Ses ex-coéquipiers nous racontent leur Thierry Henry

Football
LÉGENDE - Le secret de polichinelle est devenu une information. Mardi, Thierry Henry (37 ans) a officiellement raccroché les crampons après 20 ans passés au plus haut niveau. L'occasion pour metronews de demander à certains de ses anciens coéquipiers quel souvenir ils gardent du meilleur buteur de l'histoire des Bleus et d'Arsenal.

Sonny Anderson, qui l'a vu débuter à l'AS Monaco de 1994 à 1997
"Titi, je n'en garde que de bons souvenirs. Je l'ai vu arriver chez les professionnels, bien avant qu'il devienne l'un des meilleurs joueurs du monde. Je retiens surtout sa volonté de devenir un grand joueur. Il voulait déjà jouer avant-centre mais à l'époque, à Monaco, c'était compliqué (Sonny Anderson occupait le poste, ndlr). Le fait qu'il ait réussi à s'imposer à ce poste plus tard dans sa carrière illustre bien toute sa détermination. C'est sa longévité qui en fait un attaquant exceptionnel. Il n'a pas seulement voulu être un grand joueur, il a aussi tout fait pour le rester. Sa carrière, il l'a commencée et il l'a finie au top niveau. C'est son vrai point fort. Dès ses 18 ans, on pouvait imaginer qu'il aurait un grand avenir. Il était déjà obsédé par le but et très exigeant avec lui-même. Il ne relâchait jamais ses efforts durant le moindre entraînement ou le moindre match. Sa réussite, c'est celle d'un travailleur. Les gens confondent le personnage qu'ils voient à la télé avec l'homme. Pour avoir vécu avec lui et pour le côtoyer encore aujourd'hui, je peux vous dire qu'il a toujours conservé la même simplicité. Il n'est ni fermé, ni arrogant, contrairement à ce qu'on entend."

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Vincent Candela, qui l'a côtoyé en équipe de France de 1997 à 2002
"Ça m'a attristé d'apprendre qu'il arrêtait. C'est quelqu'un qui a vraiment beaucoup donné au football. Mon souvenir de lui le plus riche date de la Coupe du monde 1998, il y a 16 ans... On était très très jeunes et on pensait surtout à s'amuser. On ne faisait que rigoler. C'était quelqu'un qui prenait son métier très au sérieux, mais toujours avec le sourire. C'est l'image que je garde de lui : la passion décontractée. Sur le terrain, y compris à l'entraînement, c'était une fusée avec un ballon. Je me souviens aussi de son court passage en Serie A, à la Juventus (en 1999). Je jouais avec la Roma et on s'était affrontés. Il était dans le moment le plus difficile de sa carrière. Même Platini et Maradona ont eu besoin d'un temps d'adaptation en Italie. C'est toujours compliqué pour un étranger au début, surtout au niveau tactique. Thierry et son club ont manqué de patience. Mais on ne peut pas parler d'échec. Il est parti au bout de six mois puis il a explosé à Arsenal."

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Alain Boghossian, qui l'a vu débuter et finir en équipe de France, de 1997 à 2010
"J'ai eu le plaisir immense de partager sa toute première sélection (à Lens contre l'Afrique du Sud, 2-1 le 11 octobre 1997). On débutait tous les deux chez les Bleus ce jour-là. J'avais sept ans de plus que lui et j'étais impressionné de voir autant de qualités chez un joueur de 19 ans. Moi, je le mets au même niveau que Michel Platini, Alain Giresse ou Zinedine Zidane. C'est un monument qui a marqué son temps, y compris aux États-Unis en fin de carrière. Ce que je regrette, c'est que les gens en restent à cette main contre l'Irlande en 2009 et à la polémique. Alors que son tir au but, à 20 ans, en quarts de finale de la Coupe du monde 1998 contre l'Italie ou son but de la victoire contre le Brésil en 2006 ont été beaucoup plus importants. Aujourd'hui, quand un jeune cherche le 2e poteau avec son plat du pied, tout le monde dit 'à la Thierry Henry'. C'est une référence et une marque de son immense talent. Son aisance était tellement belle... Sur le terrain, il parlait beaucoup, avait faim de ballons et mettait n'importe quel défenseur au supplice. Dans une carrière, on ne croise qu'un ou deux joueurs comme ça, pas plus. Dans la vie, il était discret mais surtout très passionné. Même quand il jouait à Arsenal, il pouvait vous donner le onze titulaire d'une équipe de L2 française ou d'une sélection exotique ! C'est une machine, une Bible vivante du football. Je ne comprenais pas où il trouvait le temps et l'énergie d'enregistrer tout ça. Il devait décortiquer les journaux à la virgule près. En tout cas, sur Sky Sports, il sera le meilleur des consultants . On a aussi (mal) terminé ensemble, à la Coupe du monde 2010, où j'étais entraîneur adjoint quand lui vivait ses derniers moments en sélection. On lui a reproché de ne pas avoir interrompu la grève de Knysna et c'était injuste. Il n'a pas aimé ce qui s'est passé mais il était sur le déclin physiquement et venait de perdre son brassard. Il n'avait plus le poids nécessaire pour être entendu. Et puis, il s'est senti délaissé. Logiquement, il s'est mis en retrait de lui-même. De toute façon, le bateau avait déjà coulé."

Éric Abidal, qui l'a côtoyé en équipe de France de 2004 à 2010 et à Barcelone de 2007 à 2010
"Quand je pense à Thierry Henry, il y a quelques adjectifs qui me viennent... C'est quelqu'un de très généreux, sympathique, un grand professionnel et, surtout, un papa exemplaire. Lors de ma maladie (une tumeur au foie, ndlr), il a fait le déplacement depuis New York à Barcelone pour venir me voir à l'hôpital alors qu'il devait jouer un match. Avant ce geste, mais aussi avec ce geste, il m'a montré que l'amitié et une chose très importante à ses yeux. Je me souviens aussi du but qu'il a mis en Ligue des Champions avec le FC Barcelone contre les Celtic Glasgow... Juste après, je lui ai fait un commentaire. Je ne veux pas le dévoiler mais on a été pris d'un énorme fou rire."

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