Coupe de France : le petit club des Herbiers a-t-il vraiment perdu d’avance la finale contre le PSG ?

DirectLCI
DAVID CONTRE GOLIATH – "On a zéro chance de gagner contre le PSG", affirme Stéphane Masala, entraîneur des Herbiers, le petit poucet de la finale de la Coupe de France qui se déroule mardi soir au Stade de France. Une simple posture ? LCI fait le point.

"Le duel du football couillu contre le football friqué." C’est ainsi que Philippe de Villiers, politicien emblématique de la Vendée, présente l’affiche de la finale de Coupe de France, qui opposera mardi soir au Stade de France Les Herbiers, club de National (3e division), au PSG,  tout frais champion de France de Ligue 1 (et qui sera encore privé de Neymar). Pourtant, si les testicules sont censés représenter les vertus d’audace et de courage, alors le coach vendéen, Stéphane Masala, contredit le fondateur du Puy-du-Fou en déclarant ce lundi dans Le Parisien : "Je vais être franc, on a zéro chance de gagner."

Il est, certes, évident que l’actuel 13e de National, encore à la lutte pour ne pas être relégué en CFA, ne pèse pas bien lourd, sur le papier, face aux 500 millions d’euros de budget du club parisien (contre 2 millions pour Les Herbiers), qui vise depuis plusieurs années la victoire finale en Ligue des champions et écrase toute concurrence en Ligue 1 cette saison. Mais à quoi bon disputer un match de football si l’on entre sur le terrain avec la certitude d’avoir déjà perdu ? Une certitude justement : tous ceux qui ont tenu ce type de discours avant un match ont, de fait, fini par voir sombrer leur équipe, fatalement démobilisée au moindre coup dur. 

À l’inverse, les trois précédents invités "surprise" en finale de la Coupe de France, cette compétition spécifiquement créée pour bouleverser les hiérarchies, Calais (CFA) en 2000, Amiens (National) en 2001 et Quevilly (National) en 2012, en jouant crânement leur chance, ont respectivement fait douter Nantes, Strasbourg et Lyon, avant de s’incliner sur la plus petite des marges, et même aux tirs au but pour Amiens. Certains objecteront qu’il ne s’agissait pas du PSG qatari et son effectif de stars internationales. On rétorquera que, pour un club amateur ou semi-pro, le fossé avec la Ligue 1 est, en soi, suffisamment vaste pour rendre improbable toute ambition de victoire.

Cette infime chance, on essaiera de la jouer à fond.Sébastien Flochon, capitaine des Herbiers

En vrai, le coach des Herbiers n’est peut-être pas aussi "franc" qu’il le prétend. Peut-être même qu’il tente là de berner les Parisiens, afin qu’ils prennent cette finale par-dessus la jambe. Dans "Téléfoot" dimanche, Sébastien Flochon, le capitaine du l’équipe vendéenne, tenait en tout cas un autre discours que celui de son coach : "L’important sera de ne pas subir l’événement et de profiter de ce moment, de jouer et ne pas trop regarder le PSG. Nos chances de gagner ? Je ne sais pas trop. Certains disaient que ce serait 1%, d’autres 0,5%. Après, je crois que ce serait le plus gros exploit de ces 20 dernières années dans le foot. Donc cette infime chance, on essaiera de la jouer à fond."

En vidéo

Coupe de France - Les Herbiers à Clairefontaine avant la finale

Quoi qu'il en soit, le groupe prépare actuellement le match à Clairefontaine, où il effectue "une préparation du niveau de l’équipe de France". À cette occasion, Stéphane Masala a même fait venir l’entraîneur de handball de Nantes, Thierry Anti, demi-finaliste inattendu de la Ligue des champions cette saison. "Stéphane m’a expliqué que la configuration du match ferait que sa défense devrait tourner comme une défense de handballeurs, confie-t-il au Parisien. Il m’a demandé de venir dire quelques mots. C’est osé et original." Des témoins ont ainsi vu, durant une séance d'entraînement, les joueurs des Herbiers courir par deux en tenant un ruban, et l’entraîneur leur crier : "Courez ensemble, si un seul lâche, tout s’écroulera !" 


Sait-il ce qu’il dira à ses joueurs peu avant la finale ? "Oui. Ça va surprendre les gars. C’est quelque chose qu’ils n’ont jamais entendu de leur vie", affirme le coach. Une déclaration indiquant bien qu’il ne considère pas forcément la défaite comme acquise. 

En vidéo

Téléfoot, l’After - Et si... les Herbiers remportaient la Coupe de France ?

Une autre personne viendra, en outre, parler à ses troupes. Philippe de Villiers. Interrogé par Le Point sur ce qu’il comptait dire, l’ancien secrétaire d'Etat a répondu : "Je commencerai par leur raconter l'histoire du Puy-du-Fou pour leur expliquer que tout est possible quand on a le feu sacré. Je vais leur dire : ‘Ces types du PSG ont de l'or dans les chaussures, mais vous, vous avez du feu dans les veines, dans les jambes et dans les yeux ! Eux défendent leur situation, mais vous, vous vous battez pour notre coin du pays.’ Nous gagnons grâce à la force de nos attaches." Car oui, ceux qui gagnent sont souvent les plus motivés.


PSG-Les Herbiers, à suivre en direct commenté mardi soir sur notre site.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter