Transfermarkt : comment ce petit site allemand est devenu la référence en matière de mercato

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TRANSFERTS – Alors que le mercato est officiellement ouvert depuis jeudi 9 juillet jusqu’au 31 août à minuit, un site Internet va enregistrer de gros pics d’audience. Car entre les fans de foot, les agents et les clubs, Transfermarkt est devenu l’outil de base pour connaître les montants des transferts ou en suivre leur actualité. Metronews a contacté cette plateforme allemande pour comprendre les clés de ce succès.

Incontournable. Du petit site fondé en 2000 par l’Allemand Matthias Seidel, à celui qui fait presque désormais la pluie et le beau temps sur le marché des transferts en Europe, Transfermarkt a fait du chemin. Beaucoup, même. "Au début, j’ai juste fait ça car je suis fan du Werder Brême, et, à l’époque, j’avais beaucoup de mal à trouver des informations concernant mon club sur Internet, nous explique son fondateur. Les journaux locaux n’avaient pas tous des sites, donc je me suis dit : ‘Ok, je vais le faire moi-même’".

L’idée est bonne et fait des émules, puisque en plus de l’actualité des Werderaner, les fans des autres formations de Bundesliga commencent à échanger de plus en plus d’informations sur leur équipe ou leur joueur favoris. Et notamment sur le mercato…  "Petit à petit, ça a commencé à faire une base de données et une échelle des valeurs de transferts, derrière, on a essayé de développer tout ça", explique encore modestement Seidel. Car année après année, le site est devenu l’un des plus consultés pour le foot de l'autre côté du Rhin et a attiré l’intérêt d’un des plus gros groupes de presse d’Europe, l’allemand Axel Springer (notamment propriétaire du journal  Bild ), qui a racheté 51 % des parts de Transfermarkt en 2008 (Seidel en conservant les 49 % restant).

"Des clubs nous ont contactés pour savoir comment était calculé le prix des joueurs"

Depuis, la plateforme s’est même développée à l’international et propose des versions anglaises, françaises, néerlandaises, italiennes, portugaises, turques ou polonaises. Mais pas de quoi se prendre pour un géant du Web, malgré ses 90 millions de visites mensuelles... "En fait, on continue de fonctionner un peu comme on l'a toujours fait, précise Thomas Lintz, arrivé dans l’aventure en 2007 et qui gère désormais la branche internationale de Transfermarkt . Cela reste un site pour les fans et fait par les fans". Car la plateforme, qui emploie une trentaine de personnes en plus de quelques free-lances, est alimentée par les utilisateurs qui sont en fait les fameux "scouts"de Transfermarkt.

C'est grâce à eux qu'en grande partie sont mises à jour des tonnes de données statistiques sur les buts, les passes décisives de milliers de joueurs à travers le monde. Mais aussi et surtout leur valeur marchande, ce qui a fait la réputation du site. "Chaque utilisateur qui est inscrit sur notre site peut alimenter ou corriger le profil de tel ou tel joueur s’il a une info à donner ou à modifier, détaille Lintz. C’est 100 % collaboratif, même si ensuite tout est vérifié deux fois par nos équipes avant publication. Et ce système de four-eyes-principle fonctionne plutôt bien".

Tellement que les agents et les clubs se servent des estimations de Transfermarkt pour parler gros sous au moment du mercato. "On sait que ces données sont observées de près dans le milieu, détaille encore Matthias Seidel. Il nous est d’ailleurs arrivé d’être contactés par les clubs pour savoir comment on travaillait, comment était calculé le prix d’un joueur". Et là, pas de formule magique ou d’algorithmes compliqués, les équipes du site travaillent à l’ancienne, en se servant de leur immense base de données.

Pour la valeur des joueurs, "un système d'aide au calcul mais rien de plus"

"On a un système d’aide au calcul mais rien de plus. Tout est principalement fait à la main, explique Thomas Lintz. Tout au long de l’année, nos utilisateurs, nos experts et nos administrateurs discutent de la valeur des joueurs et font deux grosses mises à jour à moment du mercato d’été et d’hiver". Sont pris en compte des critères objectifs de chaque footballeur (performances, âge, poste, équipe, championnat…) ainsi que sur les transferts déjà effectués, mais aussi ceux à venir.

"On regarde notamment la notoriété des clubs intéressés, les facteurs liés à l’image commerciale du joueur et son potentiel footballistique, poursuit Lintz. On harmonise un peu tout ça en comparant les prix des et des autres, puis les chiffres sont validés avant publication". Une sorte de photographie de la cote du joueur à l’instant T qui, souvent, s’avère être la même que le prix déboursé quelques mois plus tard par un club. Ainsi, si le PSG veut s’offrir Neymar dans quelques semaines, cela coûtera au club de la capitale au moins 100 millions d’euros d'aprèsTransfermarkt . Et vous pouvez leur faire confiance…

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