Nigeria-France : pourquoi Wendie Renard a pu retirer son penalty après l'avoir raté

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CONTROVERSE - Après avoir raté un penalty, Wendie Renard a pu le retirer avec l'aide du VAR et offrir une courte victoire aux Bleues lundi soir face au Nigeria (0-1). La décision de l'arbitre défraye la chronique depuis. C'est déjà la deuxième fois qu'un tel cas de figure se présente depuis le début du Mondial.

L'excès de règles mène parfois à des décisions absurdes. Souvent contre l'esprit même du jeu. On en a eu une nouvelle démonstration, un cas d'école pourrait-on dire, pas plus tard que lundi soir. Au terme d'une rencontre fermée et sans relief, l'équipe de France a assuré la première place de sa poule contre le Nigeria (0-1) au Roazhon Park de Rennes, grâce à un penalty obtenu et... retiré grâce au VAR. 


Tout débute à la 73e minute. Après une faute sur Viviane Asseyi et un premier recours à l'assistance vidéo, l'arbitre Melissa Borjas expulse Ebere, déjà avertie plus tôt, et siffle un penalty logique pour les Bleues. Mais Wendie Renard expédie le ballon sur l'extérieur du poteau droit de Chiamaka Nnadozie. Le score reste bloqué à 0-0. Se pensant bénie des dieux, la gardienne nigériane embrasse la pelouse de bonheur. À côté d'elle, ses coéquipières forment immédiatement un cercle pour se redonner du peps afin de conserver le point du nul qui assure à ce moment-là leur qualification pour les huitièmes de finale.

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Nigeria-France (0-0) : Voir le penalty manqué de Renard en vidéo

Mais la joie est de courte durée. Quelques secondes après l'échec de Renard, l'arbitre hondurienne est rappelée à l'oreillette. L'assistance vidéo la pousse à faire retirer le coup de pied de réparation pour une faute de ligne de la gardienne des "Super Falcons", sanctionnée d'un carton jaune, après avoir jailli trop tôt sur la première tentative de la Lyonnaise. Celle-ci peut donc le retirer, l'envoyant cette fois-ci en pleine lucarne, et signer son troisième but dans la compétition, après son doublé de la tête contre la Corée du Sud (4-0) lors du match inaugural. Une séquence cruelle pour le Nigeria, qui a donné aux observateurs le sentiment d'un arbitrage "maison" en faveur des Bleues. Mais que dit le règlement à ce sujet ? 

Une nouvelle interprétation de la loi 14

Sur le papier, la décision de Melissa Borjas est conforme aux nouvelles règles Fifa, entrées en vigueur le 1er juin dernier. Selon la loi 14 relative au penalty, revue et corrigée par l'Ifab, l'instance du football régissant les lois du jeu, "au moment du tir, le gardien de but doit avoir au moins un pied sur sa ligne (contre deux avant), ou même au niveau si le pied ne touche pas le sol". Or, au moment où Renard frappe dans le ballon, la gardienne du Nigeria n'a plus de pied posé sur sa ligne de but. "Avant la Coupe du monde, nous avions eu une réunion avec la Fifa qui expliquait les nouvelles règles, avec le VAR", a expliqué Gaëtane Thiney en zone mixte après le match. "Sur le coup, je n'ai rien vu, mais après quand on a vu les ralentis sur les écrans géants, la décision de l'arbitre n'est pas surprenante." Une décision saluée aussi par Wendie Renard, qui tenait à se rattraper après le but contre son camp, sans conséquence, marqué face à la Norvège (2-1) : "Heureusement qu'il y a la nouvelle règle, ça me permet de retirer ce penalty."

Mais, au-delà de l'infraction de Chiamaka Nnadozie, les ralentis mettent en évidence un autre fait de jeu qui n'a lui pas été sanctionné par Melissa Borjas au moment du premier penalty. Deux joueuses françaises rentrent dans la surface avant le tir, ce qui est formellement interdit. Autrement dit, si Renard avait transformé la sentence du premier coup, le penalty aurait dû être retiré quoiqu'il arrive. 


Ce n'est pas la première fois, lors de cette Coupe du monde, qu'une arbitre demande de retirer un coup de pied de réparation pour une faute de pied d'une gardienne. Lors du match Jamaïque-Italie (0-5), l'Italienne Cristiana Girelli avait vu sa première tentative être stoppée par la Jamaïcaine Sydney Schneider avant de retenter sa chance. Tolérée jusqu'alors, l'infraction peut désormais coûter très cher.

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