Un "caractère bien trempé", une "âme de chef", une "encyclopédie du foot" : Thierry Henry raconté par ses anciens coéquipiers

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COACH "TITI"- En quête d'un entraîneur depuis le limogeage de Jardim, l'AS Monaco fait le pari Thierry Henry en lui confiant le banc de l'actuel 18e de Ligue 1. La légende des Gunners se lance dans le grand bain à 41 ans. Pour Guillaume Warmuz et Jérémie Aliadière, ses anciens coéquipiers français à Arsenal, cette destinée n'a rien d'étonnant.

Thierry Henry revient là où tout a commencé. Après d'ultimes discussions avec l'AS Monaco, le meilleur buteur de l'histoires des Bleus a été nommé ce samedi 13 octobre sur le banc de l'équipe première du club de la Principauté, là même où il a fait ses débuts (1994-1999).


Un temps annoncé aux Girondins de Bordeaux avant que le deal ne tombe définitivement à l'eau, Thierry Henry tient là sa première expérience d'entraîneur au plus haut niveau, à l'âge de 41 ans. Fort de ses expériences dans l'encadrement des équipes de jeunes d'Arsenal et d'adjoint avec la sélection belge lors de la Coupe du monde, "Titi" se lance un défi de taille.

C'est un gros plus pour la Ligue 1Jérémie Aliadière, ancien coéquipier de Thierry Henry (2001-2007)

Pour Guillaume Warmuz, gardien de but qu'il a côtoyé chez les Gunners en 2003 et récemment passé par le banc du FC Montceau-Bourgogne, la nomination de son ancien coéquipier est "une très bonne nouvelle" pour le football français. "Lorsqu'il était encore en équipe de France, j'étais allé à Clairefontaine leur rendre visite, et il m'avait déjà demandé si le processus était long (ndlr : pour devenir entraîneur)", confie-t-il à LCI. "C'est vraiment excellent d'avoir des anciens grands joueurs qui prennent la responsabilité de se lancer sans filet. On en a besoin."


Un avis partagé par Jérémie Aliadière, jeune retraité, qui a fait ses débuts à Arsenal, dans l'ombre de "Titi". "C'est un gros plus pour la Ligue 1 sur le plan extra-sportif. Il va attirer du monde. Beaucoup de personnes, même en Angleterre, vont commencer à s'y intéresser", nous assure l'ancien Lorientais. "Sportivement, il va apporter énormément. Il a une mentalité à l'anglaise, c'est un gagneur. Il fait les choses pour être le meilleur et il va transposer cet état d'esprit dans le club. Quand on voit ce qu'il a apporté à la Belgique en tant qu'assistant, c'est prometteur."

À Arsenal, il avait dépassé le cadre de sa fonctionGuillaume Warmuz, ancien partenaire de Thierry Henry (2003)

À Arsenal, l'impact de Thierry Henry sur l'équipe londonienne était déjà très visible, comme nous le rappelle Warmuz. "J'ai eu l'occasion de rester une petite saison là-bas, de bien discuter avec lui, de voir comment il œuvrait, comment il fonctionnait. C'est d'abord un passionné de football, un compétiteur dans l'âme. Il a un caractère bien trempé, qui est méconnu à mon sens. À l'époque, il avait déjà dépassé le cadre de sa fonction pour s'imposer comme le leader d'attaque. On sentait que, quand il fallait passer au cran supérieur, c’était à lui que cela revenait, avec notamment Dennis Bergkamp". "Parfois, Arsène (Wenger) et Thierry n'étaient pas forcément d'accord sur la tactique. 'Titi' avait son idée et il essayait de la faire passer. Il avait sa vision du foot et de certaines choses qu'ils pensaient mieux pour l'équipe. Il argumentait pour le convaincre. Il avait déjà l'âme d'un chef", assure Jérémie Aliadière.


L'envie de s'améliorer constamment, voilà ce qui l'a toujours motivé. Et le motive encore aujourd'hui au quotidien. "Thierry veut toujours être le meilleur. Même quand c'était un entraînement de merde, il voulait gagner le match. C'est un compétiteur", souligne l'ancien Gunner. "Il essayait toujours de chercher la faille de l'adversaire ou d'optimiser le rendement de l'équipe. De temps en temps, quand il fallait dire une chose, il n'hésitait pas à le faire même si ce n'était pas le type qui parlait en permanence. Lui, en tant qu'attaquant, il ressentait avant tout les choses, les analysait", poursuit Guillaume Warmuz. Avant d'ajouter : "Il était toujours présent, toujours à l'entraînement. Il voulait toujours s'entraîner, jouer des matchs, marquer des buts, tout gagner. C'est la marque des grands joueurs, ils ne sont pas jamais rassasiés."

Il se souvenait d'un match que j'avais joué en 2e division"Guillaume Warmuz

Ainsi, voir Thierry Henry s'installer sur le banc de Monaco ne surprend pas ses anciens coéquipiers. Ce chemin qu'il emprunte est tout ce qu'il y a de plus naturel. "Thierry a toujours voulu être entraîneur", se souvient Aliadière. "Je me rappelle qu'à l'époque où on jouait ensemble, il me disait qu'un jour il serait entraîneur. On en avait même parlé dans le vestiaire avec d'autres joueurs. Pour nous, il était logique qu'il allait passer de l'autre côté après sa carrière de joueur. Il vit football, il ne pense qu'à ça, il connaît tout. C'est une encyclopédie du foot. Le côté tactique l'intéressait tout le temps, il aimait étudier l'équipe qu'il allait affronter, comment tel joueur se déplaçait... Avec des détails comme ça, on savait comme ça allait finir."


La légende du RC Lens, Guillaume Warmuz, confirme qu'à l'époque déjà Henry se prédestinait à incarner la fonction. "Quand je l'ai connu en tant que joueur, il avait un talent naturel hors norme qu'il mettait à disposition du collectif. Ce n'est pas étonnant, qu'en tant que passionné, il veuille mettre les mains dans le cambouis. Il a envie de transmettre, il a une vraie analyse, une vraie compréhension du foot. Ne serait-ce qu'en discutant avec lui, on ressent sa passion pour son sport. J'ai d'ailleurs une  petite anecdote à vous raconter : il se souvenait d'un match Orléans-Louhans-Cuiseaux que j'avais joué en 2e division, lorsqu'il était à l'INF Clairefontaine. Il se rappelait ce match alors que lui, était champion du monde et déjà à Arsenal. C'est un passionné."

En rejoignant l'AS Monaco, le club de ses débuts qui se retrouve dans une situation compliquée avec une 18e place en Ligue 1, Thierry Henry se voit confier un job à la hauteur de ses espérances. Outre un pouvoir élargi, l'ex-buteur d'Arsenal a obtenu des garanties sur les moyens financiers qui lui seront alloués dès janvier. Justement deux des points qui avaient fait échouer les précédentes négociations avec Bordeaux, et plus récemment Aston Villa.

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