Ranieri, Mahrez, Kanté, Vardy… L’incroyable parcours du carré magique de Leicester

Ranieri, Mahrez, Kanté, Vardy… L’incroyable parcours du carré magique de Leicester

Football
DirectLCI
FOOTBALL – Officiellement sacré champion d’Angleterre lundi soir, le Leicester FC raconte l’histoire d’un prodige anachronique dans une Premier League longtemps phagocytée par le richissime Big Four. Une histoire incarnée par quatre hommes et leurs propres histoires.

"Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait", avait formulé le romancier américain Mark Twain, sans avoir pourtant vu le moindre match de football. C’est que les miracles ont toujours existé. Et le jeu préféré des hommes a souvent été l’un de leurs terreaux les plus fertiles. Mais, à force de voir les montants des flux financiers culminer jusqu’à des hauteurs absurdes et totalement inégalitaires, on avait fini par ne plus y croire non plus en matière de ballon.

Heureusement, Leicester et son invraisemblable titre de champion d’Angleterre sont venus nous rappeler qu’empiler les meilleurs joueurs ne suffira jamais pour bâtir la meilleure équipe. Cette grâce collective est, du reste, incarnée par des individus, ayant eux-mêmes dû franchir des barrières a priori infranchissables. Focus sur quatre d’entre eux. Les plus emblématiques.

EN SAVOIR + >> Cinq (autres) choses à savoir sur Leicester, sacré champion d’Angleterre

Claudio Ranieri, le beautiful loser
"Let’s do it for Ranieri (Faisons-le pour Ranieri)", pouvait-on lire sur une pancarte tenue par un supporter de Chelsea, lundi soir à Stamford Bridge, où le nul arraché à Tottenham a officiellement sacré les Foxes. Les Blues n’ont pas oublié qu’avant José Mourinho, ils avaient eu l’Italien, licencié comme un malpropre pour laisser place à l’omnipotent Portugais. À Valence, à la Juventus, à la Roma ou à Monaco, ce fut la même histoire du coach que l’on vire facilement et sans scrupules, malgré des résultats honorables. "Qu’a-t-il gagné ? Une Supercoupe, une petite Coupe… Peut-être qu’il est trop vieux pour changer", avait cruellement résumé Mourinho.

Alors quand le bonhomme s’est fait virer de l’équipe de Grèce après un nul et trois défaites, dont une à Athènes face aux îles Féroé, toute la planète foot avait vite fait de l’enterrer. Il a pourtant retrouvé du travail dès le mois d’août dernier, Leicester jugeant son CV suffisamment solide pour lui permettre de maintenir le club. On connaît la suite : en créant une véritable cohésion de groupe, il a offert un terrain d’expression inespéré à des joueurs sous-côtés mais ainsi ultramotivés. À propos de son métier, il avait dit : "L’entraîneur est un parachutiste dont le parachute ne s’ouvre pas toujours." Aujourd’hui, on peut aussi parler de lévitation.

N’Golo Kanté, l'eau qui dort
La légende raconte que, à l’époque où il évoluait avec l’équipe réserve de Boulogne-sur-Mer (CFA 2), le milieu de terrain grimpait tous les matins une terrible côte en trottinette avec son sac sur le dos. C’était il y a quatre ans… De Suresnes au Nord-Pas-de-Calais, il végètera de longues années dans les rangs amateurs jusqu’à ce que le monde pro le repère sur le tard. Et pour cause : "N’Golo ne parlait jamais des professionnels. Il savait qu’il avait une technique au-dessus de la moyenne mais, comme ce n’était pas un flambeur, il ne se voyait pas devenir pro", nous avait confié l’un de ses amis d’enfance, fin mars.

Ce parcours (il s'est fait rembarrer par plusieurs clubs de Ligue 1 avant d'arriver à Caen en 2013) et cette humilité en font aujourd’hui l’un des chouchous du public anglais. Son jeu hyperactif, aussi. "Si la Terre était sous la menace d’un astéroïde, je suis persuadé que Kanté l’intercepterait", lâchait la semaine denière la vieille gloire Gary Lineker. Claudio Ranieri, lui, assure que "Ngolo a tellement d’énergie qu’un jour il centrera pour lui-même."

À LIRE AUSSI >> Equipe de France : le conte de fées de N’Golo Kanté

Ryad Mahrez, sur la vie de sa mère
"Halima, ma mère, a arrêté de faire des ménages. C’est ma fierté de pouvoir lui offrir ce luxe. Je ne lui rendrai jamais tout ce qu’elle m’a offert. Quand Quimper (en 2009) m’a proposé un essai, j’avais 18 ans. Le billet de train coûtait 160 euros. J’avais dit à ma mère : ‘T’inquiète, je vais te les rendre, je vais percer.’ Pas à mon retour de Quimper, puisqu’elle ne m’avait rien demandé. Depuis, je fais tout pour elle. J’aurais aimé commencer ma carrière plus près d’elle. Quimper, c’était vraiment loin. En une saison, je suis rentré une fois. Je vivais en colocation, je ne voulais pas qu’elle voie ça, j’avais un peu honte, c’était le bordel dans l’appart. Et puis le billet était cher. Je gagnais 700 euros par mois", raconte celui qui a rejoint Leicester en 2e division, en janvier 2014. Et que ses pairs viennent d’élire meilleur joueur de Premier League.

EN SAVOIR + >> Riyad Mahrez, la folle ascension d'un surdoué

Jamie Vardy, le blockbuster
Hollywood est sur le coup et on le comprend très bien. À 15 ans, Jamie Vardy est viré du centre de formation de Sheffield, club de sa ville natale, après une radiographie du poignet anticipant une croissance future trop chétive… S’en suit, de 2008 à 2012, une succession de clubs amateurs et de matchs pour le moins virils, l’attaquant grimpant alors un à un les échelons, jusqu’à signer son premier contrat pro à l’âge de 25 ans. En mai 2013, il voit son club de Leicester manquer d’un cheveu la remontée en Premier League depuis le banc de touche, assis au côté de Harry Kane. Trois ans plus tard, les deux hommes se tirent la bourre en tête du classement des buteurs de l’élite et s’apprêtent à disputer l’Euro 2016 ensemble sous le maillot de l’Angleterre. Elle est pas belle, la vie ?

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter