Affaires, blessures, humiliation en C1... et Messi vers la sortie : la saison en enfer du Barça

Affaires, blessures, humiliation en C1... et Messi vers la sortie : la saison en enfer du Barça
Football

DE MAL EN PIS - Empêtré dans un cycle sportif maussade, un fond de jeu décrié par ses supporters et des crises internes, le FC Barcelone conclut, avec les exigences de départ de sa star, une des pires saisons de son histoire. Retour

En 121 ans d'existence, le cru 2019-2020 s'annonce parmi les plus indigestes dans l'histoire du FC Barcelone. Aucun titre à célébrer, une valse des entraîneurs, une infirmerie constamment remplie... un inventaire qui tournait déjà au négatif avant le final 8 de la Ligue des champions à Lisbonne, qui s'est achevé aussi vite qu'il a commencé, sur une humiliation suprême face au Bayern Munich (8-2). Cela pouvait être difficilement pire. Et pourtant : en annonçant sa volonté de quitter le club, Lionel Messi a porté le coup de pied de l'âne à un club qui s'apprête à être chambardé dans les grandes largeurs. Retour sur une saison en enfer.

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Août 2019 : Messi blessé, Griezmann répudié

Fallait-il y voir un présage ? Dès le mois d'août 2019, la saison commence, chaotique. Le Barça fait ses premiers pas sans son capitaine, blessé au mollet droit lors du premier entraînement de reprise. Il manque ainsi la présaison et le début de la Liga. Pour couronner le tout, la nouvelle star de l'équipe, Antoine Griezmann, arrivé de l'Atlético Madrid pour 120 millions d'euros à l'intersaison, peine à trouver ses premiers automatismes avec l'Argentin et son comparse Luis Suarez. Les résultats sportifs sont à l'avenant : en cinq journées, le Barça affiche déjà deux défaites.

18 décembre : un clasico à oublier

Malgré le sixième Ballon d'or remporté par Messi le 2 décembre, le sixième du nom, record absolu, la fin d'année des Barcelonais n'a pas grand chose de savoureux à rappeler. Rendez-vous bisannuel avec le rival madrilène, le Clasico de Liga, repoussé d'octobre au 18 décembre, ne fait que le souligner : devant un Camp Nou plein, le Barça concède un terne 0-0 face aux hommes de Zinédine Zidane.

Janvier : déroute en Supercoupe, Suarez blessé, Valverde remercié

Le début d'année n'est guère encourageant. Défait 3-2 contre l'Atlético Madrid en demi-finale d'une Supercoupe d'Espagne nouvelle formule à Djeddah (Arabie Saoudite), le FC Barcelone se plonge dans sa première crise ouverte : l'entraîneur Ernesto Valverde, présent depuis mai 2017, est accusé de tuer l'ADN du jeu catalan, tout en possession. Les dirigeants rencontrent Xavi, coach d'Al-Sadd au Qatar, pour lui proposer la place de Valverde, encore en poste à cette date, mais l'ex-légende du Barça refuse. Le 12 janvier, le club annonce que Luis Suarez a été opéré du genou droit et qu'il sera absent quatre mois. Le 13 janvier, Ernesto Valverde est limogé et Quique Setién, séduisant coach du Betis Seville, engagé.

Février : Dembélé blessé, Messi attaque le directeur sportif

Le 4 février, l'ailier français Ousmane Dembélé, à peine revenu d'une longue blessure, se déchire à nouveau à la cuisse droite. Le secteur offensif du Barça est dépeuplé. Le même jour, Lionel Messi confronte le directeur sportif du club, Eric Abidal, au sujet d'une interview dans laquelle il fait porter la responsabilité du licenciement d'Ernesto Valverde. Ce qui équivaut, en langage diplomatique barcelonais, à accuser Lionel Messi d'avoir exigé la démission de l'ancien coach. Appréciant moyennement l'offense, Messi exhorte l'ex-défenseur du club à "assumer ses décisions" et à "donner des noms", après que ce dernier a fait porter la responsabilité du licenciement de Valverde aux joueurs dans une interview. Le 6, deux jours plus tard, le Barça est éliminé en quarts de finale de la Coupe du Roi par l'Athletic Bilbao (1-0) au Camp Nou.

