Turquie : un arbitre séquestré... pour un penalty non sifflé

Turquie : un arbitre séquestré... pour un penalty non sifflé

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SCANDALE - La Turquie va mal et son football n'y échappe pas. Mercredi soir, le président de Trabzonspor a décidé de séquestrer un arbitre de football pour une simple histoire de penalty non sifflé. Une affaire scandaleuse qui s'est "résolue" après l'intervention du président très controversé du pays. Ambiance...

Voilà ce à quoi peut mener la banalisation des attaques contre les arbitres dans le football. Mercredi soir en Turquie, ce ne sont pas des journalistes peu consciencieux qui ont fait leur analyse d'après-match sur une erreur arbitrale. Ce ne sont pas, non plus, des supporters idiots qui ont exprimé leur rage par le prisme de la haine anti-arbitre. Non, mercredi soir, un cap a été franchi quand le président du club de Trabzonspor (actuellement neuvième de première division) a décidé de séquestrer dans le stade un arbitre et ses assistants.

La raison ? Un penalty non sifflé dans les dernières minutes de la rencontre entre Trabzonspor et Gaziantep Spor (10e j.), qui s'est conclue sur un match nul (2-2). Ibrahim Haciosmanoglu, qui était alors à Istanbul, a exigé de son encadrement qu'il retienne l'homme en noir jusqu'à son arrivée sur place, rapporte la presse turque ce vendredi matin. "L'arbitre ne sort pas du stade tant que je ne suis pas là", a-t-il ordonné selon les médias locaux.

Prisonniers pendant quatre heures !

Et l'ordre a été en partie respecté puisque Cagatay Sahan (l'arbitre principal), ses assistants et un représentant de la fédération turque ont été emprisonnés dans leur vestiaire pendant quatre heures. La presse turque affirme qu'il a fallu un coup de fil du président Recep Tayyip Erdoga, très controversé, pour débloquer la situation.

"Ne provoquons pas un scandale devant la Turquie et le monde", aurait déclaré Erdogan à Haciosmanoglu. Le dirigeant du club aurait alors libéré les officiels, partis du stade sous escorte policière. Un incident qui a fait suscité l'indignation générale en Turquie, le quotidien à grand tirage Hürriyet titrant en Une ce vendredi "notre football est mort". Du côté des répercutions, la Fédération turque de football (TFF) a lancé une enquête disciplinaire sur l'affaire, rapporte l'AFP, et un procès pourrait être intenté sur la base du code pénal punissant toute forme de séquestration.

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