Sous la pression de la Fifa, l’Iran autorise 3500 femmes à assister à un match de l’équipe nationale

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FOOTBALL - Quelque 3500 supportrices devraient assister ce jeudi à Téhéran au match de qualification pour le Mondial 2022 entre l’Iran et le Cambodge, après avoir pu acheter leur billet pour cette rencontre. Une première dans le pays depuis près de quarante ans.

Pour s’être vue refuser l’accès à un stade de football (alors qu’elle s’était déguisée en homme), Sahar Khodayari, supportrice de l’Esteghlal FC de Téhéran âgée de 30 ans, s’est immolée devant un tribunal de la capitale iranienne à la mi-septembre. Un suicide qui a déclenché une vague d’indignations à travers le monde, certaines célébrités allant jusqu’à demander l’exclusion de l’Iran des compétitions internationales...  Et qui a conduit à une décision historique : pour la première fois depuis près de quarante ans, 3500 Iraniennes ont été autorisées à acheter des billets pour le match Iran-Cambodge de ce jeudi, comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2022, et donc à y assister.

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C’est la venue, il y a quelques semaines, d’une délégation de la Fédération internationale des associations de football (Fifa), consécutive au décès de Sahar Khodayari, et les menaces concrètes de sanctions brandies par les officiels, qui ont permis cette ouverture inédite, après plusieurs années de pression en ce sens par l’instance internationale régentant le football à échelle planétaire, "pour assurer la liberté et la sécurité de toutes les femmes engagées dans cette bataille légitime pour mettre fin aux interdictions d’entrer dans les stades", selon tes termes de son dernier communiqué.

Les femmes sont bannies des stades en Iran depuis la révolution islamique en 1979, pour être protégées de "l’atmosphère masculine" et de la "vue d’hommes à moitié dévêtus", arguaient les responsables religieux. Celles qui, ces dernières années, avaient tenté de braver l’interdiction ont été arrêtées et poursuivies en justice, comme ce fut le cas de Sahar Khodayari.

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Quelque chose va donc changer, ce jeudi, en Iran. "Je n’arrive toujours pas à croire que cela va arriver. Après toutes ces années à regarder tout à la télévision, je vais maintenant pouvoir vivre ça en personne", s’est ainsi réjoui, auprès de l’AFP, Raha Pourbakhsh, journaliste sportive locale, pas peu fière d’exhiber son billet électronique sur son téléphone portable. 

Toutefois, même ce symbole puissant présente de cruelles limites. En effet, contrairement à ce qui se fait dans les théâtres ou les cinémas de Téhéran, où hommes et femmes peuvent s’asseoir côte à côte, les supportrices qui se rendront ce jeudi au stade Azadi ("stade de la Liberté", en persan) seront parquées dans une tribune exclusivement dédiée aux femmes, sous l’étroite surveillance de 150 policières.

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