Suède-France : qui est Dayot Upamecano, la (future) nouvelle star de la défense des Bleus ?

Suède-France : qui est Dayot Upamecano, la (future) nouvelle star de la défense des Bleus ?
Football

FOOTBALL - Convoqué pour la toute première fois en équipe de France, le solide défenseur central de Leipzig devrait débuter la rencontre en Suède de ce samedi 5 septembre. Focus sur son parcours.

A entendre Didier Deschamps, Dayot Upamecano n'aurait aucun défaut. "C'est un joueur qui est fort athlétiquement, qui va vite et qui est bon dans les duels, en plus de bien manier le ballon", a en effet listé le sélectionneur lorsqu'il justifia la toute première convocation en équipe de France A du défenseur du RB Leipzig, âgé de 21 ans, jusqu'ici abonné aux Espoirs (15 sélections). "J'ai senti que c'était le moment pour le préparer aussi", a ajouté le coach, qui le titularisera même dès le match de reprise, ce
soir samedi 5 septembre, en Suède, en ouverture de la Ligue des nations. Une énorme, et rare, marque de confiance.

Il crève l'écran en Ligue des champions

Il faut dire que le jeune homme a franchi un palier cet été, lors du "final 8" de la Ligue des champions, en étant sacré homme du match lors du quart de finale remporté contre l'Atlético de Madrid (2-1), puis en se montrant impressionnant de facilité face à Neymar et ses coéquipiers du PSG en demi-finale, malgré la  lourde défaite de son équipe (0-3). La preuve : le club parisien entendrait désormais le recruter, comme le Real Madrid ou Manchester United, selon la rumeur...

Avant tout cela, c'est sur le bitume du city stade du quartier de la Madeleine, en bas de ses fenêtres, à Evreux (Eure), que tout a commencé pour celui qui se prénomme en fait Dayotchanculle, en hommage à l'un de ses arrière-grands-pères qui fut chef de village en Guinée-Bissau, le pays d'origine de ses parents. Des parents séparés, dont la mère tenait un stand de coiffure sur les marchés, que l'enfant devait installer puis démonter avec elle, entre deux parties de football.

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Dyslexique à cette époque, Dayot Upamecano peine à s'exprimer par le langage, accumulant du retard à l'école. Mais en parallèle, il éblouit son monde ballon au pied, en étant surclassé dans toutes les catégories d'âge du club d'Evreux, où il a notamment côtoyé Ousmane Dembélé, futur champion du monde 2018. A 14 ans, il accompagne un ami pour effectuer un essai à Valenciennes, où les recruteurs peinent alors à croire qu'aucun club d'envergure ne lui ait mis le grappin dessus.

Deux ans plus tard, alors qu'il n'a donc que 16 ans, mais flambe déjà dans les sélections de jeunes de l'équipe de France, Arsenal, la Juventus, l'Inter, l'AC Milan, l'OM ou encore le Bayern Munich viennent toquer à sa porte dans le Nord. Manchester United est tout proche de rafler la mise, mais c'est finalement le RB Salzburg qui l'emporte, contre 2,2 millions d'euros et une promesse de temps de jeu qu'aucun des autres clubs ne pouvaient offrir.

Plus c'est difficile, plus il a envie de se transcender. Il adore les défis.- Mathieu Bodmer

S'en suit une fulgurante, mais très progressive ascension, via un prêt en Ligue 2, puis une intégration en douceur dans l'équipe première du club autrichien, jusqu'à son transfert, contre 10 millions d'euros, à Leipzig, l'autre club européen dans le giron de Red Bull. Mathieu Bodmer, 37 ans, ex-joueur professionnel mais aussi ancien président du club d'Evreux, raconte au Parisien : "Tout le monde l'a découvert cet été mais il a déjà 150 matchs professionnels dans les jambes. J'ai joué contre lui en Ligue Europa avec Nice, et quel match il a fait, à seulement 18 ans ! Je me souviens qu'il était heureux d'avoir Mario Balotelli en face de lui, et il l'a mis dans sa poche. Il est comme ça. Plus c'est difficile, plus il a envie de se transcender. Il adore les défis."

Celui qui l'attend, désormais, en équipe de France devrait lui plaire. Il s'agit de convaincre le sélectionneur de l'installer dans le groupe, puis de chiper une place de titulaire à l'un des joueurs en place. Sa chance : Didier Deschamps aimerait passer à une défense centrale à trois éléments, ce qu'il expérimentera dès ce samedi à Solna, contre deux auparavant. Soit une place de plus à son poste, où elles sont particulièrement chères, une charnière devant rester stable pour solidifier une équipe.

Comment fait-il pour se trouver ainsi toujours au bon endroit, au bon moment ? "Je garde les pieds sur terre et je ne me mets pas la pression, a-t-il calmement répondu, mardi 1er septembre, lors de sa toute première conférence de presse en Bleu. Ce n'est pas facile d'être en concurrence avec d'aussi grands joueurs mais c'est encore mieux pour ma progression de travailler avec Varane, Kimpembe ou Lenglet, des joueurs qui ont l'expérience. Je suis là, je continue à bosser et on verra ce que réserve l'avenir. C'est une nouvelle étape. Ce que je veux, c'est progresser, pas autre chose. Depuis les U16, j'ai fait toutes les catégories et c'était un rêve de venir prendre le petit-déjeuner ici et d'être dans le château. Le travail a été récompensé." Aucun défaut, on vous dit.

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