Les folles histoires des dernières heures du mercato

TRANSFERTS (OU PAS) – Le mercato d’hiver 2018 fermera ses portes ce mercredi soir à minuit. Retour, à cette occasion, sur ces dossiers abordés dans l’urgence de la fermeture du marché.

Pour les directeurs sportifs, les périodes de mercato n’existent pas vraiment : eux doivent préparer les dossiers longtemps en amont, contacter clubs, agents et joueurs, étudier les besoins et suivre les pistes, afin que tout soit prêt lorsque s’ouvrent les portes du marché des transferts. Pourtant, nombre de ces affaires finissent par se régler dans les toutes dernières heures précédant la fermeture, le 31 août à minuit l’été, le 31 janvier à minuit l’hiver. La faute, notamment, à l’appât du gain qui pousse les différents acteurs à négocier au rabais en faisant justement jouer la pression du chronomètre. Alors que l’édition 2018 du mercato d’hiver arrive à son terme, retour sur les anecdotes croustillantes survenues dans ce contexte d’urgence. Et de panique.

Les fax récalcitrants

À l’ère de la toute-puissance d’internet et de la high tech, il est amusant de noter que plusieurs transferts ont échoué à cause d’un appareil archaïque datant des années 1920 : le télécopieur, ou téléfax. À l'été 2015, David De Gea, illustre gardien de Manchester United et de la sélection espagnole, pense bien signer au Real Madrid. Mais un fax de confirmation envoyé deux minutes trop tard, dans la nuit du 31 août au 1er septembre, fait capoter l’affaire. La légende raconte d’ailleurs que les Anglais, réfractaires à l’idée de vendre leur portier, ont volontairement trainé la patte.


L’attaquant portugais du Sporting Lisbonne Yannick Djalo a connu pareille mésaventure le tout dernier jour du mercato 2011. Cette fois, le fax censé valider son transfert à Nice est arrivé en retard parce que Julien Fournier, dirigeant niçois, a cliqué sur "enregistrer" dans le logiciel de la Fifa à 0h04. Quatre minutes qui aboutiront à quatre ans de bataille judiciaire entre les deux clubs, se rejetant mutuellement la responsabilité de cet échec. Djado, lui, restera six mois sans jouer et verra sa carrière prometteuse tuée dans l’œuf par cette affaire.


Plus cocasse : le transfert d’Andreï Archavine du Zénith Saint-Pétersbourg à Arsenal à l’hiver 2009. Le 31 janvier, l’agent de l’attaquant russe fait traîner les négociations, puis choisit de s’asseoir sur sa commission pour que l’affaire se fasse dans les ultimes secondes. Mais il neige abondamment sur l’Angleterre, ce qui paralyse à la fois le trafic aérien... et les envois de fax. Le document finit toutefois par arriver dans les bureaux de la Ligue anglaise huit secondes avant minuit. Problème : personne ne s’y trouve ! Du coup, Arsenal devra attendre deux jours pour officialiser le transfert. Dans ce laps de temps, le joueur est interviewé par son site officiel personnel et, à la question "Êtes-vous un joueur d’Arsenal ?", répond un mythique "Oui, je crois."

Manchester City à l’insu de son plein gré

C’était le Manchester City d’avant le rachat par un riche Émirati. Le 31 janvier 2008, le club anglais jette son dévolu sur Benjani, attaquant de Portsmouth passé par Auxerre. Tout est réglé et le Zimbabwéen saute dans un avion. À Manchester, les dirigeants attendent... En vain. Le joueur s’était endormi sur son siège et n’est pas sorti de l’appareil ! Du coup, ils changent d’avis et décident ne plus le recruter. Mais la Ligue ayant reçu les documents au préalable, le transfert sera tout de même validé quatre jours plus tard. Pour la petite histoire, Benjani marquera lors de son premier match, dans le derby contre United, et se blessera grièvement. Il s’en ira deux ans plus tard, en ayant marqué seulement deux buts.