17 février : le "Barçagate" ébranle Bartomeu

Le 17 février, le FC Barcelone dément être à l'origine d'une campagne de calomnies visant des figures du club sur les réseaux sociaux dans le but d'améliorer l'image du président Josep Maria Bartomeu. La radio Cadena Ser a montré dans une enquête que le Barça a versé un million d'euros en six factures distinctes à l'entreprise I3 Ventures. La direction, déjà menacée à un an des élections pour la présidence du club, est encore plus ébranlée.

12 mars : une pandémie et des difficultés financières

Après une cuisante défaite 2-0 contre le Real Madrid le 1er mars lors du Clasico retour, le championnat est suspendu le 12 mars par la pandémie de nouveau coronavirus. Mais les scandales ne s'arrêtent pas. A 33 ans, Messi tarde à signer la prolongation de son contrat, qui s'achève en 2021. Fin mars, le club, en difficultés financières, annonce qu'il va devoir recourir à du chômage partiel auprès de ses employés, au prétexte que les joueurs refuseraient de baisser leurs salaires... Mais les joueurs publient un communiqué le 30 mars pour indiquer qu'ils s'engagent à baisser leur salaire de 70% et à aider le club à verser la totalité des salaires aux employés. En avril, six membres du conseil d'administration démissionnent, sur fond de désaccords sur le mode de gestion de Bartomeu. 

16 juillet : le Real souffle la couronne nationale

De retour à la compétition après le confinement, le Barça est à la peine. Le 30 juin, Setién laisse Griezmann sur le banc lors du 2-2 contre son ancien club, l'Atlético Madrid, que le Français aurait pu faire basculer s'il était entré avant la 90e minute. Ce nul, combiné à une énième crise interne pour ce choix tactique, combiné à la défaite 2-1 contre Osasuna le 17 juillet, enterre les espoirs de titre du Barça qui cède sa couronne nationale au rival Real Madrid, qui avait pourtant réalisé une première partie de saison poussive.

14 août : humiliation face au Bayern et licenciements

La terrible saison blaugrana se conclut sur une déroute historique : le 14 août au stade de la Luz de Lisbonne, le FC Barcelone essuie la plus lourde défaite de son histoire en compétitions européennes, atomisé 8-2 par un Bayern Munich surpuissant en quart de Ligue des champions. La triste conclusion d'un cauchemar qui aura duré un an. Setién est limogé le 17 août, Abidal le lendemain, et Ronald Koeman arrive pour incarner le chantier de reconstruction du Barça.

25 août : Messi veut quitter le club "unilatéralement"

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Mercato : le feuilleton Lionel Messi

L'annonce fait l'effet d'une bombe. Le 25 août, Lionel Messi, par l'intermédiaire de ses avocats, fait savoir au club qu'il souhaite résilier son contrat "unilatéralement". Engagé jusqu'au 30 juin 2021, l'Argentin de 33 ans disposait d'une clause qui lui permettait de résilier son contrat avant le 10 juin 2020. Malgré le dépassement de cette date, que leur oppose la direction du club, ses avocats comptent sur l'aspect "atypique" de la saison, marquée par le Covid, pour actionner cette modalité du contrat. A moins qu'il s'agisse d'un coup politique pour forcer la démission du président honni Bartomeu, que Lionel Messi n'a jamais porté dans son cœur ? 

Formé à la Masia, dix fois champion d'Espagne et vainqueur de la Ligue des Champions à quatre reprises en seize saisons chez les Blaugranas, l'Argentin est la légende vivante du club catalan. Son départ marquerait un choc sans précédent dans l'histoire du Barça. Les supporters du club ne s'y sont pas trompés, eux qui, l'information fuitée, ont déboulé aux abords du Camp Nou pour montrer leur attachement à leur Pulga.

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