Un tweet antisémite pendant un match de D2 allemande devient une affaire d’État

Football

ANTISÉMITISME – Israël a exprimé ce dimanche son indignation après des insultes visant un joueur israélien en Allemagne lors d'un match de football, relançant le débat autour de la recrudescence de l'antisémitisme dans le pays.

C’était, au départ, un simple match de football, entre l’Union Berlin et Ingolstadt, pour le compte du championnat allemand de 2ème division, vendredi soir. Lors de la seconde période, Almog Cohen, capitaine d'Ingolstadt, a écopé d’un carton rouge. C’est là que les choses ont dérapé : dans la foulée, un internaute se présentant comme un supporter du club berlinois a posté sur Twitter un message antisémite haineux, appelant entre autres insanités le joueur à "partir en chambre à gaz". Le tweet, depuis, n’en finit plus de faire des vagues, jusqu’à ce dimanche et au plus haut sommet de l’État.

Réaction officielle d'Israël

En effet, Frank-Walter Steinmeier, président de la République fédérale d'Allemagne, s’est lui-même fendu d’une déclaration ce dimanche pour faire part de sa "grande préoccupation"... Il faut dire que, un peu plus tôt, Emmanuel Nahshon, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, avait ainsi publiquement réagi à cet incident : "Nous sommes choqués par le tweet antisémite visant Almog Cohen et attendons des autorités allemandes qu'elles agissent avec fermeté contre son auteur." La police berlinoise a décidé d'ouvrir, ce dimanche, une enquête pour "incitation à la haine".

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Si ce tweet est devenu une affaire politique, c’est parce qu’il s’inscrit dans un contexte particulièrement alarmant, alors qu’un débat autour de la recrudescence de l'antisémitisme agite l’Allemagne depuis déjà plusieurs mois. Un pays où, au regard de l’histoire, le sujet est encore un peu plus épineux qu’ailleurs... Le football allemand n’est pas en reste, loin de là : la Fédération doit régulièrement gérer les débordements de supporteurs ultras, souvent proches de l'extrême droite. 

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"Cela me remplit de honte et de douleur", a encore dit le chef de l’État au sujet du tweet de vendredi, estimant que l'antisémitisme redevenait "présentable" dans la société allemande y compris en dehors des milieux radicaux habituels. De manière générale, les actes antisémites en Allemagne ont augmenté l'an dernier de 10% par rapport à l'année précédente, et les seules agressions physiques ont doublé avec 62 cas rapportés contre 37 en 2017, selon les chiffres du gouvernement.

De son côté, Almog Cohen, le footballeur visé, a tweeté à son tour pour souligner sa "fierté d’être juif" et des valeurs qui lui ont été transmises. "En tant que capitaine dans un club en Allemagne et en tant qu'international israélien, je vais tout faire pour continuer à vous représenter avec dignité", a-t-il aussi écrit. Le président de l’Union Berlin, Dirk Zingler, a, pour sa part, publié un communiqué, dans lequel il indique : "J'ai honte de ce type de supporters, nous allons tout faire pour les isoler et intenter des poursuites à leur encontre."

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