La fugue de Park Chu-young

Sensation de la Coupe du monde 2002 disputée dans son pays, l’attaquant sud-coréen Park Chu-young débarque à Lille à la toute fin du mercato estival de cette année-là. Sa visite médicale est programmée et son contrat rédigé. Mais quand les dirigeants lillois viennent le chercher au petit matin, ils découvrent que sa chambre d’hôtel est vide. Le joueur, convaincu au téléphone par Arsène Wenger de rallier Arsenal, avait en fait pris un Eurostar dans la nuit. Ni vu, ni connu, ou presque.

Jovetic et Eyraud sont dans un hélico...

L’histoire a finalement été démentie par les deux intéressés, mais elle est tellement incroyable qu’elle paraît bien difficile à inventer… C’est le Daily Mirror qui l’avait révélée. À la toute fin du mois d’août 2017, l’OM attend désespérément le grand attaquant promis par le président du club, Jacques-Henri Eyraud, au début du mercato. Et tout porte alors à croire qu’il s’agira de Stevan Jovetic, censé débarquer à Marseille au lendemain d’un match à Monaco. Pour se rendre au stade Louis II ce soir-là, Jacques-Henri Eyraud prend un hélicoptère, qu’il partage avec un inconnu, auquel il explique justement que l’attaquant de l’Inter s’apprête à signer à l’OM. Sauf que l’inconnu n’est autre que Stevan Jovetic, vexé de ne pas voir été reconnu, et qui réplique qu’il va en fait plutôt signer... à Monaco. 

Ben Arfa envoie valser le bureau de Dassier

L’anecdote date de fin août 2010, mais Hatem Ben Arfa vient de revenir dessus dans le nouveau numéro de So Foot : "J’étais dans le bureau de Jean-Claude Dassier, le président de Marseille à l’époque. Cela ne se passait pas très bien avec Didier Deschamps. Tout était arrangé pour que je m’en aille, j’avais tout réglé avec Newcastle, mais la semaine d’après, un transfert au même poste que moi se concrétise et on me dit que je ne pars plus. Alors j’ai tout cassé dans le bureau." Une scène que Jean-Claude Dassier a ainsi détaillée dans France Football : "Hatem est arrivé, on n’a même pas eu le temps de parler qu’il a posé son bras sur mon bureau et a viré tout ce qu’il y avait dessus : les journaux, les stylos, les crayons. Puis il a fait demi-tour et il est parti." Il a signé à Newcastle dans la foulée.

L’attaquant fantôme de l’OM

"Restez bien avec nous jusqu’à minuit", a cru bon de tweeter, avec un malicieux smiley clin d’œil, le compte officiel de l’OM, pour teaser un transfert a priori imminent. Nous sommes le 31 août 2015, un peu après 20 heures, et le peuple marseillais retient son souffle. Il attend un attaquant de renom, soit Wissam Ben Yadder, soit, plus vraisemblablement, Erik Lamela. Mais aucun des deux ne voudra venir, et un seul joueur signera peu avant minuit : Rolando, un défenseur central totalement inconnu. L’histoire fait encore s’esclaffer les supporters parisiens.

Quatorze secondes qui font six mois

On peut parfois blâmer la technologie mais, d’autres fois, on ne peut s’en prendre qu’à soi-même. C’est en effet un ratage à l’allumage on ne peut plus humain qui est à l’origine du non transfert d’Adrien Silva, du Sporting Lisbonne à Leicester à la toute fin du dernier mercato estival. La Fifa avait annulé la transaction parce que le dossier a été expédié par les dirigeants portugais 14 secondes après la clôture du marché. En conséquence de quoi, le milieu de terrain est resté au Portugal pendant six mois sans jouer... Tout en étant payé par Leicester ! Avant d’y signer le 1er janvier. À minuit pile.

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