Penalty et carton rouge annulés : on vous explique l'incroyable décision de l'arbitre lors de Real-PSG

Real-PSG : le match en chiffres
Football

FOOTBALL – Avant l’égalisation miraculeuse du PSG en fin de match contre le Real Madrid (2-2) en Ligue des champions, une décision litigieuse de l'arbitre, un penalty et un carton rouge sifflés contre les Madrilènes puis finalement annulés, a bien failli faire basculer la rencontre. Décryptage.

"Le VAR vient de le confirmer : il y avait main de Maradona contre l’Angleterre." Ce sarcasme, tweeté ce mercredi matin par l’ex-directeur marketing du PSG, n’est que le dernier d’une longue série, entamée mardi soir à la 43e minute du match de Ligue des champions entre le Real Madrid et le PSG (2-2). 

Le moment où l’arbitre désigne le point de penalty après une faute du gardien du Real, Thibault Courtois, sur l’attaquant du PSG, Mauro Icardi, le portier belge écopant même, au passage, d’un carton rouge. Mais quinze secondes plus tard, l’arbitre, ayant eu recours au VAR pour consulter les images, annule cette "double peine", au motif que le milieu parisien Idrissa Gueye, avant-dernier passeur sur cette même action, avait commis une faute sur le défenseur madrilène Marcelo, deux minutes plus tôt. 

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D’où le sarcasme susmentionné, renvoyant à une polémique d’arbitrage (la fameuse "main de Dieu") datant de 1986, manière de dire que l’arbitre, mardi soir, aurait pu remonter jusqu’au début du match pour trouver une faute, et donc qu’il avait la volonté, au moins inconsciente, de favoriser le Real au détriment de Paris. 

Une posture victimaire, disons-le, assez classique s’agissant de supporters revendiquant volontiers leur mauvaise foi, mais qui témoigne aussi d’une perplexité plus largement partagée : depuis quand un arbitre peut-il ainsi remonter le temps et revenir à une faute antérieure, alors qu’il est censé juger, sur le moment, une action venant d’avoir lieu ?

Depuis très longtemps déjà, un arbitre peut, via la loi 5 du règlement international de la Fifa, revenir à une faute antérieure après avoir "laissé l’avantage", c’est-à-dire laissé jouer l’équipe victime de la faute pour voir si l’action qui suit ne lui profite pas plus que le coup franc qu’il aurait sifflé. 

Pour ce faire, il dispose d’un délai de cinq secondes, au-delà duquel il ne peut plus revenir sur la faute non sifflée. Durant ces cinq secondes, si l’équipe victime perd le ballon, alors l’arbitre siffle coup franc et le ballon est placé à l’endroit de ladite faute. C’était le seul cas de figure existant... jusqu’à l’avènement du VAR, l’assistance vidéo à l’arbitrage, mis en place en 2018 avec son lot de nouvelles règles. C’est sur l’une d’elles que s’est appuyé l’arbitre de Real-PSG.

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En fait, le nouveau règlement offre deux cas de figure supplémentaires permettant à l’arbitre de revenir à une faute antérieure : dans le cas où la vidéo est utilisée pour valider ou non un but, et dans celui où elle est utilisée pour valider ou non un penalty. Dans ces deux cas, l’arbitre vidéo, assistant de l’arbitre central dont les yeux sont rivés sur son écran durant tout un match, peut alerter l’arbitre central dans son oreillette. Ce dernier peut ensuite choisir de consulter les images et devient ensuite l’unique décisionnaire de ce qu’il convient de siffler en conséquence. 

Le règlement, c'est toujours difficile mais il est dit qu'il (l’arbitre) a le droit de le faire si c'est une erreur grave. Honnêtement, ce n'est pas une erreur grave.- Leonardo, directeur sportif du PSG

"Le règlement, c'est toujours difficile mais il est dit qu'il (l’arbitre) a le droit de le faire si c'est une erreur grave. Honnêtement cette faute-là, on peut en discuter mais ce n'est pas une erreur grave", a affirmé le directeur sportif du PSG, Leonardo, après la rencontre... Sauf que le règlement en question, à aucun moment, n’évoque la supposée "gravité" de la faute commise, simplement son caractère "manifeste" c'est-à-dire "lorsque toute personne neutre pourrait affirmer qu'il y a erreur (y compris les spectateurs) et si l'arbitre lui-même aurait changé sa décision en revoyant la situation"... 

Pour le reste, "l'arbitre vidéo peut revenir en arrière, jusqu'au début de l'action, précisément à la récupération du ballon de l'équipe qui attaque, pour juger d'une éventuelle infraction", stipulent encore les lois du jeu. 

L’arbitre Arturo Dias, qui avait distinctement vu la poussette d’Idrissa Gueye sur Marcelo deux minutes auparavant  et avait décidé de ne rien siffler (voir la capture d'écran ci-dessus), n’a donc fait qu’appliquer le règlement en consultant les images de toute l’action, et pas seulement l’intervention ratée de Thibault Courtois devant Mauro Icardi. Le hic, en l’occurrence, c’est qu’à l’usage, la plupart des arbitres ne le font pas, ou ne le font plus, depuis que, dans le championnat italien (où le VAR est utilisé depuis 2017, soit un an avant sa promulgation en Ligue des champions), ce type de décisions a déclenché de vives polémiques. 

On peut donc en déduire que l’arbitre de Real-PSG était hésitant sur la faute d’Idrissa Gueye, et que le penalty consécutif lui a, singulièrement, permis de vérifier, avec la vidéo, s’il s’était trompé ou non. De fait, il s’était trompé.

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