Sur les traces de Thomas Lemar, le "monsieur plus" de Monaco qui débarque en équipe de France

Sur les traces de Thomas Lemar, le "monsieur plus" de Monaco qui débarque en équipe de France
Football
DirectLCI
PORTRAIT – Entre les retours de Falcao et de Valère Germain cet été, et dans l‘ombre du leader technique, Bernardo Silva, tout le monde avait un peu fini par oublier que Thomas Lemar jouait à l’AS Monaco. Mais jeune homme (20 ans) s’est chargé de le rappeler en réalisant un très bon début de saison. Tellement que Didier Deschamps l'a appelé en Bleu pour remplacer Kingsley Coman.

Il y a des semaines comme ça où tout vous sourit. Où, quoi que vous tentiez, porté par la grâce, vous le réussissez. Des semaines où vous provoquez la chance, comme on dit. Thomas Lemar en vit des comme ça régulièrement depuis le début de cette saison. Et notamment en septembre dernier, lorsque, remplaçant au coup d’envoi de Tottenham-Monaco en Ligue des champions, il a vu Nabil DIrar se blesser d’entrée de jeu, l’a remplacé, puis a marqué le but d’une victoire (1-2) de prestige à Wembley. Une performance remarquée qu'il a depuis reproduite (5 buts et deux passes décisives toutes compétitions confondues), au point convaincre son entraîneur, Leonardo Jardim, de le conserver dans son onze de départ. Une suite logique dans le parcours de ce surdoué, aussi discret qu’incontournable.

Lire aussi

C’est à Baie-Mahault, considérée comme le poumon économique de la Guadeloupe, que l’International Espoirs français voit le jour, fourbissant ses armes dans le petit club de la Solidarité Scolaire de sa ville natale. Surclassé dans toutes les catégories d’âges de divers clubs, il finit ensuite par intégrer l’élite footballistique de son île, le centre de préformation de Guadeloupe. C’est là que son Destin bascule. "J'avais participé à un stage là-bas en 2008. J'ai eu la chance de le voir avant les autres : il faisait une tête de moins que tout le monde, c'était une 'crevette', mais on ne voyait que lui, un manieur de ballon vraiment exceptionnel", confiait en 2012 au site Caen Maville Philippe Tranchant, son formateur au Stade Malherbe de Caen, qui était parvenu à l’arracher à la dizaine de clubs désireux de le recruter. 

En 2009, ce fils d’un responsable des douanes et d'une mère secrétaire médicale laisse donc ses parents et son frère derrière lui, à Basse-Terre, pour rallier la Normandie, où il signe un premier contrat aspirant. À l’époque, ses idoles se nomment Xavi et Iniesta. Il faut dire que lors de ses dix premières sélections en  équipe de France des moins de 17 ans, il évolue au poste de… milieu défensif. "C'est un créatif, extrêmement doué techniquement, mais il n'a pas la dimension athlétique pour jouer récupérateur ! C'est un joueur d'anticipation, en CFA il ne va pas aux duels, il les évite", rembobine Philippe Tranchant, qui le repositionne alors en neuf et demi.

Quand Leonardo Jardim le comparait... à Cristiano Ronaldo

La suite, c’est une explosion fulgurante, de la Ligue 2 à la Ligue 1, malgré une tachycardie qui l’oblige à quitter le terrain au soir de sa première titularisation dans l’élite. À la fin de cette saison 2014-15, quelques folles chevauchées et un sublime coup franc plongeant contre Nantes conduiront Monaco, flairant la bonne affaire, à lâcher 4 millions d’euros pour le faire signer. Sur le Rocher, en revanche, il tarde quelque peu à s’imposer. "Les joueurs de moins de 22 ans sont souvent irréguliers. Mon objectif avec Lemar c’est qu’il joue bien, pas qu’il joue beaucoup. Lemar n’est pas encore préparé physiquement et mentalement à jouer 40 matchs par saison. Cristiano Ronaldo ne jouait pas tous les matchs à Manchester United au début. C’est un processus de formation habituel", se justifiait ainsi Leonardo Jardim le 28 avril dernier.

Après un doublé inscrit face à Rennes, quelques jours après son entrée décisive contre Tottenham, le principal intéressé ne la ramenait pourtant pas, lâchant dans un ton morne, proche de l’indifférence : "Je marque deux buts, c’est sûr que ça fait plaisir. Mais je ne vais pas m’arrêter là-dessus, je vais continuer à bosser pour être décisif, pour aider mon équipe au maximum." Un discours convenu, qui devrait cependant plaire à son entraîneur. Lequel a de toute façon remarqué que son attaquant taiseux n’était pas du genre à se laisser éblouir par la lumière médiatique et les fastes de la Principauté. "Il a toujours été comme ça, dans sa bulle, décrivait  Philippe Tranchant en 2012. Le problème, avec les joueurs aussi talentueux, c'est de ne pas se déformer par rapport au milieu, aux gens qui tournent autour. Il a pour lui une très bonne éducation. Rester lui-même, ce sera la difficulté. Si c'est le cas, il percera, c'est obligatoire. Bien entouré, avec des joueurs complémentaires et un projet de jeu défini, ça peut devenir un crack." La preuve.

Lire aussi

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter