Ukraine : ces footballeurs qui fuient la guerre

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FOOTBALL - Lorsque certaines crises politiques font rage, même le monde cotonneux du football professionnel se sent parfois en danger. C'est ce sentiment qui, apparemment, aurait motivé la fuite de six joueurs du Shakhtar Donetsk, samedi soir, absents de l'avion qui rentrait au pays après la défaite du club ukrainien face à l'OL (4-1) en match amical. Un refus partagé par un joueur du Metalist Karkhov, rentré lui à Buenos Aires.

Déserter pour échapper au conflit, voilà le choix qu'auraient fait six joueurs du Shakhtar Donetsk, samedi soir, selon une information lancée par Infosport +. Ces derniers auraient refusé de rentrer au pays après le match amical disputé à Annecy face à l'OL (victoire 4-1 des Lyonnais). Cinq de ces six joueurs seraient connus, il s'agirait des Brésiliens Teixeira, Fred, Dentinho et Douglas Costa et de l'Argentin Ferreyra.

Les footballeurs auraient ainsi profité du stage effectué par leur club en France et en Suisse (ils y ont affronté les Girondins de Bordeaux il y a quelques jours) pour rester loin de Donetsk, capitale de la république auto-proclamée des rebelles pro-russes. Pour rappel, un avion de ligne de la compagnie Malaysia Airlines avait été abattu par un missile jeudi et s'était écrasé dans cette zone de l'Ukraine , entraînant la mort de 298 personnes.

Sebastian Blanco fuit aussi

Outre les joueurs du quintuple champion d'Ukraine en titre, l'agence E-Sport rapporte ce dimanche qu'un joueur du Metalist Kharkov, en l'occurrence l'Argentin Sebastian Blanco, aurait également décidé de ne pas rentrer au pays après une tournée de son club en Autriche. "Après le crash de l’avion de la Malaysia Airlines, je n’ai aucune intention de retourner en Ukraine, a assuré le joueur dans des propos relayés par l'AFP. La situation là-bas est actuellement anormale. J’ai décidé de rester à Buenos Aires."

Pour rappel, la Fédération ukrainienne de football (FFU) avait refusé de repousser l'entame de la nouvelle saison de championnat, prévue dans cinq petits jours. "Le pays tout entier pleure devant la tragédie qui le frappe. C’est terrible. Mais cela n’aura pas d’incidence sur le coup d’envoi du championnat. Nous insistons sur le fait que le football doit rester en dehors de la politique”, avait tenté de justifier ces derniers jours Pavel Ternovoi, le responsable du service de presse de l'instance.

Joue-là comme Puskas

Ces nouvelles, si elles restent bien sûr à préciser, rappellent dans une moindre mesure le cas historique de Ferenc Puskas dans les années 50. Alors que la Hongrie connaissait une grave crise politique et que son équipe du Honved disputait une tournée en Europe, le meneur de jeu avait refusé l'ordre de rapatriement pour rester vivre en Autriche. Il avait alors écopé d'une suspension de 18 mois par la Fifa.

Dans un passé plus récent, quatre joueurs nord-coréens avaient été suspectés d'avoir eux aussi disparu lors du Mondial sud-africain en 2010. Une rumeur qui n'avait jamais pu être confirmée face à la volonté de la délégation nord-coréenne d'étouffer l'affaire.

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