Rennes, la peur aux trousses

Rennes, la peur aux trousses

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FOOTBALL - Laminé dans le jeu et l'envie par Guingamp samedi (2-0), Rennes a vécu un retour à la normale compliqué, entre grogne des supporters et doutes sur son avenir. Pas de quoi préparer au mieux le déplacement à Paris, pour lequel les Bretons semblent s'avancer en victime.

On a beau être les champions autoproclamés de l'apéro en Bretagne, il n'est pas impossible d'avoir la gueule de bois. Les Rennais peuvent en témoigner. Battus samedi soir en finale de la Coupe de France (2-0) , ridicules dans le jeu, sifflés par les supporters au Stade de France, les joueurs du Stade Rennais semblaient tombés bien bas. C'est encore pire, depuis qu'ils sont retournés à leur quotidien, affublés de l'étiquette de losers.

Pour leur reprise, lundi, les Rouge et Noir ont eu la désagréable surprise de voir une cinquantaine de supporters, sur le qui-vive à 11 heures, les attendre. Désagréable ? Oui, car ceux-ci n'étaient pas là pour les réconforter mais pour crier leur ''honte''. Entourés de cinq agents de sécurité, ils ont lancé quelques applaudissements ironiques à l'adresse des joueurs, leur reprochant 'un manque de respect total' après leur prestation . Allant jusqu'à clamer : ''Vous devriez avoir honte de porter ce maillot.''

Joueurs insultés, entraîneur menacé ?

Des critiques qui ont fait sortir de leurs gonds Jean-Armel Kana-Biyik, un des anciens du club (il y est depuis 2010) qui a rarement failli, et Foued Kadir. Les deux Rennais ont tenté de s'expliquer avec les fans mais ont été retenus par leurs coéquipiers. Après l'entraînement, qui a finalement eu lieu sur un terrain plus éloigné, donc au calme, le défenseur et le milieu de terrain ont à nouveau été chahutés par les supporters. Comme Philippe Montanier, le coach, qui ne s'est pas arrêté pour discuter.

Le technicien symbolise d'ailleurs la crispation qui règne en Ille-et-Vilaine. Arrivé avec l'auréole du meilleur entraîneur de Liga , le Normand déçoit pour sa première saison. Pas de fond de jeu, message qui ne passe pas auprès des joueurs (sinon, ils auraient réagi en seconde période samedi), manque de poigne : voilà les reproches qui lui sont faits. ''La part de responsabilité de l'entraîneur ? Elle est toujours totale dans les défaites, jamais dans les victoires d'ailleurs, assume Montanier. Je me sens toujours responsable quand on perd. Je suis celui qui fait l'équipe et entraîne.''

A la Real Sociedad, il avait assuré tardivement le maintien la première année avant de hisser son collectif jusqu'aux barrages de la Ligue des champions la seconde. Le même schéma est-il possible à Rennes ? La première partie l'est, tout du moins. Car avec seulement 3 points d'avance sur Sochaux , qu'il reçoit dans une semaine, le Stade Rennais n'est pas encore maintenu. Et le déplacement au Parc des Princes, face à un PSG qui, fort du retour de Zlatan, peut s'assurer le titre , n'est pas le meilleur des matches pour se refaire la cerise. La gueule de bois pourrait même empirer.

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