les meilleurs centres de formation du monde, comme celui de l'Ajax, pour atteindre le même niveau de qualité", a expliqué le responsable de la branche football d'Ineos.

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Le passé au service du présent

"Mais on aura aussi besoin d'expérience", a-t-il ajouté. Pour créer cette alchimie, les investisseurs britanniques comptent s'appuyer sur Dante, "un exemple", selon les mots du frère de l'homme le plus riche de Grande-Bretagne (19 milliards d'euros). Car Ineos a appris de ses erreurs passées. Lors du rachat de Lausanne-Sport en novembre 2017, l'ambition était de faire du club helvète un régulier sur la scène européenne. Mais, au lieu de bonifier l'équipe, les millions d'euros ont été dépensés à tort et à travers. Le club suisse, 5e du championnat au moment de leur arrivée, a dégringolé. Bien que des changements aient été apportés, il se retrouve aujourd'hui en deuxième division, très loin des ambitions européennes. Dans son communiqué, Jim Ratcliffe a d'ailleurs reconnu "quelques erreurs à Lausanne". Parmi elles, le fait de ne pas s'être entouré des bonnes personnes.

Sur la Promenade des Anglais, s'il n'est pas encore confirmé, le retour du duo formé par Jean-Pierre Rivère et Julien Fournier, dans une formule proche de celle qui a permis aux Aiglons de se structurer, s'inscrit dans cette logique. "Ce qu'ils ont fait à Nice entre 2011 et 2019 est impressionnant", a reconnu Robert Ratcliffe. Même chose pour Patrick Vieira, à qui Ineos renouvelle sa confiance au poste d'entraînement : "Il fait partie de notre projet, c'est un élément clé. C'est le profil idéal pour faire grandir une équipe et accompagner les jeunes joueurs." Et si le Gym avait finalement déjà tout d'un candidat au podium ?

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