Sébastien Haller : "On ne s'attendait pas du tout à me retrouver à ce niveau"

Football
INTERVIEW – Auteur de 27 buts en 2015, Sébastien Haller cartonne sous les couleurs du club néerlandais d'Utrecht. Formé à Auxerre, le jeune attaquant de l'équipe de France Espoirs (21 ans) marche dans les pas de Giroud et Griezmann, les meilleurs buteurs français en Europe. Ses performances ne passent pas inaperçues du côté de l'Angleterre et de l'Ajax Amsterdam où les rumeurs l'envoient dès le mercato hivernal. Présentation.

Coéquipier de Fekir ou encore Martial en équipe de France Espoirs, le jeune Sébastien Haller (21 ans) a fait le choix d'aller aux Pays-Bas il y a un an. À Utrecht, dans le ventre mou du Championnat néerlandais, l'ancien Auxerrois (sous contrat jusqu'en 2019) n'en finit plus de marquer. Au point de venir titiller les meilleurs buteurs français expatriés aux quatre coins de l'Europe, et forcément d'attiser les convoitises. Il nous raconte son aventure batave.  

Comment débarque-t-on aux Pays-Bas quand, depuis l'âge de 13 ans, on a évolué sous le maillot d'Auxerre ? Pourquoi avoir choisi ce Championnat plutôt qu'un autre ?
La saison dernière, je ne jouais plus vraiment à Auxerre (L2), la situation devenait vraiment compliquée pour moi. Mais un soir, je suis titulaire, je fais une prestation plutôt convaincante sous les yeux d'un recruteur d'Utrecht qui était venu me voir jouer face à Lille, fin octobre 2014. À la base, je n'étais pas vraiment prêt à aller à Utrecht à ce moment-là, ce n'était pas mon objectif. Mais compte tenu de ma situation à Auxerre, j'ai pris la décision d'aller voir ailleurs au mois de décembre, pour découvrir un nouveau challenge après avoir passé huit années à l'AJA. C'était une nouvelle aventure, un nouveau départ, un défi.

Comprenez-vous que le choix de rejoindre les Pays-Bas puisse étonner, sachant que l'Eredivisie est peu médiatisée et qu'Utrecht est un club qui dispute très rarement la Coupe d'Europe ?
C'est normal. Ensuite, j'avais eu la chance d'être sélectionné avec les Espoirs en étant à Auxerre, en L2, qui n'est pas non plus un Championnat très médiatisé. Même moi, je ne connaissais pas grand-chose d'Utrecht, du pays, de la ville, du Championnat, donc c'était un risque à prendre. Je n'ai pas réfléchi, l'opportunité s'est présentée à moi, et les choses n'arrivant jamais par hasard, j'ai décidé de faire le grand saut.

Un an après votre arrivée à Utrecht, quel regard portez-vous sur le Championnat des Pays-Bas et sur Utrecht, qui occupe actuellement la 8e place de l'Eredivisie ?
Tout d'abord, j'ai été agréablement surpris par l'accueil que j'ai reçu à Utrecht, je n'ai pas eu d'excuse pour ne pas performer directement, car on m'a mis dans de très bonnes conditions. Les Néerlandais ont le sens de l'accueil, ils savent nous mettre à l'aise. Ensuite, l'Eredivisie est moins basée sur les duels et le combat physique que la L2. Il y a une volonté de jouer au sol, les matches sont très ouverts, ça score beaucoup. Il y a une différence de niveau entre les gros (l'Ajax et le PSV) et les derniers, mais ça donne des matchs sympas à jouer.

La saison passée, vous aviez inscrit un quadruplé historique, quelques semaines seulement après votre arrivée à Utrecht, que ressent-on au sortir d'une telle prestation ?
Je n'avais pas réalisé tout de suite. C'était mes premiers buts avec Utrecht en compétition officielle, donc quand on débute par un quadruplé, on ne se rend vraiment pas compte de ce qu'on fait. Ce sont les amis, la famille qui, dans un moment pareil, nous font prendre conscience qu'on vient de réaliser quelque chose qui n'est pas commun. Honnêtement, c'était un moment spécial dans ma carrière. Cela m'a tout de suite permis d'être en symbiose avec le club, les supporters. Ils n'avaient pas pu voir beaucoup de matchs de moi, donc en marquant quatre buts d'un coup, c'est clair que ça m'a servi d'accélérateur.

Imaginiez-vous faire parmi des quatre meilleurs buteurs français en Europe sur l'année 2015 (27 buts) ?
Quand on regarde un peu en arrière, je me dis que j'ai fait un très bon choix en venant ici et on ne s'attendait pas du tout à me retrouver à ce niveau. Je savoure un peu quand même, c'est un truc auquel je n'aurai pas pensé il y a encore quelques mois, mais ça donne envie de continuer et de poursuivre dans une telle dynamique. Je sais que je peux encore marquer davantage.

Dans ce club très fermé, vous côtoyez du beau monde : Gignac (28), Giroud (31), Griezmann (29), Benzema (22)... C'est valorisant de se retrouver au milieu de ces noms ?
Ah c'est clair. Quand on voit qu'on est sur la même image que des joueurs de l'équipe de France A, ça fait son petit effet,  on se dit "Wahou" quand on voit ça. L'ego en prend un bon coup.

Au point de céder aux approches répétées de clubs anglais (dernièrement, Norwich se serait positionné selon L'Equipe de ce lundi, ndlr) ?
Pour l'instant je suis vraiment concentré sur Utrecht et je veux leur rendre un maximum la confiance qu'ils ont placé en moi. Concernant les futures opportunités, on en discutera avec le club et les personnes concernées, pour le moment on est "focus" sur la fin du mois de décembre.

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