Real Madrid : Zinedine Zidane fait la révolution à la Maison blanche

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FOOTBALL – Vainqueur de la Supercoupe d’Europe, mardi soir, face au FC Séville (3-2 a.p), Zinedine Zidane a remporté son 2e trophée depuis qu’il a pris la tête du Real Madrid en janvier. Mieux : l’entraîneur est en train de bouleverser tous les codes de son club en faisant confiance aux jeunes pousses de son effectif. Sans pour autant perdre l’adhésion de ses cadres.

Trois images ont imprimé notre rétine tandis que le Real Madrid suait sang et eau pour venir à bout du FC Séville (3-2 a.p), mardi soir à Trondheim, et remporter ainsi la prestigieuse Supercoupe d’Europe. D’abord la plus évidente : celle d’un coach interrompu et arrosé par ses joueurs en pleine conférence de presse d’après-match. Une rareté à l’échelle d’un club aussi politique et exposé que le Real Madrid, habitué aux titres et aux non-dits pesants. Cela dit l’adhésion du groupe.

Ensuite la plus crispante, saisie juste avant la prolongation : celle d’un coach tentant de donner des consignes à un James Rodriguez à l’air absent, apparaissant comme encore vexé d’avoir débuté la rencontre sur le banc. Le Colombien, pourtant, fut tout près, à deux reprises, d’inscrire le but de la victoire avant que Dani Carjaval ne s’en charge, peut-être particulièrement motivé par l’idée de prouver à son entraîneur qu’il avait eu tort de ne pas le faire débuter. Cela dit l’autorité.

Enfin la plus forte : celle d’un onze de départ où ne figuraient ni James Rodriguez (donc), ni Luka Modric, ni même Karim Benzema. À leurs places : Mateo Kovačić, Marco Asensio ou Lucas Vázquez. Soit des oisillons habitués aux miettes, qui restent habituellement au fond du nid les soirs où les trophées sont en jeu. Cela dit à la fois le culot et la cohérence de Zinedine Zidane.

Certes, le technicien déplorait les absences de Toni Kroos, Gareth Bale et Cristiano Ronaldo. Mais, sur son banc, se trouvaient des cadres qui, s’ils n’étaient pas à 100%, auraient néanmoins pu débuter et jouer plus d’une heure (leur entrée en jeu et le déroulement de la prolongation l’ont prouvé). On parle donc là d’un choix fort du coach. Un choix qui vient valider les efforts des jeunes à l’entraînement et durant les matchs de préparation. Un choix qui montre, aussi, que le passage du Français sur le banc de l’équipe réserve n’est pas qu’une ligne sur son CV. Le symbole est puissant : de son côté, Luis Enrique, lui aussi passé par la Cantera du Barça, rechigne à s’appuyer sur ce vivier maintenant qu’il entraîne l’équipe A de l'institution catalane.

Il ne faut pas négliger cet aspect : en filigranes, c’est une révolution qui se dessine, dans un club où l’achat de superstars à prix d’or fait figure de tradition, voire d'ADN. Zidane après le match : "Si on ne peut pas acheter de joueurs, alors on n'en achètera pas. On a des joueurs qui ne sont pas entrés sur le terrain aujourd'hui, quatre ou cinq joueurs de plus. Donc je pense qu'on a une très bonne équipe, on a des joueurs d'expérience, des joueurs jeunes, et c'est ça que je veux dans cette équipe. Et au bout du compte c'est toujours pareil, c'est le groupe qui est important, qui fait la différence." Et qui, tout à sa joie, finit par arroser le crâne chauve de l’entraîneur.

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