Homophobie dans les stades : Maracineanu regrette que Le Graët fasse "des différences entre les discriminations"

Football

RÉPONSE - Invitée, mardi 10 décembre, à réagir aux propos de Noël Le Graët, qui regrettait l'interruption trop fréquente des matchs en raison de chants et banderoles homophobes en tribune, la ministre des Sports a regretté la position du président de la FFF et l'a invité à venir des propositions.

Sa réaction était attendue. Quelques heures après la sortie polémique de Noël Le Graët, ce dernier annonçant qu'il avait demandé aux arbitres de ne plus arrêter les matchs de football comme ils l'ont régulièrement fait, confrontés à des chants ou banderoles homophobes, Roxana Maracineanu a marqué tout son désaccord avec le président de la Fédération française de football (FFF), ce mardi 10 septembre dans les couloirs de l'Assemblée nationale.

La ministre des Sports, qui avait salué l'initiative arbitrale, a d'abord dit toute sa surprise : "J’avais échangé avec lui" au sujet des décisions d'arrêter les matchs, et "il m’avait fait part de sa grande surprise et prévenu qu'il prendrait peut-être d’autres instructions". Jusqu'à présent, rappelle-t-elle, elle pensait "que c'était Noël Le Graët qui avait dit aux arbitres d'arrêter les matchs". Et d'ouvrir la porte, tout de même, à une alternative à l'arrêt temporaire des matchs : "S'il a d'autres propositions, je suis à l'écoute. Cela démontre tout de même une forme d'impréparation sur le sujet. [...] Je suis heureuse que le sujet soit sur la table des discussions".

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"Si le président de la FFF est capable dire une chose pareille"...

Mais, au-delà de la critique sur cette disposition, l'ancienne championne du monde de natation n'a pas apprécié que le président de la FFF fasse "la différence entre différentes discriminations". Une allusion au fait que le patron du foot français avait indiqué que, s'il n'arrêterait pas les matchs pour des cas d'homophobie, il souhaitait que cela continue pour des cas de racisme. "Ce n'est pas la même chose", avait-il estimé sur France Info, plus tôt dans la journée. Une position "erronée", pour la ministre. "Si le président de la Fédération française de football est capable de dire une chose pareille, c'est que le travail ne fait que commencer".

Rappelant le "renforcement de la tolérance zéro envers tout ce qui concerne la discrimination", Roxana Maracineanu a déploré "le procès en légitimité, parce que j'étais une femme, parce que j'étais une ancienne nageuse qui parle de football". Mais, assure-t-elle, "je suis pleinement dans mon rôle de ministre", qui consiste à "protéger tous les citoyens dans tous les domaines de la société. Il ne s’agit pas de stigmatiser le football, qui est un sport que j’adore."

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